09 mai 2008

JACKPOT

"What happens in Vegas... stays in Vegas". La première partie de cette fameuse maxime américaine sert de titre original à un Jackpot certes cousu de fil blanc (ils se rencontrent - ils se culbutent - ils se détestent - ils s'aiment enfin) mais délicieusement mal élevé. À condition d'aimer les comédies à l'américaine, avec seconds rôles à la con et gags plus ou moins bien taillés, le film de Tom Vaughan est un surprenant petit plaisir qui n'a rien, mais alors rien à voir avec Pour le meilleur et pour le rire, une autre comédie du mariage avec Ashton Kutcher, sans doute aussi épouvantable que son titre.
Non, vraiment, Jackpot, c'est l'assurance d'un décrassage neuronal de qualité pendant une bonne heure et demie. La partie la plus attendue du film est évidemment celle où les mariés contraints et forcés vont se tendre les pires pièges pour faire craquer l'autre. Et l'on n'est pas déçu : la scénariste fait preuve d'une imagination certaine pour croquer des situations assez originales pour assurer le spectacle. Le duo Diaz-Kutcher fonctionne plutôt bien, la première faisant preuve d'un éternel dynamisme à couper le souffle (et des plus belles jambes d'Hollywood), et le second maîtrisant de mieux en mieux sa partition de mec mignon mais un peu tocard. Si la mise en scène est relativement passe-partout, ce n'est pas franchement un mal, puisque quand Vaughan tente des choses, c'est raté, et on comprend vite qu'une réalisation lambda vaut mieux que deux tu l'auras. Quant au script, s'il s'achemine évidemment vers une fin en forme de grosse meringue, c'est de façon plutôt habile ; et si l'inévitable scène d'ultimes retrouvailles avec roulage de pelle et bons sentiments finit par arriver, c'est pour mieux être contrebalancée par une dernière salve de gags dévastateurs. Et puis un conseil : si vous aimez les gros mecs barbus, restez jusqu'à la fin du générique de ce pop corn movie des plus recommandables.
6/10

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27 août 2007

HAIRSPRAY

"Good morning Baltimore..." Dès ses premières notes, Hairspray version 2007 nous embarque dans son torrent de bonne humeur et de naïveté. Une comédie musicale pur glucose, assumant parfaitement son côté tartignole, en jouant même, sans jamais dépasser la dose prescrite. Le film d'Adam Shankman est un mini raz-de-marée qui emporte tout sur son passage au gré de chansons sucrées et entraînantes. L'intrigue est évidemment schématique (et secondaire) : la lutte d'une jeune boulotte pour faire accepter les gens "différents" au sein d'un show TV et dans la vie de tous les jours. Hairpsray bénéficie de personnages simples mais solides : les gentils sont attachants, les méchants détestables, et tout le monde s'invective en poussant la chansonnette.
Le buzz tournait autour de John Travolta, remplaçant Divine dans le rôle de la grosse mamma : mais s'il livre une prestation sympathique, il n'est définitivement pas l'attraction du film. On lui préfèrera la jeune Nikki Blonsky, dont l'énergie ravageuse fait oublier le surpoids ; Christopher Walken, de plus en plus dans l'auto-dérision ; et surtout Michelle Pfeiffer, revenante multi-liftée, impeccable en salope raciste et tyrranique. Le message de tolérance passe plutôt bien, le film swingue de part en part, et en dépit de quelques rares longueurs, le film ne peut qu'emporter l'adhésion. On peut tout au plus regretter l'absence de subversion au coeur de ce spectacle entraînant et délicieusement rétro.
7/10

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