20 déc. 2010

SKYLINE

Vous connaissiez sans doute les frères Kray, terreurs british dont les existences chaotiques furent mises en image par Peter Medak ; il est temps d'apprendre à vivre avec les frères Krause, duo de salopards pervers doublés de génies du crime cinématographique. Après avoir fait honte à tous les fans de la saga Alien et des Predators, les voici qui s'attaquent au film d'invasion extra-terrestre avec la même frontalité débilisante, le même premier degré à la con. Skyline bat en effet des records dans le genre beauferie sans moyens, usant et abusant d'artifices téléfilmiques pour tenter de captiver des spectateurs qui, par hasard, n'auraient vu ni Independence day ni aucun autre blockbuster du genre. Non pas que le film de Roland Emmerich, avec ses relents façon USA über alles, mérite le statut de modèle à imiter ou dépasser. Mais puisque Krause et Krause l'ont visiblement pris comme référence principale, ils auraient dû assumer leurs influences au lieu de les singer bêtement, comme un enfant rejouerait Godzilla avec un lézard en plastique.
Pour peu qu'on soit au courant dès le départ, il y a un moyen de s'amuser beaucoup devant Skyline, nanar plus ennuyeux que jouissif : il suffit d'étudier la façon qu'ont les frères Krause de composer avec un budget il est vrai très serré. Cela commence par une sorte de longue introduction rappelant des films comme Cloverfield, caméra remuante en moins : on doit se taper un huis clos inintéressant en compagnie de personnages n'ayant visiblement pas inventé le fil à couper l'eau tiède. Des personnages incarnés par des vedettes ou seconds couteaux de séries télé, comme par exemple Donald Faison (le Turk de Scrubs). Et à vrai dire, on comprend pourquoi ces gens-là n'ont jamais percé au cinéma : ils sont empesés, lourdingues, incapables de donner une quelconque identité à un film qui en aurait bien besoin.
La suite consiste en un déferlement d'effets visuels miteux du genre « oh, un point de lumière blanche s'abat sur la ville » ou « oh, quelle est cette lumière aveuglante qui s'abat sur moi ». Ça a dû coûter cher niveau néons, mais les Krause n'ont pas dû s'épuiser lors de l'écriture. Cette lumière qui hypnotise puis happe ceux qu'elle vise a déjà été vue mille fois, ce qui est d'autant plus agaçant quand les seuls ajouts par rapport aux scripts du genre sont une série de rebondissements crétins comme une porte verrouillée par erreur sur le mode « ouh la la, je suis trop distrait ». Puis les extraterrestres dévoilent enfin leur vrai visage et on ne sait trop s'il faut en rire ou en pleurer, puisqu'il faut subir des SFX tout juste moyens ET supporter l'impression d'assister à un gigantesque plagiat, tant visuellement que scénaristiquement, de tout film d'extra-terrestres ayant pu marcher ces trente dernières années. Même les punchlines les plus simples semblent avoir été pompées à droite et à gauche, quelque part entre « yippikee yay, motherfucker » et « hasta la vista, baby ». Fuyez tant qu'il est encore temps.



Skyline de Colin & Greg Strause. 1h33. Sortie : 15/12/2010.

3 commentaires sur “SKYLINE”

Gael a dit…

Il me semble que c'est les frères Strause, et pas Krause.
Sinon, tout à fait d'accord avec la critique.
Un film dans la mouvance Avatar. Pas de scénario, mais des effets spéciaux.
"le fil à couper l'eau tiède", ahah!

Petits Jeux a dit…

La bande annonce était accrocheuse, tentante, elle laissait de l'espoir en cette réalisation. Mais c'est effectivement une déception, bien plus même : un gros raté.
Petits Jeux

Pascale a dit…

Je connais pas les frères Kray... et j'ai jamais entendu parler de ton machin là !

 
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