6 oct. 2010

ROUGE COMME LE CIEL

Rouge comme le ciel cumule deux caractéristiques assez effrayantes, surtout lorsqu'elles sont combinées : c'est à la fois un film « à destination des moins de 7 ans » et un film « inspiré d'une histoire vraie ». De quoi craindre effectivement une overdose de bons sentiments et de leçons de vie éculées, surtout si l'on ajoute que le héros est un jeune garçon devant vivre avec une cécité survenue à la suite d'un accident. Difficile de faire preuve de cynisme face à un tel sujet, d'autant que celui-ci est traité avec une relative mesure qui rend l'ensemble ni trop niais ni trop pompeux. Simplement, et c'est absolument clair, Rouge comme le ciel ne saura être conseillé qu'à une poignée de bambins suffisamment réceptifs pour en goûter le message d'espoir.
Basé sur la vie du preneur de son italien Mirco Mercacci, le film montre comment, à l'âge de 10 ans, il s'est mis en tête de dépasser son handicap et de rendre sa vie aussi belle que possible en remplaçant les images manquantes par des sons. Le film de Cristiano Bortone résonne comme un hymne au système D, puisqu'on y voit le petit Mirco et ses copains d'infortune se créer des histoires et des univers à l'aide d'un simple magnétophone et de beaucoup d'imagination. Un peu trop sérieux, un peu trop digne, le film peine néanmoins à rendre cette entreprise ludique et à rendre communicatif l'enthousiasme de ces gamins. De même, la scène où leur amie valide emmène ces mioches « voir » un film au cinéma manque d'un supplément de tendresse ou d'humanité qui aurait pu permettre de ranger le film non loin de succès gentillets mais agréablement populaires comme le Cinema paradiso de Giuseppe Tornatore.
Passablement daté dans sa réalisation, un rien cheap dans sa façon de décrire les occupations de ces jeunes aveugles, le film sonne encore plus vieillot par sa façon de dépeindre le vent de contestation qui souffle au sein de cette très stricte institution pour non-voyants. Jamais l'opposition binaire entre des gamins inventifs et une direction bigote et pète-sec ne deviandra vraiment crédible, avant tout parce que Bortone nous explique peu ou mal ce qui pouvait pousser les dirigeants des lieux à faire travailler leur imagination. La mention « histoire vraie » apparaît alors comme une véritable aubaine permettant de répondre à ce genre de question gênante. La fin, possiblement émouvante pour le public ciblé, semble alors légèrement excessive pour qui peine à saisir les origines et les objectifs de cette révolution des aveugles. Rouge comme le ciel ressemble un peu à ces téléfilms M6 qui tentent de dissimuler leur académisme derrière une emphase soudaine, hélas aussi artificielle que mal maîtrisée.



Rouge comme le ciel (Rosso come il cielo) de Cristiano Bortone. 1h30. Sortie : 06/10/2010.

2 commentaires sur “ROUGE COMME LE CIEL”

Pascale a dit…

ne deviandra !!!


Si je peux me permettre, bon allez, oui, disons que je me permets...
l'est un chouya pompeux ton article !

Rob a dit…

Je te l'accorde. C'est ça quand on n'a rien à dire mais qu'on s'oblige à écrire quand même sur un film parce qu'on s'y est engagé avant de le voir.

 
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