"BIENVENUE AU ROYAUME DU PISSE-FROID INCULTE QUI EST AU CINEMA CE QUE PHILIPPE MANOEUVRE EST AU ROCK" (© Trollman)

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concours Red riding trilogy

300

Après une passionnante Armée des morts, délicieuse relecture de l'univers romerien, on attendait avec délectation le deuxième film de Zack Snyder, adapté cette fois d'un comic de Frank Miller.
Pas de quoi crier au loup : transposé sur grand écran, 300 est un roman graphique lambda, dont l'intensité visuelle n'a d'égale que la vacuité. On reste assez indifférent face au combat de ces 300 spartiates trop gueulards pour être attachants. Et on assiste à leurs aventures comme on regarderait une bagarre de rue : avec une certaine délectation devant le sang qui gicle, mais en se demandant quand même pourquoi on reste planté là.
Jamais l'univers de Miller n'avait semblé aussi creux : psychologie sommaire, enjeux binaires, description manichéenne de la situation militaire. Seules les scènes écrites spécialement pour le film, où la reine tente de faire entendre sa voix et de résister aux pressions masculines qui l'entourent, apportent un peu plus de profondeur à cet univers. A prt ça, rien. Pour véritablement apprécier 300, il faut sans doute être un spécialiste de la guerre ou un esthète pur et dur. Pas un amoureux du cinéma.
5/10
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HANNIBAL LECTER - LES ORIGINES DU MAL

Parce qu'il a construit sa réputation et sa fortune sur le seul personnage de Hannibal Lecter, Thomas Harris n'a jamais daigné lâcher ce tueur cannibale ô combien sympathique. Après Le sixième sens, Le silence des agneaux, Hannibal et Dragon rouge, Harris nous expose les "origines du mal" avec une totale absence de sincérité. Dès le départ, le film de Peter Webber sent le commerce à plein nez. Comme si le personnage de Lecter ne suffisait pas à remplir un film entier, Les origines du mal nous offrent quelques nazis pas recommandables (pléonasme), un peu de philosophie asiatique et une histoire d'amour meurtrie. Ainsi donc, c'est comme cela que Lecter est devenu Lecter? La déception est rude.
A l'époque de Hannibal, Jodie Foster avait refusé de reprendre le rôle de Clarice Starling, arguant que l'auteur avait bousillé la psychologie de son personnage. A présent, il semblerait qu'il ait fait de même avec son Hannibal. Ni très intelligent, ni très sadique, le jeune Lecter est un gamin gominé dont la seule arme est un rictus digne du Joker. Pas vraiment à sa place, Gaspard Ulliel manque singulièrement de charisme pour tirer quoi que ce soit d'un tel rôle. Et l'on se contente pendant deux heures de le voir accomplir une vengeance bien banale, si ce n'est des relents de cannibalisme et quelques exactions savamment exécutées.
Plus on avance dans la saga Lecter, plus les films sont mauvais. Plus on avance dans ce prequel, plus on s'enfonce dans le grand-guignol. Webber, irréprochable filmeur de La jeune fille à la perle, semble se rendre compte (mais un peu tard) que son film est à la fois moche et risible ; d'où une fin encore plus ridicule, dans laquelle il tente de faire passer son film pour une gigantesque tentative de second degré. Pas dupe, on sort de Hannibal Lecter épuisé par tant de médiocrité, espérant sincèrement que la saga Lecter s'arrêt là. C'est pas gagné.
2/10
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Lancé en juin 2005 et vu comme un aide-mémoire destiné avant tout à m'éviter de tout oublier, Rob Gordon a toujours raison - dont le titre n'est pas à prendre au pied de la lettre - est un blog qui assume son côté parfois snob, élitiste ou mauvais esprit mais évolue toujours dans la sincérité la plus totale.

Rob Gordon
Sous le pseudonyme emprunté à Nick Hornby se cache Thomas Messias (profil Facebook), jeune prof de maths (eh ouais) né en 1984, écrivant également pour le site Écran Large à ses heures perdues et figurant au tableau des étoiles du site. Ni auteur ni cinéaste en herbe ni rien d'autre, je suis si peu créatif que je ne fais que critiquer le travail des autres.

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