7 sept. 2010

VAMPIRES

Sorti en catimini le premier jour de septembre, Vampires n'a pas franchement mis toutes les chances de son côté. Comment, en 2010, un film peut-il prétendre au succès avec une affiche aussi hideuse ? Disposer de peu de moyens n'a jamais empêché personne d'être un tantinet créatif. D'autant que celle-ci n'est pas que laide : elle est également très incongrue. Le « Ni branchés, ni sexy, ni puceaux » de son slogan ne veut absolument rien dire, le seul acteur cité est un Julien Doré présent environ dix minutes dans le film, on nous promet une comédie « déjantée » alors que ce n'est pas le cas... Last but not least, comme un film belge sur deux, Vampires est décrit comme à mi-chemin entre Strip tease et C'est arrivé près de chez vous, guillemets mal placés pour couronner le tout. S'il est vrai que le film de Vincent Lannoo, par sa nature de faux documentaire, évoque un lointain cousinage avec l'émission et le film cités, la comparaison s'arrête là car ni l'esprit ni le style ne permettent de les rapprocher davantage de ce spectacle étonnamment tristoune.
À vrai dire, il est difficile d'imaginer ce qui a pu donner envie à Vincent Lannoo de tirer un long-métrage d'une telle idée, tant celle-ci apparaît bien vite comme totalement stérile sous la plume d'un auteur vraisemblablement peu inspiré par son sujet. La famille de vampires choisie pour figurer au centre du reportage en question n'est pas assez singulière pour réellement attirer l'attention, hormis peut-être une fille cadette souhaitant à tout prix devenir humaine. Là, on retrouve le fameux et délicieux non sens à la belge : se considérant obstinément comme un être humain à part entière, elle multiplie les tentatives de suicide "humaines" et se refuse à mourir par overdose d'ail ou de soleil. Hélas, Vampires ne fourmille pas de trouvailles et pédale dans la choucroute à force de ne pas savoir quoi raconter et quel type d'humour pratiquer. Les amusantes apparitions de Julien Doré en vendeur de cercueils n'y changent rien : cette fois, Lannoo a raté son coup, et la grisaille de l'image documentaire ne peut y changer grand chose.
On sent pourtant poindre un espoir trop tardif lorsque la famille est contrainte de quitter la Belgique pour s'exiler au Québec, symbole de l'enfer sur Terre pour ces pauvres vampires belges qui peinent à assimiler les coutumes locales et n'entravent que dalle aux drôles de mots employés par les autochtones, dont l'accent à couper au couteau les énerve prodigieusement. Le mauvais esprit s'installe enfin, un clone canadien de Benoït Poelvoorde fait son show, et Vampires parvient enfin à faire son trou après une heure passée à tenter en vain de réussir à produire un peu de bon humour noir. Bien que trop courte, cette ultime excursion québécoise a pour effet de redynamiser le spectateur et de le laisser sur une dernière impression forcément un peu trompeuse mais en tout cas assez profitable. Stoker et Lovecraft n'ont en tout cas pas de quoi se retourner dans leur tombe...



Vampires de Vincent Lannoo. 1h32. Sortie : 01/09/2010.

Laissez le premier commentaire sur “VAMPIRES”

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz