13 janv. 2011

Séances de rattrapage : LOVE, ET AUTRES DROGUES / LE QUATTRO VOLTE / SOUND OF NOISE

Finissons-en une bonne fois pour toutes avec les films de 2010, sacrifiés sur l'autel du manque de temps ou d'inspiration... Les temps sont durs, ma bonne dame.

Avide d'aventures humaines et géographiques, Edward Zwick s'essaie pour la première fois à la comédie romantique... ou plutôt non-romantique. Car avec son héros vendeur d'anti-dépresseurs puis de Viagra et son héroïne parkinsonienne mais surtout froidement cynique, Love, et autres drogues (quel titre à la con) tente de jouer la carte du détachement en étalant pendant sa première heure un réalisme pittoresque pouvant éventuellement séduire. On peut aussi préférer son cousin Thank you for smoking, plus amer et plus instructif à la fois. Mais le pire, c'est que Zwick ne parvient pas à conserver sa ligne de conduite jusqu'au bout et finit par s'abandonner aux violons inhérents au genre sans même assumer sa subite harlequinisation. Et malgré un tandem Hathaway / Gyllenhaal aussi percutant qu'à poil, le film s'embourbe peu à peu dans une mièvrerie que ses partis pris de départ auraient dû permettre d'éviter.




C'est peut-être le film le plus indescriptible de l'année Le quattro volte ressemblerait à une gigantesque anomalie cinématographique s'il n'était aussi maîtrisé. En quatre parties, chacune se référant à une forme de vie bien spécifique (l'humain, l'animal, le minéral...), le film de Michelangelo Frammartino recrée une sorte de cycle de la vie qui pourrait être mortifiant mais s'avère aussi hilarant qu'émouvant. Il y a quelque chose d'un peu miraculeux dans le fait d'être émerveillé pendant dix minutes par les déambulations d'un troupeau de chèvres ou la fabrication de charbon de bois ; pourtant, sans snobisme aucun, on se passionne véritablement pour cette superbe étrangeté. Le plus fascinant là-dedans, c'est qu'il semble assez impossible de discerner ce qui est millimétré et ce qui est aléatoire : seul un plan-séquence absolument incroyable, dans lequel (entre autres) un chien déplace une brique qui fait dévaler une fourgonnette le long d'une pente, donne une petite idée du degré de malice d'un metteur en scène qu'il convient désormais d'avoir à l'oeil.





S'il n'y avait Le quattro volte, Sound of noise aurait lui aussi pu concourir au titre le film le plus bizarre de 2010. Il est cependant moins étrange que ce que laissaient entendre les premières rumeurs... Pourtant, cette histoire d'un sextet de terroristes musicaux bien décidés à jouer leur partition malgré la chasse à l'homme menée par un flic musicophobe a plus d'un tour dans son sac. Construite autour de quatre numéros musicaux absolument prodigieux, dans lequel le mobilier urbain est mis à rude épreuve afin de faire du quotidien un film musical en puissance, Sound of noise exploite avec intelligence les codes du polar mais les retourne perpétuellement afin de n'aller que dans une seule direction : celle de l'ode à la musique, art aussi omniscient qu'inconscient, présent l'air de rien dans nos administrations et sur nos places publiques. Drôle et énergique, le film a néanmoins quelque chose de légèrement vain qui l'empêchera sans doute de rester dans les annales.







Love, et autres drogues (Love and other drugs) d'Edward Zwick. 1h52. Sortie : 29/12/2010.
Le quattro volte de Michelangelo Frammartino. 1h28. Sortie : 29/12/2010.
Sound of noise de Ola Simonsson & Johannes Stjarne Nilsson. 1h42. Sortie : 29/12/2010.

2 commentaires sur “Séances de rattrapage : LOVE, ET AUTRES DROGUES / LE QUATTRO VOLTE / SOUND OF NOISE”

Jul a dit…

J'ai vu "Sound of noise" aussi, et je préfère de loin leur "Music for one apartment and six drummers", géniale composition musicale à base de tout et de presque rien. Cela dit les scènes où les lumières de la ville varient au rythme du concert vaut le détour. Pour le reste, bon, c'est un film original mais qu'on oubliera malheureusement assez vite.

Chris a dit…

Je découvre ton blog ce soir, et je me demande bien comment j'ai pu le rater jusqu'à présent ... je vais l'explorer en détail dans les jours qui viennent, mais premier point d'accord : l'OVNI incroyable que représente Le quattro volte.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz