20 nov. 2010

LA FAMILLE JONES

On se souvient de The Truman show et du personnage de Laura Linney, fausse épouse modèle présente à l'écran pour faire de la réclame dissimulée. Ceux qui se font appeler la famille Jones mais n'ont en réalité aucun lien de parenté sont chargés de pratiquer le même genre d'opérations publicitaires, à ceci près qu'il s'agit pour eux de vendre leur camelote de luxe non pas à des téléspectateurs, mais à des voisins pleins de fric et persuadés d'avoir à faire à une famille comme les autres mais en mieux. Postulat original que celui du film de Derrick Borte, qui pour son premier long est parvenu à réunir un casting extrêmement sexy. De plus en plus à la mode après s'être difficilement sorti des griffes de Fox Mulder, David Duchovny est une nouvelle fois parfait, gagnant peu à peu ses galons d'acteur polyvalent au fort potentiel grinçant. Il est en fait l'attraction première de cette Famille Jones pas tout à fait convaincante, qui peine à dérouler des thèmes pourtant offerts sur un plateau par le sujet.
Le film passe à côté d'un certain nombre de pistes élégamment subversives, ne faisant qu'effleurer des scènes qu'on aurait souhaité voir se prolonger. L'exemple le pus criant est le duel qui oppose les canons Demi Moore et Amber Heard, vraies-fausses mère et fille qui semblent toutes les deux assez sensibles au charmes du personnage de Duchovny. Voir une jeune femme et sa maman se quereller pour l'amour du père de famille aurait pu être extrêmement savoureux si Derrick Borte avait bien voulu faire perdurer ces tensions plus de cinq minutes. D'une façon générale, il peine à rendre les personnages plus passionnants que sympathiques car il n'a pour ainsi dire aucun enjeu à nous mettre sous la dent. L'adolescente préfère les hommes d'âge mûr ? Son frère est attiré par les garçons ? Oui, d'accord, mais jamais ces "caractéristiques" ne sont réellement employées afin de dynamiter les standards de la famille américaine.
Pourtant, il se passe fréquemment quelque chose à l'écran, notamment lorsque les Jones reçoivent leurs voisins afin de les pousser à la consommation sans en avoir l'air. Des dialogues souvent réussis et une certaine perfidie dans le traitement des rapports humains (envie, amertume) rendent l'ensemble relativement stimulant. En revanche, difficile de croire à ce système de commerce que Borte tente pourtant de rendre crédible en montrant des réunions-bilans au cours desquelles les personnages étudient leurs résultats chiffrés et l'explication de ceux-ci. Sur ce point, un film comme The Truman show restait dans le fantasme amusé au lieu de se plonger dans le monde peu fascinant des techniques de vente.
Et puis il y a cette sentimentalisation un peu forcée, qui pousse évidemment le couple vedette à avoir éventuellement envie de construire quelque chose d'un peu moins factice, avec à la clé mille tergiversations qui ne mèneront globalement nulle part. Sentiment renforcé par une fin pas trop mauvaise mais apparemment remontée à la hâte par rapport à celle proposée lors de la projection du film au festival de Deauville. Là, la conclusion diamétralement opposée n'avait pas plu aux festivaliers. La preuve que les personnages de La famille Jones manquent tellement d'épaisseur qu'on peut les retourner comme des crêpes sans trop se soucier d'une quelconque crédibilité dramatique.



La famille Jones (The Joneses) de Derrick Borte. 1h36. Sortie : 17/11/2010.

3 commentaires sur “LA FAMILLE JONES”

Nico a dit…

Tu devais pas faire dans la qualité maintenant?

Pascale a dit…

à ce ci près

afin de leur pousser !


Exemple type de tes articles normands : ptête ben qu'oui, ptête ben qu'non !

Pascale a dit…

Ce film est con, j'ai tranché !

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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