"BIENVENUE AU ROYAUME DU PISSE-FROID INCULTE QUI EST AU CINEMA CE QUE PHILIPPE MANOEUVRE EST AU ROCK" (© Trollman)

Top 5 du moment :

A serious man Crazy heart Eastern plays I love you Phillip Morris Shutter island

concours Red riding trilogy

LASCARS

Avant même l'avènement du téléchargement (illégal ou non), les épisodes de la série Lascars furent parmi les premiers à s'échanger sur support numérique et sous le manteau. Je vous parle d'un temps que les moins de 30 ans ne peuvent que connaître : difficile pour qui n'a pas vécu son adolescence reclus et solitaire d'avoir échappé aux fameux Baston de regard ou La drogue c'est de la merde. Toute la jeunesse pouvait se reconnaître dans ce programme court d'animation, qui même s'il décrivait principalement la vie d'habitants d'une cité, évitait toute ghettoïsation en s'intéressant avant tout aux étapes importantes et inévitables de la vie d'ado (surtout mâle). Vocabulaire, attitudes, aspirations : rien n'était laissé au hasard.
Des années plus tard, Lascars le film est emprunt de la même modernité (réactualisée) et de la même envie de montrer le djeunz tel qu'il est - c'est-à-dire souvent médiocre et irresponsable - mais aussi de lui rendre hommage. Échappant à toute diabolisation mais ne versant pas non plus dans l'angélisme, Lascars est avant tout une bonne tranche de rigolade, une aventure rythmée et emballante dans laquelle chacun pourra trouver son compte. Très street, l'esthétique est particulièrement réussie, piochant dans les atouts de la 3D tout en respectant parfaitement les origines de la série, à savoir une 2D modeste, étrangement colorée, simple et efficace afin de privilégier gags et situations. C'est très réussi : on ne perd pas son temps à s'ébahir - et il y aurait de quoi - car le style n'est pas la finalité du film.
S'il demeure quelques réminiscences de la série, Lascars bénéficie d'un scénario original et bien construit, qui a le mérite de ne pas reprendre les bonnes vieilles recettes des meilleurs épisodes. Ce n'est pas une succession de sketches, mais un vrai long-métrage, avec une histoire qui tient la route et une construction façon film choral où tous les personnages finissent par se retrouver à la fin. Un final totalement décoiffant, qui clôt l'ensemble sur une note totalement enthousiasmante. Tout ce qui précède était déjà très emballant, malgré quelques légères baisses de rythme : bénéficiant d'identités vocales fortes (le doublage est globalement excellent), les personnages sont attachants, faciles à cerner sans être trop schématiques, et surtout d'une drôlerie à toute épreuve. Bons mots façon banlieue - mieux vaut connaître quelques rudiments de verlan et d'argot - et situations cocasses sont à la base de ce divertissement formidable, qui prouve que l'animation française et l'humour de banlieue ne sont pas des gros mots. Condé-sur-Ginette, cent minutes d'arrêt.




Lascars d'Albert Pereira-Lazaro & Manu Klotz. 1h36. Sortie : 17/06/2009.
Autre critique sur Sur la route du cinéma.
Lien permanent

