24 oct. 2010

5 films de potes à voir pour éviter LES PETITS MOUCHOIRS



Avec son accent du Sud plus pittoresque que nature, le Jean-Louis des Petits mouchoirs vous dirait sans doute que « 'taing, les coupaings, l'amitié il n'y a que ça de vrai, cong » avant de vous tendre nonchalamment une coupelle de cahouètes. C'est vrai, Jean-Louis, c'est vrai. Mais plutôt que de se coltiner l'horrible navet de Guillaume Canet, aussi grossier que racoleur, pourquoi ne pas rester bien au chaud chez soi et savourer l'un de ces 5 (ou plutôt 6) films de potes made in France, aussi irrésistibles qu'inépuisables.


Nos enfants chéris de Benoît Cohen (2003)

« Pars, surtout ne te retourne pas », claironne l'épilogue de cette succulente comédie générationnelle tournant autour de trentenaires mal mariés et n'ayant pas le temps de se remettre en question étant donné qu'ils doivent s'occuper de leur mille gosses. Aussi bourré de bonne humeur que de mauvais esprit, le film de Benoît Cohen finit par triompher par la grâce de sa conclusion se moquant bien de la morale et des conventions. La série TV qui suivit est quant à elle fort dispensable.


Mes meilleurs copains de Jean-Marie Poiré (1988)

Incroyable mais vrai : il fut un temps où Jean-Marie Poiré n'était pas le réalisateur exaspérant et hystérique de comédies hystérico-beaufs. Onze ans après les touchants Petits câlins, il livrait ce film de potes plus nostalgique que rigolard, hanté par les grinçants fantômes du passé. Tous les acteurs, de Philippe Horsand à Jean-Pierre Bacri, y excellent ; mais la palme des palmes revient à Jipé Darroussin pour cette réplique culte : « Guido il s'est pris la table de ping-pong ».


Un éléphant, ça trompe énormément & Nous irons tous au paradis d'Yves Robert (1976-1977)

Indissociables, les deux films ont certes pris quelques rides, mais la conception de l'amitié vue par Yves Robert et Jean-Loup Dabadie reste cependant toujours aussi savoureuse. Femmes-fantasmes, mères envahissantes (pour l'anecdote, la "mère" Villalonga est a seulement 2 ans de plus que le "fils" Bedos) et galères hilarantes - ah, le terrain de tennis et l'aéroport - jalonnent ce film à la gloire d'une camaraderie franche, virile mais pas écervelée pour autant.


Le péril jeune de Cédric Klapisch (1994)

Réalisé pour la télé, le deuxième long de Klapisch envisage l'amitié sous son jour le plus frais, en relatant l'année du bac vécue par cinq potes qui se croyaient inséparables. Chaleureux et potache, ce film initiatique ponctué de scènes cultes est cependant empreint d'une véritable inquiétude : les lycéens ont peur des adultes qu'ils pourraient devenir. Ils finiront pourtant par emprunter des voies qu'ils s'étaient juré de ne pas prendre, rendant ce péril jeune plus palpable que prévu.


Vincent, François, Paul et les autres de Claude Sautet (1974)

Guillaume Canet a beau se réclamer de Claude Sautet, il n'y a absolument pas photo dès lors que l'on compare les oeuvres du jeune réalisateur et la filmographie compacte et savoureuse de son modèle, dont l'oeuvre la plus populaire, maintes fois pompée, est peut-être celle qui ressemble plus à la vie. Dit comme ça, c'est évidemment niais, mais le film de Sautet possède néanmoins ce réalisme superbe et un rien crasseux avec lequel Les petits mouchoirs n'arrivent jamais à renouer.


Les petits mouchoirs de Guillaume Canet. 2h25. Sortie : 20/10/2010. Lire la critique.

5 commentaires sur “5 films de potes à voir pour éviter LES PETITS MOUCHOIRS”

Lo a dit…

C'est bien on est averti !

Dans les films de copains qui gagneraient à être (re)-vus, je pense au Plein de Super, d'Alain Cavalier (1976). C'est hors-sujet ?

Anonyme a dit…

mets toi un peu a l'heure du jour ca te feras du bien, et le navet comme tu dis si bien en mauvais conseilleur a fait salle comble dans les plus grande salles de nice avec applaudissement

Jiem a dit…

Il fait salle comble partout. Rob est peut-être un peu dur mais le film est loin de n'avoir que des qualités...

Anonyme a dit…

Le plein de Super : je dis oui, le plus beau road movie français à mon goût !

Sinon à l'attention de l'anonyme du dessus :
1 depuis quand une salle comble ou un succès commercial est-il un gage de qualité ?
2 en ces temps de consensualité politiquement correcte, je trouve très agréable d'entendre et lire des gens qui ne mâchent pas leurs mots pour dire qu'ils n'ont pas aimé quelque chose. La subjectivité règne en maître évidemment... Mais se mettre "à l'heure du jour", je ne vois pas le rapport (d'ailleurs cette expression n'est pas très idiomatique... tu devrais peut-être te mettre à la page :)

catali a dit…

ho putain oui! quel navet!

 
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