16 juillet 2008

HAROLD & KUMAR S'ÉVADENT DE GUANTANAMO

Il y a deux ans, suite à une fringale due à une inhalation massive de fumées illicites, Harold Lee et Kumar Patel se mettaient en route pour White Castle, le plus prodigieux fast food du monde. Un milliard de mésaventures plus tard, ils parvenaient enfin à entrer dans le nirvana du burger, non sans l’aide de Neil Patrick Harris, qui avait pourtant commencé par leur voler leur voiture. Sortant en salles alors que le film précédent (Harold & Kumar chassent le burger) n’avait pas eu cette chance, Harold & Kumar s’évadent de Guantanamo reprend exactement dix minutes après la fin de celui-ci, les deux anti-héros projetant cette fois de partir à Amsterdam pour rejoindre la fille dont Harold est amoureux. Un rêve de courte durée puisqu’un quiproquo les mènera tout droit dans l’enfer de Guantanamo. On l’aura compris, le film de Jon Hurwitz et Hayden Schlossberg (déjà scénaristes du premier volet) est une comédie complètement idiote, poursuivant sur la voie des monuments régressifs que sont Dumb and dumber et Eh mec ! elle est où ma caisse. Sans jamais atteindre les sommets fixés par ces deux brillantes références, Harold & Kumar…est cependant un très bon produit de substitution, qui procurera aux amateurs leur dose vitale d’humour con.
S’il vaut mieux avoir vu le premier épisode pour prendre plus de plaisir à renouer avec les personnages, tout le monde peut évidemment entrer dans le film sans peine, l’intrigue n’étant pas l’élément clé du genre. Elle est cependant assez bien construite, l’évasion de Harold et Kumar donnant lieu à un road movie à travers les Etats-Unis, l’occasion pour les auteurs de dépeindre avec délectation la frange la plus raciste du pays. Pas sûr que leur description soit si excessive que ça… En tout cas, elle donne lieu à un paquet de gags sur la discrimination (les héros étant respectivement d’origine coréenne et indienne) aussi bien sentis qu’hilarants. Quand à nos deux compères, ils enchaînent les aventures et les rencontres avec une frénésie assez réjouissante, même si l’inspiration des auteurs est très variable. Parmi les grands moments du film : une soirée « chatte à l’air », une partie à trois avec un sachet d’herbe géant, et une rencontre inopinée avec un jeune cyclope. Tout est dit : Harold & Kumar s’évadent de Guantanamo, c’est du n’importe quoi pur sucre, de l’humour bas de plafond, des zizis et des foufounes à tout va. Bon appétit.
6/10
(également publié sur Écran Large)

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09 mai 2008

JACKPOT

"What happens in Vegas... stays in Vegas". La première partie de cette fameuse maxime américaine sert de titre original à un Jackpot certes cousu de fil blanc (ils se rencontrent - ils se culbutent - ils se détestent - ils s'aiment enfin) mais délicieusement mal élevé. À condition d'aimer les comédies à l'américaine, avec seconds rôles à la con et gags plus ou moins bien taillés, le film de Tom Vaughan est un surprenant petit plaisir qui n'a rien, mais alors rien à voir avec Pour le meilleur et pour le rire, une autre comédie du mariage avec Ashton Kutcher, sans doute aussi épouvantable que son titre.
Non, vraiment, Jackpot, c'est l'assurance d'un décrassage neuronal de qualité pendant une bonne heure et demie. La partie la plus attendue du film est évidemment celle où les mariés contraints et forcés vont se tendre les pires pièges pour faire craquer l'autre. Et l'on n'est pas déçu : la scénariste fait preuve d'une imagination certaine pour croquer des situations assez originales pour assurer le spectacle. Le duo Diaz-Kutcher fonctionne plutôt bien, la première faisant preuve d'un éternel dynamisme à couper le souffle (et des plus belles jambes d'Hollywood), et le second maîtrisant de mieux en mieux sa partition de mec mignon mais un peu tocard. Si la mise en scène est relativement passe-partout, ce n'est pas franchement un mal, puisque quand Vaughan tente des choses, c'est raté, et on comprend vite qu'une réalisation lambda vaut mieux que deux tu l'auras. Quant au script, s'il s'achemine évidemment vers une fin en forme de grosse meringue, c'est de façon plutôt habile ; et si l'inévitable scène d'ultimes retrouvailles avec roulage de pelle et bons sentiments finit par arriver, c'est pour mieux être contrebalancée par une dernière salve de gags dévastateurs. Et puis un conseil : si vous aimez les gros mecs barbus, restez jusqu'à la fin du générique de ce pop corn movie des plus recommandables.
6/10

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