22 déc. 2010

[DVD] LE PREMIER QUI L'A DIT

Les derniers seront les premiers... à se retrouver dans le pétrin. Telle est l'histoire de Tommaso, benjamin d'une famille possédant une célèbre fabrique de pâtes, qui souhaite profiter d'un dîner pour révéler aux siens son homosexualité. Le ressort principal du film de Ferzan Ozpetek est simple mais assez imparable : le frère aîné de Tommaso, héritier probable de l'empire familial, le devance de quelque secondes et annonce en premier qu'il aime les garçons. Pour éviter que son père succombe à une attaque, et en dépit des éventuelles conséquences que cela pourrait avoir sur sa vie privée, Tommaso décide de reporter son coming-out sine die. Le premier qui l'a dit a des allures de bon théâtre de boulevard, avec ses portes qui claquent et ses rebondissements échevelés, et la mise en place de son intrigue est relativement savoureuse. D'autant que Ricardo Scamarcio, révélé chez nous par Costa-Gavras, apporte une dose suffisante de charme pour faire flageoler le public tout entier.
On se croirait revenu au temps de la bonne vieille comédie à l'italienne, avec ce qu'il faut d'exubérance et de machisme exacerbé pour faire l'affaire. Un machisme qui s'accompagne ici d'une bonne dose d'homophobie, celle-ci ne se traduisant pas par une haine féroce à l'égard de la communauté gay (c'est une comédie, rappelons-le), mais par une forme d'ignorance crasse à l'égard d'une préférence sexuelle trop souvent stigmatisée. Le problème du film, c'est qu'il peine hélas à renouveler son postulat de départ et qu'il finit par s'enfermer dans une mécanique comique fleurant le déjà vu. Voir débarquer les potes de Tommaso, ouvertement gays mais que tout le monde au village semble considérer comme des tombeurs de minettes, est un gag qui ne devrait pas occuper plus d'une scène ou deux. Comme le reste, ce ressort comique est hélas étiré en longueur et finit par rendre la deuxième partie du film assez indigeste.
Avide d'explorer des horizons totalement nouveaux à chaque film, le réalisateur italo-turc n'est pas le plus fin des cinéastes, mais s'adapte plutôt bien à un genre ne nécessitant pas des compétences d'orfèvre. La complicité avec Scamarcio est évidente et Ozpetek, malgré un scénario qui aurait gagné à être sacrément retaillé, parvient à insuffler suffisamment d'énergie et de bonhommie pour faire du Premier qui l'a dit une comédie chaleureuse et familiale, aux vertus sociales limitées mais pas inexistantes, et qui pourrait permettre à certains hommes d'ouvrir le débat avec leurs chers parents afin de leur faire comprendre que non, ils ne les recevront jamais aux côtés d'une gentille bru.



Le premier qui l'a dit (Mine vaganti) de Ferzan Ozpetek. 1h50. Sortie en salles : 21/07/2010. Sortie DVD (Pyramide Films) : 01/12/2010. Merci à Cinétrafic.

1 commentaire sur “[DVD] LE PREMIER QUI L'A DIT”

Pascale a dit…

C'était couillon ce film !
Le bellâtre en PD j'y ai pas cru une seconde... et son abruti de père... j'me suis demandée si l'euthanasie était fait pour les chiens ou bien ?

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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