6 sept. 2010

L'Étrange Festival 2010 | L.A. ZOMBIE

La France connaît bien mal le passionnant cinéma de Bruce LaBruce, cinéaste gay souvent provoc dont les oeuvres les plus fameuses se nomment No skin off my ass et Hustler white. À l'occasion de la présentation de son film précédent, Otto, lors de l'Étrange Festival 2009, LaBruce avait fait savoir qu'il comptait réaliser un film plus fantaisiste que d'habitude, avec un zombie et du cul, le tout interprété par l'acteur porno gay François Sagat. Un an plus tard, voici L.A. Zombie, petit évènement d'une durée de soixante-trois minutes qui suscitait une énorme curiosité et donc beaucoup d'attentes, chez les fans du cinéaste comme chez les autres. Tous semblent devoir hélas repartir la queue entre les jambes après une projection extrêmement décevante, qui montre que Bruce LaBruce n'est sans doute pas bâti pour réussir des oeuvres aussi fun...
Quasi muet, L.A. Zombie est tourné tout entier vers la personnalité de François Sagat, ou plutôt son corps. Peinturluré pour ressembler le plus vaguement possible à un zombie, il erre dans le Los Angeles interlope et rencontre régulièrement de beaux mâles souvent mal en point, voire même un peu morts, qu'il va tacher de ramener à la vie... en introduisant son sex massif et crochu dans leurs plaies béantes. La première fois, c'est assez amusant : imaginez un accidenté de la route, dont le coeur a transpercé la poitrine avant de cesser de battre, se faire pénétrer l'abdomen et ressusciter après avoir reçu une éjaculation faciale de sang... L'hilarité monte, la curiosité aussi : après de tels débuts, Bruce LaBruce ne peut qu'aller toujours plus loin dans le délire et nous ensevelir sous les idées réjouissantes. Ce n'est malheureusement pas le cas, le film se traînant archi laborieusement au gré de scènes répétitives et manquant autant de drôlerie que de tension sexuelle.
C'est bien simple : on dirait un film de fin d'études, un film de vacances, mais absolument pas un vrai film de cinéma. La mise en scène approximative et les effets visuels fluctuants - personne n'a pensé à engager de vrais maquilleurs ou une scripte ? - réduisent à néant les petits efforts déployés par LaBruce pour fignoler un montage alternatif, qui défie parfois la linéarité temporelle. À moins que tout cela ne résulte simplement de l'inaptitude du monteur à disposer les plans dans le bon ordre... Quand un film frise un tel niveau de vacuité et d'amateurisme, tout semble possible. Un peu plus cul sur la fin, L.A. Zombie risque néanmoins de décevoir ceux qui attendaient davantage de croustillant et de sexe débridé. Même quand le réalisateur décide d'insérer une scène uro, il ne se donne même pas la peine d'aller jusqu'au bout de son envie, comme si le provocateur d'antan se sentait trop vieux pour ces conneries... Ce cinéma timoré, lénifiant, jamais drôle ou presque, ne ressemble en rien à du Bruce LaBruce, et on espère voir ce dernier revenir bien vite à des projets autrement plus consistants.



L.A. Zombie de Bruce LaBruce. 1h03.

1 commentaire sur “L'Étrange Festival 2010 | L.A. ZOMBIE”

FredMJG a dit…

Ils l'ont manifestement tronçonné au cutter si j'en crois les "confidences" de Sagat après le film...

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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