MESRINE - L'INSTINCT DE MORT

Sortir de la première partie d'un diptyque en se disant "vivement la suite" est évidemment une bonne chose, et la preuve que Jean-François Richet a réussi la première moitié de son pari. L'instinct de mort est un portrait réussi du fameux Jacques Mesrine, retraçant avec force et précision le parcours qui a fait de lui l'ennemi public numéro un. Après une présentation un peu balbutiante (humour peu à propos, dialogues gênants), c'est lorsque Mesrine se lance véritablement dans le banditisme que le film prend son essor.
La qualité première du film, c'est d'arriver à montrer le showman que fut Mesrine sans tomber pour autant dans un film spectacle, un peu comme l'ignoble Scarface du surcôté De Palma. Non, Mesrine n'est pas un héros ; oui, c'est une pourriture, qui ne pense qu'à la gloire et à l'adrénaline. Hors de question de l'édifier en légende vivante. Mais le scénario évite habilement les pièges d'une attaque à charge qui aurait été trop simple : on ne tire pas sur une ambulance. On méprise Mesrine mais on a envie de poursuivre la route avec lui, qu'il se sorte de chacune des galères où il se fourre afin de nous procurer quelques frissons supplémentaires. Et on ne peut s'empêcher, très brièvement, d'éprouver une sorte d'admiration malsaine pour cette tête brûlée capable de jeter des grenades sur les voitures de flics et de revenir sur les lieux d'une évasion pour faire sortir ses anciens compagnons d'infortune. Un cinglé total, auquel il serait difficile de croire s'il n'y avait l'estampille "histoire vraie". Et s'il n'y avait la prestation de Vincent Cassel, qui se fond littéralement dans le personnage. Sans guère d'artifices (on évite le sempiternel défilé de postiches), Cassel EST Mesrine, et c'est admirable. Les seconds rôles ne sont pas mal non plus, au passage.
Côté mise en scène, on sent que Richet a bien retenu toutes les leçons apprises pendant le tournage d'Assaut sur le central 13. L'instinct de mort ressemble à un film ricain, mais dans le bon sens du terme : caméra mobile et ample, aux mouvements amibiteux. Malgré quelques effets un peu too much et une reconstitution sentant presque le toc (surtout dans la première demi-heure), Mesrine est un film à la carure de boxeur, inébranlable et difficilement contestable. Il paraît que la suite est meilleure, débarrassée des petits défauts qui parasitent L'instinct de mort. Le mois de novembre va être long...
7/10
Lien permanent

SANS ARME NI HAINE NI VIOLENCE

Troisième Robin des Bois à passer derrière la caméra, Jean-Paul Rouve se livre avec la même sincérité que ses anciens camarades (messieurs Barthélémy et Martin-Laval) : il offre un film à son image, c'est-à-dire parfois un peu gauche, ouvertement démodé, mais foncièrement sympathique. Si Sans arme ni haine ni violence entend parler d'Albert Spaggiari et du casse qui a forgé sa légende, on est ici bien loin du simple biopic ou du film de cambriole. Le film de Rouve est une fantasie pure, à la fois très écrite et très libre, le portrait d'un homme qui conçoit sa vie comme une oeuvre d'art à tel point qu'il finit par passer à côté. Mais toujours avec le sourire.
Sans arme ni haine ni violence se distingue par un humour très "rouvesque", avec ses dialogues juste assez à côté de la plaque pour étonner ou attendrir, mais pas trop quand même histoire de ne pas sombrer dans le loufoque le plus total. On s'attache à ce personnage si singulier, ainsi qu'à celui de Gilles Lellouche, enquêteur venu pister Spaggiari jusqu'aux tréfonds (comprendre "hôtels quatre étoiles") de l'Amérique du Sud. Leur relation est au centre du film, et si la fin ne fait guère de doute (de la configuration traqueur/traqué naîtra bientôt une amitié possiblement sincère), on est presque ravi du confort assuré par un déroulement prévisible.
S'il ne semble pas tout à fait à l'aise avec la mise en scène, Rouve crée un style maladroit mais assumé, dont l'esprit fait penser aux comédies des années 70, l'obsession du gag en moins. Visiblement fasciné par cette époque (grosso modo fin Giscard début Mitterrand), il prend un plaisir visible à en reconstituer le moindre détail et à utiliser son côté suranné et rococo. Décors, costumes, postiches : de cette frénésie de couleurs et d'influences un peu moches (mais très appréciées en leurs temps) naissent une vraie poésie et un charme désuet. Transcendé par une BO très old school mais idéalement choisie (de Daniel Guichard à Julien Clerc), Sans arme ni haine ni violence atteint sans trop d'encombres son objectif séduction. Une comédie fine et délicieusement désenchantée. Cela semble être la spécialité des ex-Robins, et c'est tant mieux.
7/10
Lien permanent

