7 oct. 2010

LA MEUTE

On se souvient avec moyennement d'émotion du ton faussement audiardesque des personnages et des dialogues de La horde, premier film foireux du tandem Dahan - Rocher. Il est un peu effrayant de constater que La meute débute plus ou moins sur le même mode, avec son héroïne burnée éructant des mots d'auteur vaseux face à des motards finis à la pisse ou à un auto-stoppeur intrigant et peu disert. Allié à une réalisation aussi crasseuse que ses protagonistes, ce ton gouailleur fait peur à voir, tout comme les tentatives de Franck Richard pour donner à ses bouseux français autant d'attrait que les rednecks les plus mémorables du cinéma US.
C'est là tout le problème de ce premier long : il mise avant tout sur une atmosphère mais peinse à rendre celle-ci aussi prenante ou insolite que prévu. Car La meute, en vertu d'un minimalisme dû essentiellement à un budget ridicule, est relativement pauvre en adrénaline et en scènes d'épouvante pure. À des situations de pur film de genre, il privilégie des personnages trop grossièrement écrits pour ne pas rester anecdotiques. Le casting est à l'unisson : si Émilie Dequenne se débrouille plutôt bien dans un rôle en marge de ses prestations habituelles, les choix de Yolande Moreau en tenancière taciturne ou de Philippe Nahon dans un contre-emploi décalé sont des preuves écrasantes de l'absence d'ambition du réalisateur.
Il faut de plus composer avec de grosses ficelles scénaristiques rendant le film assez peu crédible malgré ses aspirations bassement réalistes. La façon dont le personnage joué par Dequenne est peu à peu pris au piège semble tout bonnement injustifiable, et fait ressembler la première demi-heure à une vague tentative de remplissage effectuée par un auteur tirant à la ligne afin de tenter d'atteindre l'heure et demie règlementaire. De même, la mythologie fantastique tardivement mise en place a beau donner lieu à une poignée de scènes visuellement réussies, on ne s'intéresse pas une seconde à ce qui nous est raconté. D'autant que là non plus, La meute ne brille pas par son originalité : il y a quelque chose de The descent, voire peut-être de 30 jours de nuit, qui fait qu'on a envie d'applaudir le maquilleur mais pas le concepteur des effets visuels. Le tout se termine dans une grande vague d'indifférence, ce film désespérément mineur semblant voué à un oubli imminent.



La meute de Franck Richard. 1h25. Sortie : 29/09/2010.

2 commentaires sur “LA MEUTE”

Pascale a dit…

"une atmosphère mais peinse "

c'est quoi ça ?


"une poignée de scènes visuellement réussies"

"une réalisation aussi crasseuse" :

faudrait que tu te mettes d'accord avec toi-même !

Jordane a dit…

et Biolay ?

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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