4 avr. 2011

TITEUF, LE FILM

Aller voir des films au MK2 Beaubourg, faire de Vincent Gallo son idole absolue, défendre le cinéma argentin, donner des leçons à Darren Aronofsky. Passer des mois, que dis-je, des années, à tenter de se bâtir un minimum de crédibilité, en tout cas une certaine e-reputation, au choix cinéphile stakhanoviste ou connard prétentieux. Puis tout briser en avouant, un dimanche de printemps, qu'on aime petit déjeuner en trempant ses tartines de confiture de framboises de mamie Paulette dans du Super Poulain froid, les yeux rivés sur Nickelodeon (Bob l'Éponge forever) ou bien sur... France 3, pour y suivre avec assiduité les aventures animées de Titeuf.

Le 1er avril est derrière nous, et la blague serait de toute façon assez faible : chers lecteurs, vous devez donc croire l'auteur de ces lignes lorsqu'il affirme connaître en profondeur l'univers du mioche à mèche, qui trimbale son cartable et sa candeur de la cour de récré jusqu'à la maison. Et vous ne pouvez que lui faire confiance lorsqu'il affirme, amour du septième art au garde-à-vous, que cette premier incursion cinématographique de Titeuf n'a absolument aucun intérêt et qu'il vaut mieux rester chez soi avec des tartines de confiture de framboise pour savourer, vautrer sur le canapé, d'anciens épisodes de la série inspirée des BD de Zep.

Titeuf, le film commence pourtant avec l'ambition apparente et louable de faire dans l'originalité, de trouver d'autres univers à explorer, puisqu'il débute en plein milieu de la Préhistoire. Ce prologue, plutôt sympathique, est relativement long, et donnerait presque à penser que Zep, pour donner du sang neuf à ses personnages, a situé toute l'action du film à cette époque. Il n'en est rien : le sempiternel « Ce n'était qu'un rêve » nous ramène dans les années 2000 par le biais d'un morphing transformant un tyrannosaure en vieille institutrice. De quoi faire amèrement regretter les géniaux Calvin & Hobbes nés de la plume de Bill Watterson, où le même genre de transformation amenait une toute autre forme d'imaginaire.

La suite est lourde et convenue : jouant la carte de la fausse modestie (ou du marché international ?), Zep perd un temps précieux à présenter chaque protagoniste, s'étalant souvent sur une séquence là où un seul plan aurait suffi à cerner telle ou telle caractéristique. Lancée assez tardivement, l'intrigue mêle angoisse du divorce parental et imminence de la boum la plus importante de l'année, brassant des thèmes déjà abordées en long et en large dans les écrits de Zep. De quoi faire passer Titeuf, le film pour un pur produit marketing, avec sa 3D gadget et sa guest star Johnny Hallyday, ni drôle ni touchant en lonesome cowboy. Mais nul doute que le succès du film, tout comme celui des Haribo Titeuf ou du Happy Meal Titeuf, permettra au petit héros de s'assurer un très bel avenir et d'être régulièrement interviewé au JT de Laurent Delahousse (vive la France).




Titeuf 3D de Zep. 1h27. Sortie : 06/04/2011.

4 commentaires sur “TITEUF, LE FILM”

Pascale a dit…

cette premier incursion
Je ne me lasse pas de corriger.


Je ne connais RIEN de l'univers de cet affreux mais j'ai vu la BA qui m'a fait vômir ! c'est malin, j'avais mis mon chemisier du dimanche, celui que je ne sors que le lundi !

Joris a dit…

J'ai vu la bande-annonce. Elle est tellement complète que j'ai l'impression d'avoir vu le film. Et je suis d'accord avec toi ! ^^

Chris a dit…

Je ne connaissais pas bien la BD ni les dessins animés mais le film m'a laissé froid.

Anonyme a dit…

moi j'ai adoré et je le recommande à tout les fans. ça me rappel mon enfance avec toujours sont humour decalée j'adore !!! je comprend pas les critiques, d'accord certains dise que cette version à bocoup plus de sexe. mait je suis désolé la nouvelle generation, arrive titeuf faut qui s'adapte pour les nouveaux public les cours de recré ne sont plus se qui etait d'antant. je trouve ce film une vrai reussite touchant emouvant realiste avec bocoup humour merci à conseillé pour les fete de noel iddé cadeau !!!

 
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