PARIS

Dans une scène de Paris, l'historien incarné par Fabrice Luchini explique que le secret de la capitale française repose sur un mélange complexe d'ancien et de moderne. Un constat qui s'applique parfaitement au film de Cédric Klapisch, auteur-réalisateur quadra aspirant à tourner des films plus matures mais ne parvenant pas vraiment à quitter l'adolescence. Comme toutes ses œuvres précédentes, Paris livre un message profondément candide et naïf, profitant d'un conséquent capital séduction pour tenter de toucher le plus grand nombre.
Il faut dire que Klapisch sait y faire, lui qui nous offre de sympathiques films générationnels (un terme qui ne veut plus rien dire) depuis une petite quinzaine d'années (écartons cependant les infâmes Poupées russes) : Paris, c'est 2h10, et pas une seconde d'ennui. Les scènes s'enchaînent vite et bien, dans un ordre pouvant parfois sembler aléatoire, avec au minimum un bon mot ou un beau sentiment par minute. C'est souvent réussi mais presque trop facile : le film durerait cinq heures que personne ou presque ne s'en plaindrait (sauf à cause d'une envie de pipi ou d'une pénurie de pop-corn). Toujours chien fou malgré les années qui passent, Klapisch ne s'encombre d'aucun fil rouge et multiplie les personnages, les points de vue, les évènements avec cette envie latente d'en montrer plus pour gagner plus. C'est souvent le mal des jeunes réalisateurs, qui tentent de "tout" mettre dans leur premier film, quitte à ce que celui-ci explose sous son propre poids. Le problème, c'est que Klapisch n'est plus un novice, et qu'il devient fatigant de l'entendre à chaque film parler de ses difficultés de montage dues à son trop plein d'idées et d'images.
Ça donne un film fourre-tout, entre deux âges, forcément attachant parce que bien troussé, mais manquant désespérément d'unité et de profondeur. L'ambition de l'auteur de dépeindre Paris à travers une poignée d'habitants était chose louable ; hélas, ce patchwork ressemble davantage à un catalogue qu'à un état des lieux. Allez hop, un clodo et un immigré pour ne pas être accusé d'embourgeoisement ; zou, quatre femmes du monde fricotant avec des maraîchers et des poissonniers de Rungis pour bien montrer que Paris est une grande communauté sans clivages. Bertrand Delanoé doit être content : il a trouvé en Klapisch le cinéaste parfait pour remplacer Luc Besson lors de la prochaine course aux jeux olympiques.
Il y a deux ans, le Selon Charlie de Nicole Garcia était vilipendé (à tort) car trop fuyant, trop choral, sans réel but. Paris souffre des ces maux-là, habilement dissimulés derrière une sympathie ambiante. Ne nous sont livrés que des embryons d'histoires et de personnages, souvent éclipsés par quelques évènements qui dramatisent l'ensemble de façon excessive et totalement artificielle (cf. le personnage interprété par Julie Ferrier). À trop vouloir faire, dire, montrer, Klapisch sacrifie quelques éléments essentiels au détriment d'autres qui le sont moins. En résulte l'impression d'être passé à côté de certains acteurs (Cluzet, Viard, sans doute sacrifiés au montage) au détriment par exemple d'un Romain Duris dont les dernières prestations klapischiennes sont de plus en plus téléphonées et empreintes d'intentions flagrantes. L'heure semble venue pour Cédric Klapisch et son acteur fétiche de se remettre un peu en question et de se demander combien de temps et combien de films ils vont encore pouvoir tenir avant de sombrer dans la médiocrité la plus totale.
5/10
Lien permanent

