23 oct. 2010

JOURNAL D'UN DÉGONFLÉ

À moins de faire partie de cette infime frange de jeunes gens dont les parents pratiquent l'enseignement à domicile, chacun d'entre nous a connu les joies et les inquiétudes inhérentes à l'entrée en sixième. Pour peu que la préparation ait été insuffisante ou inexistante, l'arrivée au collège est toujours vecteur d'un certain nombre d'angoisses plus ou moins justifiées, parmi lesquelles une peur panique du regard des autres. L'adolescence est synonyme de culte de l'apparence, et le moindre faux pas peut transformer votre scolarité en chemin de croix, tandis qu'un acte de bravoure sensé ou non peut faire de vous un héros pour de longues années. C'est cette période capitale que décrit Jeff Kinney dans sa BD Diary of a wimpy kid (Journal d'un dégonflé en VF), née sur Internet et dont le cinquième volume vient de paraître en France. Le trait est simple, l'humour sans détour, et toutes les vérités qui méritent d'être énoncées sur les années collège sont scrupuleusement énumérées et décortiquées au gré des aventures plus ou moins fantaisistes du jeune Greg Heffley, persuadé d'être fait pour être populaire mais ne sachant pas franchement comment s'y prendre.
Le film de Thor Freudenthal est une adaptation relativement fidèle du travail de Kinney, notamment parce qu'on y retrouve le mordant et la simplicité qui en font la réussite. Journal d'un dégonflé n'épargne personne, à commencer par son héros, décrit comme un jeune blanc-bec imbu de lui-même qui ne va pas cesser de déchanter, enchaînant des déconvenues d'autant plus méritées qu'il en est régulièrement l'instigateur. C'est ainsi que, voulant déringardiser son meilleur ami, un petit gros aux vêtements craignos que sa môman infantilise à outrance, il en fait involontairement l'une des coqueluches du collège alors qu'il souhaitait simplement que cette amitié ne soit plus une source de moqueries. Le tout est assez bien amené, d'une logique sans faille et d'une drôlerie certaine. Les films sur la pré-adolescence manquent souvent d'un ton à eux, écrasés sous le poids de la morale - on ne peut pas faire dire n'importe quoi à des petits collégiens - et la pression du public - il faut s'adresser simultanément aux jeunes et à leurs parents. C'est pourtant le cas ici, et c'est une énorme qualité.
Cette fable se distingue qui plus est par une bizarrerie latente et persistante, notamment à travers une poignée de légendes urbaines disséminées dans le film. La plus marquante et la plus utilisée concerne une vieille tranche de fromage à trous qui moisit depuis des lustres sur le terrain de basket du bahut, et que personne n'ose toucher par peur d'être catalogué comme gros dégueulasse en chef. Autre signe de l'originalité du film, dont la suite est d'ores et déjà en préparation : sa morale est aussi rigolarde que désabusée, loin des habituels sermons dispensés par des réalisateurs trop éloignés de leur sujet. Bien mené par le petit Zachary Gordon et son sidekick Robert Capron, pas trop pollué par la présence épisodique de l'agaçante Chloé "Hit Girl" Moretz, Journal d'un dégonflé s'impose comme une excellente surprise qui donne envie de (re)découvrir les bouquins de Kinney et de suivre de près l'avenir de ce qui pourrait devenir une franchise cinématographique.



Journal d'un dégonflé (Diary of a wimpy kid) de Thor Freudenthal. 1h34. Sortie : 27/10/2010.

1 commentaire sur “JOURNAL D'UN DÉGONFLÉ”

Pascale a dit…

Ben tu vois, il suffisait qu'une épreuve te soit envoyée pour que tu cesses de faire des fautes.
Dieu existe !
Il s'appelle Cranpon son pote obèse.

T'as pas aimé la hit girl ??? T'es qu'un baltringue tiens,

et puis tcho !

 
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