27 nov. 2010

SAW 3D

Voilà, c'est fini. Saw devrait rester une heptalogie et c'est sans doute mieux ainsi. Les mois de novembre ne seront plus vraiment les mêmes sans l'irruption programmée d'une nouvelle aventure du Jigsaw et de ses disciples. Ayant très vite décliné après un premier épisode pas inintéressant, la saga sera pourtant restée un événement jusqu'à son terme : épisode interdit aux moins de 18 ans (Saw III), titre français ridicule (Saw VI), ce dernier volet en 3D... Tout aura été fait pour que cette franchise peu coûteuse (quelques rouages, des bidons de faux sang et la location de vieux entrepôts) continue à être rentable, même si les scores vertigineux du premier film sont désormais loin.
Quatrième réalisateur aux commandes après James Wan, Darren Lynn Bousman et David Hackl, Kevin Greutert aura donc eu la lourde tache de clore ces sept années de pièges machiavélico-crétins, de machinations démoniaco-incompréhensibles, de twists renversants mais nonsensiques... Et il faut bien avouer que Saw 3D est loin d'être le pire du lot. D'abord parce qu'il offre un regard assez lucide sur les années passées et ces films ressemblant à de vastes compilations des épisodes précédents sous prétexte de flashbacks explicatifs. Ensuite parce qu'il pointe du doigt le voyeurisme et la gratuité du matériau dont il est lui-même fait, proposant notamment une scène d'ouverture dans laquelle des quidams peuvent savourer le massacre qui est en train de se jouer devant leurs yeux, de l'autre côté d'une vitrine de grand magasin... Des spectateurs qui ne bougent pas le petit doigt pour aider les potentielle victimes, mais usent et abusent de leurs téléphones et appareils photographiques pour immortaliser leurs dernière minutes de vie. Ces crétins-là, c'est nous, et Saw 3D résonne à ce titre comme un ultime doigt d'honneur, un crachat dans la soupe légèrement déplacé mais ayant au moins le mérite de nous sortir de son petit train-train horrifique.
Toujours aussi mal filmé, toujours éclairé à la lampe de poche, le film compense en explorant des pistes moins ennuyeuses qu'à l'accoutumée. Il met notamment en lumière un personnage d'usurpateur complet, qui affirme être l'un des survivants des pièges du Jigsaw et fait son beurre en vendant des livres sur sa prétendue aventure. Tout se règlera évidemment avec des pièges rouillés dans des pièces crasseuses, mais l'idée est là : exploiter enfin l'aspect "mythique" de ce tueur moraliste qui fit trembler les États-Unis, tout comme Scream 3 utilisait par exemple un tournage de film consacré aux meurtres ayant eu lieu dans les films précédents.
Il faut évidemment un minimum de perversité et de sado-masochisme pour oser pénétrer une septième fois dans une salle obscure et y retrouver des personnages antipathiques, écrits avec les pieds et joués n'importe comment par des acteurs de troisième zone, avant de se noyer totalement dans une intrigue à laquelle on ne pige plus rien depuis bien longtemps (mais a-t-elle déjà tenu debout ?). C'est peut-être justement cette tentation de la nullité qui explique que certains spectateurs désoeuvrés soient toujours au rendez-vous, six ans après le film de James Wan, pour recevoir leur dose annuelle de déception consternée. Avec sa fin même pas tonitruante et son ultime révélation encore moins crédible que tout ce qui précède, Saw 3D n'échappe pas à la règle, et c'est peut-être parce que l'on sait que c'est la dernière fois que l'on se surprend à éprouver un peu de tendresse pour ce qui, reconnaissons-le tout de même, ressemble de près à de la merde.



Saw 3D de Kevin Greutert. 1h27. Sortie : 10/11/2010.

3 commentaires sur “SAW 3D”

SysTooL a dit…

Perso, j'ai arrêté le massacre au numéro, inutile d'aller plus loin, je pense...

Mais c'est vrai que ce fut assez jouissif de voir un "Saucisse" (et un pseudo-"Chaussette") à l'affiche

SysT

SysTooL a dit…

Au n°2, pardon...

Jiem a dit…

Le premier frisait le thriller horrifique tendance "Seven" et fut une agréable surprise. J'avais arrêté là pour ce qui semblait très grassement apparaître comme une récup grand-guignolesque et plutôt vulgaire du concept de base (bon, j'avoue, j'ai vu le deuxième en vidéo).

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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