MA VIE N'EST PAS UNE COMÉDIE ROMANTIQUE

Ma vie n'est pas une comédie romantique n'est pas une comédie romantique... mais pas loin quand même. Sous couvert d'un hommage tendre et moqueur à un genre pas toujours original mais souvent très réconfortant, Marc Gibaja (l'un des créateurs de la fameuse "Minute blonde") brode une comédie délicieusement grincheuse, qui parviendra sans doute à réconcilier les cyniques, les nerds et les fans de cinéma sucré.
L'atout numéro un du film, c'est son acteur principal. Comme souvent lorsqu'il croit en ce qu'il joue, Gilles Lellouche livre une prestation tout à fait jouissive, se fondant parfaitement dans la peau de cet ours pas aimable, pas rasé et pas vraiment sociable. Le regarder s'amuser est un plaisir de tous les instants, qui justifie à lui seul d'aller voir le film. Face à un type aussi impressionnant, Marie Gillain fait ce qu'elle peut, et s'acquitte plutôt bien d'un rôle assez savoureux.
Le côté "hommage aux comédies romantiques" n'est pas le plus convaincant. Si les fans de Quand Harry rencontre Sally se pâmeront littéralement devant quelques plans explicitement piqués au film de Rob Reiner, c'est à peu près tout. Le film de Gibaja convainc surtout par sa fraîcheur permanente, son sens de la réplique pourrie et son amour des situations anti-glamour.
L'amusement est maximal, le plaisir entier. Sans basculer dans la parodie ou dans une quête de l'originalité à tout prix, Ma vie n'est pas une comédie romantique surprend régulièrement par le léger décalage qu'il apporte à des situations bien classiques. En témoignent une rencontre au rayon papier toilette (d'où l'affiche du film), un mariage façon Star Trek ou une ode assumée au sexe sans sentiments. Les personnages secondaires sont à l'unisson, leurs statuts traditionnels étant compensés par une bonne dose de marginalisme. C'est le cas du meilleur pote bedonnant et légèrement neuneu qui découvre la sexualité avec une ado de moins de seize ans (Laurent Ournac, à mille lieues des productions TF1), ou du petit garçon, pas spécialement futé, et dont l'occupation favorite consiste à manger des fleurs. Des détails qui montrent que Ma vie n'est pas une comédie romantique est un film légèrement différent des autres, juste assez en tout cas pour ne faire fuir ni les fans du genre, ni les sans coeur allergiques aux films avec Hugh Grant.
8/10
Lien permanent

LA CHAMBRE DES MORTS

S'il n'est pas tout à fait convaincant, le premier film d'Alfred Lot recèle bien des promesses. À la manière de Ne le dis à personne (mais de façon bien différente), La chambre des morts est un polar qui sort de l'habituelle tiédeur franchouillarde sans pour autant copier point par point les modèles américains. Sans aller jusqu'à dire que l'on n'a jamais vu, ça, on se régale cependant de l'indépendance d'esprit du film de Lot.
Pour une fois qu'un polar français n'est pas adapté de Jean-Christophe Grangé, on souffle un peu. C'est d'ailleurs ce qui rend La chambre des morts si attirante au départ : une intrigue noire mais simple, qui ne prétend pas aller débusquer des sociétés secrètes dans des forêts mongoles. L'angoisse n'en est que plus intense : il n'y a rien de plus tétanisant que le meurtre d'une petite fille (à condition de le prendre au premier degré, évidemment). Mélanie Laurent est impeccable en très jeune fliquette impliquée ; que son physique agréable ne fasse oublier à personne qu'elle est une excellente actrice.
Le gros défaut de La chambre des morts réside en fait dans sa nature la plus profonde : il s'agit plutôt d'un drame noir que d'un réel whodunit. Au bout d'une heure de film, le spectateur connaît une grande partie des rouages de l'intrigue, et le mystère disparaît. La suite ne consistera plus (ou presque) qu'à aller débusquer le (la) (les) coupable(s), et c'est tout de suite moins intéressant. Heureusement, la qualité générale de l'inteprétation et l'implication permanente du réalisateur dans son film font que La chambre des morts reste un divertissement de bonne qualité doublé d'un réservoir de talents.
6/10
Lien permanent

