21 avr. 2011

Séances de rattrapage : DEVIL / SOI COWBOY / UN BAISER PAPILLON

Fuyez. Fuyez tant qu'il est encore temps.

Six personnes dans un ascenseur. L'une d'elles est le diable. Ça vous excite ? Normal : ce type de concept casse-gueule peut accoucher soit d'un chef d'oeuvre du film de genre (probabilité : 0,1%), soit d'un bon gros navet. Produit par M. Night Shyamalan, réalisé par le photocopieur américain de [Rec], ce Devil d'une insondable bêtise appartient sans nul doute à la seconde catégorie. Quant un scénar archi prévisible se télescope avec une morale éculée et poisseuse, cela donne le divertissement le plus ennuyeux du mois, écrit et joué au premier degré. Le huis clos mâtiné de Cluedo ne fonctionne pas une seconde, et l'on prierait presque pour que quelqu'un finisse par péter dans cet ascenseur, qu'on s'amuse enfin un peu. Au final, le plus réussi dans ce bourbier, c'est son intriguant générique, composé de vues aériennes de Philadelphie mises cul par dessus tête. Une idée vaguement alléchante mais qui n'accouche que d'un bon gros rien.


En violant l'un de ses personnages avec une bouteille, Thomas Clay sonnait le glas de The great ecstasy of Robert Carmichael, premier film morne et foireux. Pas sûr qu'il parvienne à se racheter une crédibilité avec ce Soi cowboy présenté à Cannes en l'an de grâce 2008 (!) et distribué dans une unique salle française cette semaine. Situé en Thaïlande (il a d'ailleurs récupéré une partie des techniciens d'Apichatpong Weerasethakul), ce film écrit en 2 jours et tourné en 3 semaines juxtapose façon Tropical malady deux histoires n'ayant aucun rapport... si ce n'est leur absolue vacuité. Clay signe un film de pur hipster, passant du noir et blanc à la couleur pour faire style et mettant un point d'honneur à ne rien raconter (un gros européen vit avec une prostituée enceinte, qu'il protège et désire : voilà en tout cas pour les deux premiers tiers). Cette fois, pas de viol à la bouteille : juste l'impression durable de s'être encore fait mettre par un pseudo cinéaste pensant que le cinéma est un joujou pour snobinards. Que cet ado attardé retourne se masturber dans sa chambre et nous foute un peu la paix.



C'est moche d'évoquer le piston dès que la femme ou la belle-soeur de telle célébrité est propulsée sur le devant de l'affiche. Mais voilà : Karine Silla Perez est l'épouse de Vincent P. et la soeur de la femme de Luc B., et son film ne permet guère de trouver une autre hypothèse que celle du népotisme. Ce drame choral entend offrir plusieurs visions de la femme, mais celle-ci est immanquablement réduite à son statut de mère ou d'épouse. Résultat : le film le moins féministe du monde, qui use de ressorts mélodramatiques éculés (un cancer, la stérilité qui rode...) et s'abime dans des révoltes franchement risibles (contre les vilains chauffards et les vilaines émeutes en banlieue). Au coeur de ce marasme écrit et filmé avec application mais sans passion, ce sont finalement les hommes qui s'en tirent le mieux. Et notamment Jalil Lespert, toujours aussi excellent, qui offre un peu de relief à des scènes pas toujours transcendantes, ainsi que le magnétique Nicolas Giraud, qui n'a hélas pas grand chose à produire dans un rôle de musicien distingué et mutique. Bâillements.



Devil de John Erick Dowdle. 1h20. Sortie : 20/04/2011.
Soi cowboy de Thomas Clay. 1h57. Sortie : 20/04/2011.
Un baiser papillon de Karine Silla Perez. 1h40. Sortie : 01/06/2011.

2 commentaires sur “Séances de rattrapage : DEVIL / SOI COWBOY / UN BAISER PAPILLON”

Pascale a dit…

Mais i sortent d'où ces films dont j'ai jamais entendu parler ?

Pascale a dit…

Bâillements ? Tu es poli.

J'ai failli dire que c'était un film anti-féministe au possible mais j'ai pas osé. Oui, je m'auto censure ! C'est con.

Je suis d'accord Jalil et Nicolas tirent ce pensum vers le haut. Quel dommage pour eux !

 
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