20 févr. 2011

[Anatomie d'une affiche] UNE PURE AFFAIRE

L'une des bonnes surprises de ce début d'année se nomme Une pure affaire, comédie douce-amère autour d'une famille lambda se mettant à dealer de la coke suite à la découverte d'un sac rempli de poudre blanche. Parallèlement à la critique, vous pouvez aussi lire un papier écrit par mes soins dans le nouveau Snatch Magazine, fantastibuleux bimestriel culturel. C'est également l'occasion de lancer une petite rubrique qui me trottait dans la tête depuis quelques temps, sans doute déjà vue ailleurs sous une forme ou une autre, mais qui traite d'un sujet m'ayant intéressé depuis que, petit, je passais des après-midi à parcourir les fameuses fiches Première que mon papa collectionnait précieusement. Je vais tenter ici de disséquer à ma sauce quelques affiches de films que j'aurai vus au préalable afin de déterminer si elles remplissent ou non leur but, à savoir donner envie d'entrer dans la salle sans trahir l'oeuvre en question. D'avance, pardonnez mes tâtonnements et approximations, ainsi que ma méconnaissance totale ou presque des tenants ou aboutissants du marketing cinéma.



Ça commence assez mal pour l'affiche d'Une pure affaire, avec cette accroche « Ça sent les emmerdes à plein nez ». D'une grossièreté affligeante, cette tagline semble avoir été choisie pour coller davantage au personnage de François l'Embrouille, héros génialement lourdingue incarné par François Damiens dans de succulentes caméras cachées, qu'au David Pelame qu'il interprète ici. Difficile de deviner dans cette phrase la finesse et la demi-teinte d'un film pas vraiment tagada tsouin tsouin, qui réserve son lot de scènes vraiment drôles mais ne le fait jamais grassement.

Juste en-dessous, les cinq membres de la famille posent sagement autour de la même table, l'oeil fixé sur l'objectif. Vision complètement erronée de l'esprit du film, et ce pour plusieurs raisons. L'affiche renie totalement le chaos qui s'installe progressivement dans la famille Pelame, des enfants jusqu'au beau-papa : qui aurait envie de suivre pendant une heure et demie cette famille semblant aussi ordinaire qu'ennuyeuse, ni excitée ni scandalisée par le sac de billets placé au centre de la table ? Autre problème : Pascale Arbillot et François Damiens sont étrangement placés en retrait alors qu'ils sont clairement les deux personnages principaux du film, bien plus présents à l'écran que les trois autres. Le héros du film semble être Didier Flamand, situé bien au milieu, ce qui est loin d'être le cas (et relève même un peu du spoiler, pour tout dire). On ne voit pas bien pourquoi les deux gosses ont l'honneur de figurer sur l'affiche quand d'autres acteurs au moins aussi importants et plus connus (Laurent Lafitte ou Gilles Cohen) n'y figurent pas.

Du reste, cette étrange couleur orange (bien connue en ces lieux) ne semble avoir qu'une fonction de papier peint, sans signification ni identité, comme ces tristes fonds unis dont se servent certains mauvais photographes pour faire poser leurs modèles. En témoignent les ombres maladroitement ajoutées sur ce fond orange. Le rouge du titre ne semble d'ailleurs pas plus significatif.

Restent quelques fondamentaux classiquement respectés, à l'image de ce sac de billets central ou de la montagne de coke située en bas de l'affiche, résolument classiques mais évidemment imparables. Mais, à la lumière du film, l'affiche d'Une pure affaire semble clairement ratée, et aurait notamment gagné à faire du tandem Arbillot-Damiens un atout de poids au lieu de reléguer ces deux excellents interprètes au milieu de tout le reste.


Une pure affaire d'Alexandre Coffre. 1h28. Sortie : 02/03/2011.
Lire la critique.

2 commentaires sur “[Anatomie d'une affiche] UNE PURE AFFAIRE”

Jérôme a dit…

ce que tu écris est intéressant et j'aurai surement l'occasion d'en discuter de vive voix.
Un seul point toutefois c'est que ton article porte le point de vu de qqu'un qui a vu le film or l'affiche doit avant tout donner envie.
C'est une promesse sur le film et ce qui a voulu être fait (bien ou mal) c'est de donner les codes suivants aux potentiels spectateurs:
- une comédie
- la famille est importante
- c'est un peu transgressif (tout le monde dans la coke)
- c'est un peu plus compliqué qu'une simple comédie.

voilà en gros et on en discute !

Jérôme

Jiem a dit…

Une promesse toujours assez mainstream voire un peu vulgaire sur le potentiel communicationnel du film, de surcroît lorsque c'est une comédie...

 
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