LE DERNIER GANG

On se doutait bien qu'avec Ariel Zeitoun aux commandes, ce Dernier gang serait un film bancal. Et en effet, dès ses premières minutes, le réalisateur de Bimboland nous bombarde de clichés et d'effets arty, prouvant si besoin est qu'il n'est pas frappé du sceau du talent. Le dernier gang traite son sujet par-dessus la jambe, refusant tous les genres à tel point qu'il finit par ne plus ressembler à rien. Ni apologie du crime ni ode à la justice ; ni réalisme accru ni romance exacerbée. Tant et si bien qu'on se contrefout du destin de personnages mal dessinés (un comble pour un film qui s'inspire de faits réels), qui disparaissent parfois aussi vite qu'ils sont apparus.
On passera sur la franchouillardise de l'ensemble pour insister sur l'incroyable manque de rythme, sans doute le talon d'Achille d'un film déjà faiblard. S'il y a bien quelques moments savoureux et quelques scènes-clés pluôt bien ficelées, le reste ressemble à une simple opération de remplissage destinée à obtenir les cent minutes nécessaires à un film digne de ce nom. On n'attendait pas de Zeitoun qu'il se transforme en roi de l'ellipse et de la narration décomplexée, mais il aurait tout de même été appréciable que Le dernier gang ne ressemble pas à une simple juxtaposition de petits braquages et d'états d'âme vasouillards. Tant pis pour le duo Elbaz - Poésy, franchement bien : la France attend toujours son Romanzo criminale. Peut-on compter sur Mesrine?
4/10
Lien permanent

MA PLACE AU SOLEIL

Très à la mode, le film choral est un genre à prendre avec des pincettes, qui nécessite de la maîtrise, de la finesse, et une certaine unité. Visiblement, Éric de Montalier ne possède rien de tout ça : non content d'être le moins bon de tous les acteurs du film (et il y en a des mauvais), il livre avec Ma place au soleil ce qui se fait de pire dans le genre.
Pas grand chose à dire, rien à raconter : avec sa caméra faussement aérienne, Éric de Montalier entend sans doute montrer que les salauds sont toujours pourris et que chacun a droit à sa place au soleil (d'où le titre, forcément). On a rarement fait démonstration plus schématique : tous les hommes sont des porcs sans cervelle, toutes les femmes des victimes. Ce n'est flatteur ni pour les uns ni pour les autres. Vaguement reliés entre eux, les différents segments du film n'ont aucune personnalité : Montalier part d'un fond de réalisme téléfilmique à la petite semaine et y incorpore au petit bonheur des bribes d'onirisme, de burlesque et de tragique (avec même un type qui joue la Mort) sans aucun souci de cohérence. On tient là le nouveau Claude Lelouch, cinéaste particulièrement doué dans l'art de redécouvrir à chaque seconde que la vie est belle, surprenante, bourrée de hasards, et qu'elle "ne vaut d'être vécue sans amour" (c'est l'affiche qui le dit). Il s'émerveille de la naissance contrariée d'un amour, des bienfaits du tango et du squash, puis se fâche contre les connards (il préfère les losers sans saveur), les méchants et les profiteurs. Le genre de leçon de vie mille fois vue et revue, traitée sans un pouce d'originalité.
On se demande bien comment le réalisateur novice et pas doué a pu réussir à réunir un casting aussi foisonnant. Mais côté direction d'acteurs, c'est là aussi la débandade : à vrai dire, seuls trois d'entre eux sont bons (et même très bons), j'ai nommé Gilles Lellouche, François Cluzet et Élodie Bouchez. Les autres sont d'une platitude absolue. Et c'est toujours triste de voir des acteurs aussi rares que Nicole Garcia ou Jacques Dutronc gâcher leur talent dans des productions aussi ineptes que celle-ci.
2/10
Lien permanent

LE HÉROS DE LA FAMILLE

Un travesti, un pédé, une stérile (ou pas), des cocus, des has-beens, quatorze mille secrets au mètre carré... Bienvenue au Perroquet bleu, cabaret tout pourri légué à une famille suite au décès de leur papy spirituel. Oui, ils vont s'entredéchirer. Oui, ils vont faire ressurgir des secrets. Oui, il y aura de la coucherie, de l'émotion, des paillettes, du mot d'auteur. Et après? Pas grand chose.
Thierry Klifa se pose en admirateur béat du cinéma français (Sautet, Anne Fontaine) et livre pour son deuxième film un hommage propre sur lui à ses modèles. Tout est bien à sa place dans ce Héros de la famille : dans leurs costumes bien repassés, les acteurs déclament avec soin leurs beaux dialogues taillés sur mesure. Un beau devoir bien scolaire qui aurait sans doute obtenu une bonne note si le but était de mesurer un savoir-faire. Manquent juste deux ou trois choses : un peu d'âme, du rythme, et de vraies surprises. Le héros de la famille est le genre de film choral qui ne laisse aucun espace à ses personnages, tant et si bien qu'on se fiche un peu de comment ils vont finir. Certains finissent exactement comme on l'avait imaginé, les autres se mettent à la colle deux par deux de manière un peu improbable, une bonne chanson sirupeuse par dessus le tout, et vous obtenez un bon film français comme on en fait malheureusement encore trop.
On pouvait s'attendre à un résultat de cette facture, et c'est d'autant plus dommage que Thierry Klifa avait réuni un beau casting. Mais de par un scénario pas très bien construit, chacun joue un peu de son côté, et les rencontres attendues n'ont pas lieu. Bizarrement, Klifa semble préférer ses acteurs mais ce sont les femmes qui emportent l'adhésion : Géraldine Pailhas, Miou-Miou et Catherine Deneuve sont à l'origine des plus beaux moments de ce Héros de la famille tout fade et tout raté. Ce n'est pas bien grave : on verra sans doute bien pire en 2007.
4/10
Lien permanent

NE LE DIS À PERSONNE

En s'attaquant à ce qui aurait normalement dû être un film américain, le petit Guillaume Canet a confirmé sa volonté annoncée de faire du beau et grand cinéma en France. Projet : adapter Ne le dis à personne, gentil petit polar bien tordu et premier d'une longue liste de best-sellers d'Harlan Coben. Pourquoi choisir celui-là plutôt qu'un autre? Car Coben, à défaut d'être le plus grand écrivain du monde, possède un vrai sens de l'intrigue et de la dramaturgie, et sait insérer autre chose que des scènes d'action dans ses romans. Son Ne le dis à personne, outre une histoire à suspense, raconte un amour fort et incessible entre un homme et la femme qu'il a perdue.
Canet souhaitant visiblement concurrencer les USA en livrant un polar aussi efficace que ceux d'Oncle Sam, on pouvait craindre que cette volonté d'être compétitif ne nuise gravement au film. Il n'en est rien : si la réalisation de Canet rime avec ambition, elle n'est jamais là que pour mettre en valeur chaque scène après l'autre. Mieux, jamais le jeune loup ne confond vitesse et précipitation, n'oubliant pas que dans ce genre d'affaire, les moments de répit sont souvent plus nombreux que ceux où l'adrénaline monte. D'où un policier nerveux quand il faut, mais qui sait également se poser et éviter l'hystérie entre deux moments forts. Il faut dire qu'avec un casting pareil, il est assez simple de se reposer sur ses comédiens. Un tel tas de célébrités aurait pu paniquer Canet en lui donnant trop envie de faire plaisir à tout le monde. Mais non : chacun est à sa place et défend âprement la parcelle, si maigre soit-elle, qu'on lui a attribuée. À ce petit jeu, les grands gagnants sont François Cluzet, l'oeil hagard puis perçant, déchiré par le drame qui se joue autour de lui ; et Gilles Lellouche, le grand acteur qui monte qui monte, excellent en petite frappe au grand coeur.
Évidemment, Ne le dis à personne peut passer pour un film relativement lisse, puisque passée son intrigue bien enrobée, pas grand chose ne dépasse. Il n'empêche : un tel cocktail d'efficacité et de complexité accessible devrait ravir les amateurs du genre. Et quand ce mélange est français, c'est tellement rare qu'il y a de quoi applaudir un peu plus fort.
8/10
Lien permanent

