7 sept. 2010

600 KILOS D'OR PUR

Quand l'auteur du terrible Ca$h persiste dans son envie de faire du cinéma de papa, ça foire inexorablement malgré les efforts déployés. Lointain cousin du Salaire de la peur pour l'ambiance et le climat, 600 kilos d'or pur aurait aussi pu être incarné par Bébel et compagnie s'il avait été réalisé dans les années 60. L'ambition d'Éric Besnard est noble : renouer avec un cinéma de divertissement qui ait à la fois du coeur et des tripes, afin de séduire les vieux spectateurs nostalgiques et de mettre les jeunes dans sa poche. Peine perdue : plombé par d'énormes défauts d'écriture, le film se traîne de part en part et ne semble jamais devoir commencer. Le résultat est une centaine de minutes d'un ennui mortel alors qu'on aurait dû trembler et trépigner.
Dès la mise en place, le film semble malade, comme gangréné par un excès de sentimentalisme sauce Max Havelaar qui ne sied pas du tout à l'esprit de l'intrigue. Peut-on vraiment s'intéresser au sort d'une pauvre clandestine enceinte lorsque gravitent autour de nous des personnages dont l'objectif est de convoyer 600 kilos d'or afin de s'assurer un avenir prospère ? Pas vraiment. Besnard n'a en tout cas pas la finesse nécessaire pour parvenir à ce mélange des genres qui semble du coup assez inopportun. Il convient alors de patienter jusqu'au fameux jour J au cours duquel se déroule ce vol gigantesque orchestré par nos cinq héros ; mais après une poignée de scènes d'action relativement acceptables, le film s'enlise de nouveau, cette fois plus durablement que précédemment.
Car l'enjeu numéro un du film est supposé être la masse d'or précisée dans le titre : comment transporter 600 kilos de lingots à travers la jungle lorsqu'on ne dispose plus d'hélicoptères ni d'aucun moyen de transport ? En galérant, pardi. Sauf que les personnages principaux trouvent beaucoup plus malin d'enterrer leur butin à un endroit connu d'eux seuls afin de revenir le chercher en temps voulu. Une idée pas plus idiote qu'une autre, certes, mais qui prive le film de son principal sujet. Pire : une fois ses protagonistes débarrassés - temporairement ? - de leur trésor, Besnard les enferme de plus en plus dans un mécanisme écolo-chiant sur le thème « la nature est plus forte que toi ». Et voici les personnages qui tombent comme de mouches, bien loin des règlements de compte et des doubles jeux que les vrais et bons polars ont souvent l'habitude de mettre en valeur. Tout le monde semble ici se moquer de l'or, et 600 kilos d'or pur se mue de plus en plus en une simili ode à la forêt, comme si Besnard avait mal digéré son petit Terrence Malick illustré. La fin molle du genou n'est là que pour confirmer la propension de son réalisateur à réunir des castings imposants pour accoucher au final de tout petits machins sans charisme ni intérêt.



600 kilos d'or pur d'Éric Besnard. 1h40. Sortie : 25/08/2010.

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