17 nov. 2010

MON BABY-SITTER

Quand Julianne Moore rentre chez elle le soir, elle trouve affalé sur son canapé un certain Bart Freundlich, son compagnon depuis une quinzaine d'années, et elle a honte. Pas parce que Bart est le prénom du gamin crétin des Simpson, mais parce que cet homme-là est devenu un réalisateur médiocre en dépit des promesses de son premier long, Back home (traduction pas très littérale de The myth of fingerprints). Depuis, hormis quelques apparitions derrière la caméra lors du tournage de Californication, Freundlich n'a fait que s'enfoncer de plus en plus profond au gré de comédies romantiques ou familiales d'une consternante banalité.
Oui mais voilà : pour le rôle principal de sa dernière pondaison, Bart Freundlich a choisi Catherine Zeta-Jones, bonnasse de jadis rapidement passée dans le clan des MILF sans histoires à la faveur d'un mariage surprise avec un vieux libidineux mais puant le sexe nommé Michael Douglas. C'est uniquement pour cette raison que l'on parle aujourd'hui de Mon baby-sitter, guimauve franchement ordinaire : le film n'est « intéressant » que par le positionnement de l'interprète par rapport à son personnage. Mademoiselle Zeta-Jones couche donc avec un type de 25 ans son aîné, et lui prépare des pancakes tous les matins tandis que monsieur se refait une santé à Hollywood. Dans le film, c'est le contraire : après avoir réalisé grâce à une vidéo d'anniversaire que son mari la trompait avec la première venue, la miss file avec ses gosses et finit par charmer un jeune type qui accepte de garder ses gosses pendant qu'elle tente de se trouver une indépendance professionnelle.
Bon, il faut vraiment avoir envie d'étudier à la loupe la carrière de l'actrice de High fidelity (titre évidemment choisi au hasard dans sa filmographie) pour trouver un quelconque relief à cette bluette franchement insignifiante, qui tente comme souvent de nous faire pleurer sur le sort de cette pauvre mère fraîchement célibataire. Dieu que sa vie est dure : la voilà contrainte de quitter un ennuyeux pavillon de banlieue pour aller s'installer dans un bel appartement de Manhattan. Oui, les gens riches ont le droit d'être malheureux ; oui, ils ont même le droit de devenir des héros de films ; mais par pitié, que les scénaristes arrêtent de tenter de nous apitoyer avec leurs problèmes de niveau de vie : cela tend à rendre plus qu'antipathique des personnages qui auraient pu se contenter de nous ennuyer mollement pendant une heure et demie. Zeta-Jones a beau ne pas avoir perdu son piquant d'antan (une époque il est vrai pas si éloignée), lui avoir collé dans les pattes le pâlichon Justin Bartha n'aide franchement pas.



Mon baby-sitter (The rebound) de Bart Freundlich. 1h37. Sortie : 17/11/2010.

2 commentaires sur “MON BABY-SITTER”

Gaëlle a dit…

Wahow.
A défaut d'aller voir ce film (qui à la base, ne m'intéressait déjà pas) j'ai pu au moins profiter de la verve sanglante et grinçante de votre critique, ce qui est déjà fort appréciable, même si l'appréciation de Michael Douglas me semble un peu facile (quoique assez vraie).
J'adhère complètement, en revanche,à la remarque concernant cette navrante habitude qu'ont les scénaristes de vouloir absolument nous montrer à quel point c'est horrible pour un riche d'être obligé de rester riche ailleurs (mutation, divorce etc.)
Garder une certaine cohérence me semblerait plus logique eu égard à leur public (non mais sans blagues) qui lui, est obligé de mettre 10 euros (ouille!) dans un ticket de cinéma pour aller voir un film qui lui démontrera par a+b à quel point lui n'est pas riche.

Maan a dit…

Grande forme Rob Gordon :)

 
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