1 mars 2011

Séances de rattrapage : LE NOM DES GENS / THE HUNTER / SALE TEMPS POUR LES PÊCHEURS

Des textes plus longs, d'autres bien plus courts : ce blog vire à l'hétérogène, pour ne pas dire au n'importe quoi.

Il faut reconnaître à Michel Leclerc une qualité primordiale : son sens de la direction d'acteurs, qui lui permet de faire des miracles à partir des cas les plus désespérés. Après avoir rendu Kad Merad touchant dans J'invente rien, son premier film, le voici qui transforme Sara Forestier en grande actrice, dont le César est amplement mérité. Ce film clairement de gauche, iconoclaste et fantaisiste, est un gigantesque fourre-tout qui dissimule autant de fulgurances d'écriture que de petits ratages sans conséquence. C'est là qu'est la beauté de l'entreprise, qui rejoint celle des personnages du film : tous sont guidés par une même envie d'avancer, de faire bouger les choses, quitte à se prendre parfois les pieds dans le tapis. Et grâce à un Jacques Gamblin une nouvelle fois bouleversant, ce grand petit film délicieusement imparfait se consomme comme une friandise... qui pourrait tenir au corps bien plus qu'on ne l'aurait pensé au départ.




Deux parties bien distinctes dans ce film iranien, arrivé chez nous à la faveur d'un parcours très tortueux. Dans la première, un ex taulard devenu veilleur de nuit tente de se reconstruire jusqu'à ce que des émeutes le privent de sa famille chérie et le transforment en un justicier aveugle et irraisonné. La seconde le verra au centre d'un jeu d'échecs mené avec deux flics aux motivations dissonnantes. Ou comment passer sans prévenir d'un drame politique et psychologique à un polar étrangement épuré, qui rappellerait presque le Traqué de William Friedkin par son utilisation d'un décor végétal dans une histoire profondément animale. On passe par des sentiments très contrastés, à l'image d'une photographie naviguant du sublime à l'ordinaire, mais c'est au final la personnalité de l'étrange Rafi Pitts, acteur principal de son propre film, qui finit par emporter le morceau. Le magnétisme de l'interprète compensant allègrement les petits errements de l'auteur.





Un manager véreux et son poulain champion de catch débarquent dans un village pour y plumer quelques pigeons. L'occasion pour ce film uruguayen de faire l'éloge simple mais sympathique de quelques pieds nickelés gentiment malhonnêtes. L'image est somptueuse, l'interprétation de qualité, mais Sale temps pour les pêcheurs laisse hélas une impression de déjà vu d'autant plus dommageable qu'elle ne fait que croître à chaque séquence... On aurait pu attendre tout autre chose du film au vu d'un prologue aussi noir que pittoresque, qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler la scène de Pulp fiction où Bruce Willis quitte un match de boxe au cours duquel il aurait dû se coucher.







Le nom des gens de Michel Leclerc. 1h44. Sortie : 24/11/2010.
The hunter (Shekarchi) de Rafi Pitts. 1h32. Sortie : 16/02/2011.
Sale temps pour les pêcheurs (Mal día para pescar) d'Alvaro Brechner. 1h40. Sortie : 02/03/2011.

4 commentaires sur “Séances de rattrapage : LE NOM DES GENS / THE HUNTER / SALE TEMPS POUR LES PÊCHEURS”

FredMJG a dit…

Mais ce n'est pas la taille qui compte mon cher...
Bref.
Ayant déjà voté et snipé, tu m'as donné envie d'aller à la pêche

Pascale a dit…

J'y allais à reculons à cause justement de la GRANDE actrice. Et elle m'a complètement bluffée.
Mais sa prestation aux César a remis ma pendule à l'heure exacte.

Le hunter n'est pas arrivé jusqu'à moi. Mais après Brad, et Michael... ce joli Pitt(s) m'a l'air de valoir le chemin.

Et l'uruguay j'en cause même pas.

Jul a dit…

Je ne suis absolument pas d'accord avec toi sur une phrase (la première du premier texte, qui plus est): Michel Leclerc est d'abord très doué pour écrire des scénarios (et non pas un scénario, puisque "Le nom des gens" n'est qu'un assemblage réussi de petits sketches - je n'ai pas vu ses autres films), quant aux acteurs ils ne sont absolument pas dirigés ici, mais ils savent improviser et sont plus que naturels. A un tel point qu'on a parfois l'impression qu'on n'est plus au cinéma mais dans la vie de tous les jours (à part Sara Forestier, quelle actrice arriverait à être naturelle avec seulement une paire de Doc Martens rose pétard?).
Cela dit, c'est totalement vrai que ce qui unit tous les participants au film c'est une même envie d'avancer (et de faire bouger les choses). Et puis, c'est un film de plus qui prouve que le genre de la comédie peut être du grand cinéma!

Benjamin F a dit…

Tu sais que The Hunter s'est bien imprégné chez moi. J'y repense souvent et je lui collerai presque un 7,5 :)

 
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