ON VA S'AIMER

Deux couples. Laurent couche avec la copine de François, son meilleur ami. D'où un imbroglio quiproquo-sentimental qui ne fait pas dans le genre neuf. Alors Ivan Calbérac insère par endroits des scènes musicales reprenant des standards, un peu comme dans On connaît la chanson avec des chorégraphies en plus. Sauf que Calbérac n'est pas Resnais. Si On va s'aimer était un disque, ce serait une de ces insupportables compilations en quatre CD avec un titre du genre "Méga Slow volume 4". Bruel, Cocciante, Montagné... rien ne nous est épargné. Et s'il apparaît une évidente volonté de réarranger des titres ô combien éculés, l'orchestration très très amateur fait sombrer chacune des scènes chantées dans le brouhaha pur et simple, avec la musique tonitruante pour couvrir les voix des interprètes. Bref, pour l'originalité, on repassera.
L'aspect musical étant le principal argument de vente du film, on sent déjà qu'On va s'aimer a du plomb dans l'aile. Car niveau comédie romantique, Ivan Calbérac n'est pas non plus Richard Curtis. Enchainement de scènes prévisibles sans singularité, le film déroule tranquillement sa petite intrigue routinière sans que rien ne vienne franchement nosu réveiller. Quelques saillies humoristiques, et surtout l'interprétation des excellents Boisselier et Lellouche, évitent à On va s'aimer de sombrer totalement. On sera plus réservé sur la prestation d'Alexandra Lamy, qui semble avoir du mal à se décoller de son étiquette "Un gars / une fille".
Après le mignonnet mais classique Irène, Ivan Calbérac confirme un profond manque d'ambition et de carrure. S'il se redirigeait vers l'univers du téléfilm?
4/10
Lien permanent
 

Guide Cinéma Paris

View blog authority

Blog TV - Cinéma

Add to Technorati FavoritesAnnuaire cinemareferencement gratuit Critiques

annuaire de blogsGuides Blog cinéma over-blog.com Découvre de bons blogs Real Time Web Analytics

Clicky

Informations & Mentions légales


Présentation
Lancé en juin 2005 et vu comme un aide-mémoire destiné avant tout à m'éviter de tout oublier, Rob Gordon a toujours raison - dont le titre n'est pas à prendre au pied de la lettre - est un blog qui assume son côté parfois snob, élitiste ou mauvais esprit mais évolue toujours dans la sincérité la plus totale.

Rob Gordon
Sous le pseudonyme emprunté à Nick Hornby se cache Thomas Messias (profil Facebook), jeune prof de maths (eh ouais) né en 1984, écrivant également pour le site Écran Large à ses heures perdues et figurant au tableau des étoiles du site. Ni auteur ni cinéaste en herbe ni rien d'autre, je suis si peu créatif que je ne fais que critiquer le travail des autres.

Partenariats
À l'heure du web 2.0, les blogueurs sont de plus en plus sollicités pour toutes sortes d'évènements et de partenariats. N'hésitez pas à me contacter à cette adresse : rob@toujoursraison.com. En gardant cependant une chose à l'esprit : ce blog n'a aucune aspiration commerciale, et aucune activité à but lucratif ne saurait être mise en valeur ici. Ce qui ne concerne pas les jeux-concours, qui font certes un peu de promotion pour le film en question, mais sont là avant tout pour récompenser mes visiteurs.

Mentions légales
Le site Rob Gordon a toujours raison et l'ensemble de son contenu, y compris les textes, images, bases de données, programmes sont protégés par le droit d'auteur.
L'utilisateur a un droit d'usage privé, non collectif et non exclusif, sur les contenus du site.
Toute rediffusion, reproduction, résumé, quelle qu'en soit la forme, sont explicitement interdits si un accord n'a pas été obtenu. Cela inclut tout texte, image, information ou titre publiés sur toujoursraison.com.
Pour toute question concernant les droits de reproduction ou d'utilisation de toujoursraison.com, vous pouvez écrire à rob@toujoursraison.com.

Rob Gordon a toujours raison d'après © 2009 FreshBrown par Simran