9 févr. 2011

TRON - L'HÉRITAGE

La vie est souvent plus facile pour les gens un peu bêtes. Toutes ces questions qu'ils ne se posent pas, tous ces problèmes dont ils ignorent l'existence, tous ces scénarii dont ils ne perçoivent pas la crétinerie. Qu'il serait bon, parfois, de passer à l'état de mollusque, d'avoir un QI à un seul chiffre. Cela rendrait les choses plus simples et transformerait certains films ratés en expériences merveilleuses. On pourrait savourer ce Tron legacy sans tiquer. Goûter les délices de ce plaisir sensoriel sans être régulièrement ramené à la réalité par la mièvrerie des personnages et la platitude de l'intrigue. Se contenter d'apprécier la 3D et le travail de Daft Punk. Mais l'existence est mal faite.

Se déroulant un quart de siècle après l'intrigue du premier film, Tron - L'héritage ne renie en rien l'univers du premier volet, mais part perdant d'office en remisant bien vite au placard la tendre nostalgie qui s'empare immanquablement de tout spectateur du film réalisé en 1982 par Steven Lisberger. Globalement incompréhensible mais magnifiquement démodé, le premier Tron nous rappelle si besoin que le cinéma est un art, et que cet art est loin d'être déconnecté des autres. C'est une oeuvre plastique qui a gagné en charme et en mystère avec les années. Or, le film de Joseph Kosinski est avant tout une sorte de gros divertissement hi-tech qui ne jette vers le passé qu'un regard vaguement mélancolique. C'est avant tout le récit d'une nouvelle révolution, d'un combat censé être homérique, mené par un jeune type dont l'absence de charisme n'est pas sans rappeler les mornes prestations de Hayden 'Anakin' Christensen. A-t-on toujours l'impression de circuler dans des circuits informatiques ? La progression dramatique se distingue-t-elle fondamentalement du demi-milliard de mauvais films de fantasy qui trustent nos salles à longueur d'années ? Non. Tron - L'héritage distribue avec parcimonie des morceaux de bravoure relativement acceptables, mais les entrecoupe hélas de scènes aux dialogues interminables et indigestes, au sentimentalisme écoeurant.

Bref, on se contrefiche rapidement de la famille Flynn, de ses problèmes relationnels et de sa quête de liberté. En revanche, il est permis de savourer l'exquis travail visuel fourni par la bande à Kosinski. Le jeu sur les contrastes et l'apport enfin intéressant de la 3D (davantage à des fins esthétiques que sensationnelles) font du film un petit régal pour les yeux, ce que relaie parfaitement la bande son composée par les Daft Punk. Clairement, cette musique était faite pour de telles images, décuplant la force des séquences les plus pénétrantes, ne faisant qu'accroître l'impression de gigantesque trip sous acide déployée par le film. Par instants, on irait presque jusqu'à oublier la maladresse du travail visuel destiné à faire revivre le Jeff Bridges d'il y a 25 ans sous la forme d'un humain numérique faisant penser aux horribles derniers films de Robert Zemeckis. Avec un vrai scénario et quelques réglage de ce genre, Tron - L'héritage aurait éventuellement pu ressembler à autre chose qu'à un produit manufacturé destiné à faire les beaux jours du Futuroscope. C'est-à-dire à un vrai grand film de cinéma.



Tron - L'héritage (Tron Legacy) de Joseph Kosinski. 2h07. Sortie : 09/02/2011.

5 commentaires sur “TRON - L'HÉRITAGE”

Anonyme a dit…

Mettre une meilleure note a Tron qu'a Black Swan!! Vous venez de vous decridibiliser de facon irreversible!!

Anudar a dit…

Que l'intrigue soit, comment dire... "classique"... n'est pas discutable. Somme toute il s'agit, à ce niveau-là, d'une reprise de l'intrigue du premier "Tron".
Je ne me prononcerai pas sur la question de savoir si c'est un "grand" film. Par contre, ce que je peux dire, c'est qu'il y a de la belle science-fiction là-dedans. Voire même de la très belle... A ce titre, ça ne se saurait se limiter à un gros divertissement hi-tech :) ...

Salut Rob, au fait, et content de te relire !

Grodart a dit…

En même temps, Black Swan est assez nul, Tron aussi mais y'a une super course de moto. Donc je crois que ç se vaut, et je parle pas des agneaux.
Quand le grand cinéma américain cessera de faire dans la gaudriole scénique à prendre ses spectateurs pour des huîtres sans culture (Black Swan), les films qui assument de n'avoir rien à dire et ne prétendent pas à quoi que ce soit(Tron), gagneront les points.

Donc monsieur anonyme, je ne suis pas d'accord avec vous, et je ferais tout pour que vous fermiez votre gueule, surtout quand on met autant de points d'exclamation. !!!!!!

Pascale a dit…

Je peux dire à ton "anonyme" de service que j'ai mis une meilleure note à Rien à déclarer qu'à Black Swan ???
Damnède, je suis perdue.

Bon revenons à nos moutons.
D'abord la faute :
quelques réglage...

Ensuite, j'ai appris hier qu'on disait Trone et pas Tron !


Ah oui et puis une question ? Tu as un QI à combien de chiffres toi ?

Et puis enfin, Hayden Christensen était amazing en Anakin. Il m'a fait pleurer des rivières et depuis je HAIS à tout jamais Samuel LE Jackson et le Yoda !
C'est dit.

Pascale a dit…

J'ai quand même oublié.
Je n'avais pas vu la version d'il y a 25 ans... pourtant, j'avais ton âge... Mon Dieu est-ce possible ???

Et puis quel est le Worthinton qui joue le fils ???

Ayé je me tire.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz