9 sept. 2010

L'Étrange Festival 2010 | Compte-rendu n°3

Petite, toute petite soirée à l'Étrange Festival : mauvais choix de ma part ou hasard malencontreux de la programmation, mais ce mercredi soir ne restera sans doute pas parmi mes meilleures heures du festival. Délaissé par L., partie voir du film américain à Deauville, c'est en solitaire que j'ai enchaîné un film assez décevant et une carte blanche étrange mais pas réellement convaincante. Ça ira mieux demain...



La déception du soir se nomme Robert Mitchum est mort, du tandem Olivier Babinet - Fred Kihn. Présenté à l'ACID pendant le festival de Cannes 2010, ce road movie en terres du Nord cherche un décalage permanent mais ne trouve jamais vraiment son ton. Mais la salle 300, quasi pleine, a globalement très bien accueilli le film, tant et si bien que le débat d'après projection a dû être stoppé après avoir déjà pris beaucoup de retard. Présents pour discuter avec le public et surtout évoquer entre eux la genèse du film, les membres de l'équipe ont aussi dû composer avec un spectateur pas loin d'être ivre mort, qui s'est amusé à les apostropher pendant la présentation avant de remettre ça après le film. Par chance, il s'est tenu tranquille pendant la projection. Lire la critique.







Et puis, parce qu'un festival est aussi fait pour tenter autre chose, j'ai choisi de snober le film d'horreur hong-kongais Dream home - qui a suscité des réactions très diverses - pour faire un tour du côté de la salle 300 et de la carte blanche à Lionel Soukaz, cinéaste et vidéaste de longue date qui est décrit à son corps défendant comme l'un des pionniers du cinéma militant homosexuel en France. Dans la première partie de sa carte blanche, intitulée Archéologie, Soukaz a choisi de regrouper des films inspirés d'artistes qu'il affectionne tout particulièrement, mais également de se réserver la part du lion en trustant avec ses propres oeuvres la moitié du programme.
Affable, sympathique, Soukaz n'est néanmoins pas très pédagogue, et sa présentation d'avant-projection s'adresse principalement au public de connaisseurs qui, il est vrai, semble constituer la majeure partie d'une salle 300 à moitié remplie. Quand il évoque Molinier, Bouyxou, Journiac et les autres comme s'ils étaient les hommes les plus célèbres du monde, il ravit sans doute les experts mais égare d'emblée une partie de son public, celle qui était venue tenter de découvrir des univers jusque là inconnus.
À l'arrivée, il est en effet bien difficile pour le béotien que je suis de saisir l'intérêt de la majorité des vidéos présentées, et décrites comme des pièces de choix par Lionel Soukaz. Dix minutes de vidéo super-8 sur des jambes et bas résilles, passe encore ; mais un quart d'heure de portrait abscons de ce Molinier qui donne véritablement l'impression d'être une célébrité du monde de l'art - c'est peut-être le cas ? -, c'est beaucoup. Si l'amusant Satan bouche un coin offre une respiration amusante en milieu de programme avec son montage aussi enlevé que les morceaux musicaux qui l'illustrent, la vidéo suivante achève de faire le tri entre les fans de "performances" et les autres. On y voit en effet un certain Michel Journiac se faire faire une prise de sang en public afin d'utiliser le liquide pour concevoir des oeuvres d'art à base de plaques de verre et de colle forte. Très bien, oui ; mais devoir attendre une dizaine de minutes que monsieur Journiac ait fini de donner son sang montre un peu le snobisme de l'ensemble. À moins que cet art-là ne soit juste pas donné à tout le monde...
Le programme se finit heureusement avec l'intéressant et drolatique Sexe des anges, moyen-métrage réalisé par Soukaz en 1976, et dans lequel deux jeunes types - parfois plus - batifolent à l'écran, s'amusent, se caressent et s'honorent sur fond de numéros musicaux décalés ou de bandes-son de bandes-annonces de pornos vintage. Ou bien ils jouent aux échecs en incorporant au jeu un système de pénalités (voir la photo ci-dessous). Le résultat est très amusant et apparaît comme une sorte de récompense offerte au spectateur qui aura eu le courage et la patience de supporter d'autres segments bien plus pénibles. Je ne pourrai pas assister à la seconde partie, Sex and politics, mais celle-ci s'annonce tout de même plus intéressante et instructive.






À suivre dans mon Étrange Festival : la mort artistique de George Romero, Zoé Félix en cage, et un film serbe qui n'en finit plus de faire parler... Stay tuned.

[En attendant : retrouvez mon compte-rendu n°1, avec liens vers mes critiques, ici ; et le n°2 .]

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"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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