10 sept. 2010

L'Étrange Festival 2010 | SURVIVAL OF THE DEAD

Pauvre George Romero. Et pauvres de nous. Le réalisateur de La nuit des morts-vivants, qui a depuis repris un malin plaisir à renouer régulièrement avec les zombies qu'il aime tant, semble avoir été remplacé derrière la caméra par le premier mort-vivant venu. Si les dernières réalisations romeriennes faisaient déjà état de la baisse de forme certaine du cinéaste, ce Survival of the dead ne fait que le confirmer de façon édifiante, lénifiante et désespérante. Quand le pionnier d'un genre en vient à se trahir lui-même de la façon la plus piteuse qui soit, il y a tout de même de quoi cesser de croire en la beauté du cinéma. Mais ce mal semble être particulièrement contagieux chez les anciens princes du cinéma de genre tels que Tobe Hooper ou Dario Argento. Y aurait-il un âge limite pour réaliser slashers, giallos ou films de zombies ? Difficile de répondre à cette question sans généraliser, mais force est de constater qu'il existe fort peu de bons films appartenant à l'un de ces genres et réalisés par un sexagénaire ou plus.
On croirait vraiment Romero possédé par Alzheimer, tant le cinéaste semble avoir oublié ce qui faisait l'attrait de ses oeuvres précédentes. Dans Survival of the dead, il n'y pas plus guère d'arrière plan sociologique, de critique de la société de consommation, de dimension pamphlétaire. Il n'y a d'ailleurs pas plus de zombies. C'est avant tout un vrai film de pipelette, comme ces petits vieux qui passent leur temps à nous raconter leurs vies plates sans jamais se soucier de savoir si leurs propos nous intéressent un minimum. George Romero ne s'est visiblement posé aucune question, et le huis clos en plein air qu'il délivre n'est qu'un blabla jamais oppressant, jamais flippant, jamais accrocheur. C'est le film d'un retraité qui refuse de s'avouer qu'il a vieilli. Voir chuter les idoles est toujours une souffrance, et personne ne sera épargné.
On se moque clairement de personnages aussi antipathiques que creux, qui passent leur temps à tenter de dominer les autres psychologiquement à l'aide de dialogues sonnant toujours plus faux. Mais comment reprocher aux protagonistes de brasser de l'air en se donnant l'air important ? Il leur faut bien tuer le temps, reclus paraît-il par des zombies qui ne montrent que trop rarement le bout de leur nez. Romero les films généralement de loin, joue les pingres en terme d'effets horrifiques, et ne considère ses créatures que comme de simples pantins destinés à jouer au chamboule-tout dans les instants de désoeuvrement. Le reste n'est que concours de virilité, prises de tête inutiles et ennui mortel à volonté. Si Survival of the dead avait été réalisé par un jeune type, on conseillerait à celui-ci d'arrêter le cinéma et de rester chez lui à regarder des DVD ; il serait sans doute prudent de donner le même genre de recommandation à George A. Romero, sans quoi le vieux bougre serait capable de recommencer et de nous infliger à nouveau un téléfilm d'une nullité affligeante.



Survival of the dead de George A. Romero. 1h30. Sortie DVD : 19/10/2010.

1 commentaire sur “L'Étrange Festival 2010 | SURVIVAL OF THE DEAD”

Dom a dit…

Ah bordel ! Chaque annonce d'un nouveau Romero m'apporte la lueur d'espoir de, peut-être, revoir le maitre des zombies apporter une oeuvre culte.
Bon... Peut-être le suivant alors ? Peut-être...

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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