25 sept. 2010

[DVD] WEIRDSVILLE

WeirdsvilleDe Pump up the volume à Empire Records, Allan Moyle a brodé une carrière assez étrange à base de films fait pour être cultes mais n'ayant à vrai dire jamais réussi à percer ailleurs que dans de minuscules communautés. Un peu comme si Dirty dancing n'avait connu le succès que chez trois danseuses en Arkansas. Délaissant des univers musicaux, le réalisateur tente une fois encore avec Weirdsville de toucher un large public grâce à un sujet capable de toucher plusieurs générations : les ados actuels, avides comme tout le monde d'expériences amusantes et de petites transgressions, et leurs prédécesseurs, adultes ayant désormais dépassé le quart de siècle mais n'ayant rien contre retomber au gré d'un long-métrage dans des souvenirs remontant déjà à plus d'une décennie. Comme le montre la jaquette de ce film directement sorti en DVD, ce qui prouve que Moyle a une fois encore raté son coup en échouant à livrer un film populaire et générationnel, Weirdsville a pour objectif de réunir devant un même film les amateurs de fumette, ceux qui en sont revenus, et pourquoi pas ceux qui n'y ont jamais touché mais n'ont rien contre tenter l'expérience pour peu qu'elle ait lieu par écran interposé.
Présenté comme une stoner comedy, le film n'en est pas tout à fait une : si ses héros ont évidemment les deux pieds dans le marché de la drogue douce, Weirdsville n'a rien d'un délire enfumé à la How high ou d'une ode au space cake comme Smiley face. Moins léthargique sans être hystéro pour autant, le film tente d'aller au-delà de ses apparences pour lorgner davantage vers un délire façon Guy Ritchie, où des personnages hauts en couleurs se télescopent à vitesse grand V afin remplir leurs objectifs personnels, lesquels sont généralement inconciliables avec ceux des autres. C'est ainsi que l'on croise, pêle-mêle, des mafieux pas contents du tout, une secte sataniste, un nain déguisé en chevalier et quelques autres. Mais si la mise en scène, posée et joliment colorée, est le signe d'un effort incontestable pour rendre le film appréciable à tous, Allan Moyle peine au final à se dépêtrer d'une intrigue parfaitement vaine et d'un nombre trop élevé de protagonistes. Pas assez délirants, il sont assez mal mis en valeur et le film semble devoir se traîner jusqu'au bout au gré de courses-poursuites pouvant créer des torticolis chez les personnes sensibles.
Heureusement que le casting assure dans son ensemble, à commencer par un Wes Bentley qui semble ne s'être jamais autant s'amusé depuis que sa carrière post-American beauty a lentement mais sûrement pris l'eau. Et puis il y a tout de même, dans ce gigantesque courant d'air gentiment divertissant mais pas plus, quelques idées suffisamment loufoques pour sortir régulièrement le spectateur de sa torpeur : une stalactite se fichant dans le crâne d'un personnage sans le tuer pour autant est l'une d'entre elles, et laisse présager du niveau de bizarrerie qu'aurait pu atteindre le film si son écriture avait été mieux travaillée et si Moyle, en plus de composer des plans franchement jolis, s'était donné la peine d'insuffler davantage de rythme et de singularité à un ensemble qui a au moins le mérite de ne jamais devenir aussi exténuants que les films du trop nerveux Ritchie.




Weirdsville d'Allan Moyle. 1h30. Sortie DVD : 08/09/2010. Fox Pathé Europa. Disponible ici.

Laissez le premier commentaire sur “[DVD] WEIRDSVILLE”

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz