26 août 2010

TELL TALE

Réalisateurs de films indépendants hélas trop méconnus, Michael Cuesta s'est principalement fait un nom en apposant sa griffe si reconnaissable sur une demi-douzaine d'épisodes de l'excellente série Six feet under, puis sur la première - et meilleure - saison de Dexter. Rappelons pour les sériephobes que le héros de cette dernière série est un expert médico-légal qui officie également en coulisses en tant que tueur de tueurs. Cette ambivalence entre justicier bien intentionné et assassin, on la retrouve justement dans Tell tale, troisième long réalisé par Cuesta : le personnage principal y est en effet un homme enquêtant sur le meurtre de celui qui lui a donné son coeur - au sens propre - et réglant à sa manière ses comptes avec les vilains.
Pas étonnant que le film ait peiné à trouver son public au point de n'être distribué que dans une salle française : il ne cesse d'hésiter entre plusieurs genres, ce qui n'en fait pas un film inconfortable mais le rend cependant assez difficile à apprécier dans sa globalité. Du thriller mental évoqué par l'affiche à base de pièces de puzzle, on ne verra que quelques scènes vaguement torturées dans lesquelles le héros se demande pourquoi le coeur d'un autre prend peu à peu possession de son corps et de son esprit. En revanche, Tell tale ne néglige pas - et c'est une surprise - son côté vigilante movie, le scénario consistant principalement en une succession de rencontres avec tous les participants d'un crime, celles-ci se terminant généralement de la même manière : par une exécution froide, sommaire et de moins en moins inattendue.
Sans aller très loin, Tell tale a cependant bien du charme, notamment lorsque son héros un rien timoré - le trop rare Josh Lucas - se mue subitement en bourreau décomplexé. Dommage cependant que l'intrigue n'aille pas plus loin et que Cuesta soit contraint d'assurer seul le show en misant tout sur sa mise en scène élégante - qui a sauvé à elle seule plus d'un épisode de série TV - et sa direction d'acteurs sans relâchement, qui permet notamment aux scènes entre Lucas et Brian Cox d'atteindre de jolis sommets. Pour qui attend que le réalisateur revienne à des films plus indépendants ou se mette à un cinéma plus ambitieux, Tell tale constitue une parenthèse acceptable qui a pleinement conscience de sa propre modestie. Ce que confirme un épilogue sec et sans fioritures, que bien d'autres auraient mis en scène avec tambours, trompettes, flashbacks et tagada tsouin tsouin. La preuve que ce type-là a du talent et qu'il ne devrait pas rester méconnu toute sa vie.



Tell tale de Michael Cuesta. 1h33. Sortie : 18/08/2010.

1 commentaire sur “TELL TALE”

Pascale a dit…

non mais t'arrêtes d'employer des mots qu'on comprend pas !!!
Vla vigilante movie c'coup ci !!!

Et pourquoi le mec en photo il ressemble à Bradleychou Cooper ?

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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