31 août 2010

SUBMARINO

Le cas Thomas Vinterberg commençait à devenir désespérant : la bombe Festen n'était-elle en fait due qu'à l'effet de surprise créé par le fameux Dogme de Lars von Trier ? Une douzaine d'années d'années plus tard, et après des It's all about love et Dear Wendy singulièrement craignos, le réalisateur danois semble enfin s'être retrouvé. Adaptation du roman du même nom, dont le titre semble annoncer l'enfermement psychique et physique des personnages, Submarino donne à voir le quotidien plus que grisâtre de deux frères dont les chemins ont peu à peu divergé. Un éloignement progressif extrêmement compréhensible étant donné que leur enfance et leur adolescence a régulièrement atteint des sommets de glauquerie. Vinterberg ne tarde pas à annoncer la couleur et offre une introduction en forme de gigantesque baffe, de celles qui mettent le moral des spectateurs à zéro et suffisent à justifier la lente descente aux enfers de ses protagonistes. Un traumatisme d'enfance et ce sont plusieurs vies qui partent de travers : bienvenue en enfer.
La grandeur de Submarino réside justement dans l'aptitude de Thomas Vinterberg à montrer du sordide, du glauque, sans pour autant tomber dans un misérabilisme complaisant. Le but ici n'est pas d'entrer dans un schéma façon loi de Murphy et d'accumuler en permanence les tuiles et les drames dans l'existence des frangins Nick et Martin. En revanche, le cinéaste insiste avec brio sur la résignation dont ils font preuve face à chacun de ces évènements : taciturnes, souvent calmes, les deux hommes connaissent des infortunes diverses mais les traversent avec la même discrétion, comme s'ils avaient accepté depuis longtemps l'idée que leur vie ne puisse être qu'un chemin de croix. Ce mutisme, qui ne durera pas tout à fait jusqu'au bout, est l'une des plus grandes et belles idées du film. Il permet en effet à Vinterberg de pousser au maximum son utilisation des physiques froids et massifs de ses acteurs, proprement bouleversants. Il y a décidément au Danemark un sacré vivier d'interprètes rugueux mais pas inhumains, dont la charpente laisse cependant entrevoir de bien belles fêlures.
Peu ordinaire, la construction du film n'est pas qu'un artifice : s'il suit les deux frères, Submarino n'alterne pas les points de vue mais choisit grosso modo une construction en trois actes, suivant d'abord l'un, puis l'autre, avant d'orchestrer ce qu'on ne peut pas tout à fait qualifier de retrouvailles mais qui marque en tout cas une certaine convergence de trajectoires. Idéal pour mieux entrer dans le quotidien et dans le crâne de Nick, ex-taulard qui tente de retrouver une vie normale, puis Nicks, père de famille toxico et veuf. Oui, le descriptif des personnages est effrayant ; oui, le traitement offert laisse peu de portes de sorties et crée un étouffement qui peut faire peur ; non, jamais Vinterberg ne tombe dans la putasserie, même si la sortie de scène est loin d'être optimiste. C'est la force de sa mise en scène, qui explore les ténèbres des deux hommes mais n'oublie jamais de leur apporter un peu de lumière. Submarino n'est pas un film festif, mais c'est une oeuvre robuste et marquante sur les liens du sang et l'impact fondamental de l'enfance sur l'âge adulte.



Submarino de Thomas Vinterberg. 1h50. Sortie : 01/09/2010. À lire : l'interview de Thomas Vinterberg.

4 commentaires sur “SUBMARINO”

Pascale a dit…

Comment tu feras quand je serai plus là ?

"il font preuve".

Bon,
c'est sombre,
mais un peu clair quand même,
mais surtout sombre.
J'ai capito ?

Jordane a dit…

Tu t'emmêles les pinceaux dans les noms des personnages, Rob...

Le roux toxico n'a pas de nom.
Le barbu est bien Nick.
Le petit s'appelle Martin.

Pascale a dit…

"leur enfance et leur adolescence a régulièrement" : ce serait pas un plurio ça ?

Anéfé Chou, le Robbie s'entremêle. Notre Thomas (Vintenberg) tient à ce que le frangin n'ait pas de nom. Il est le frère et Nick et le père de Martin.

"évènements" : j't'ai déjà dit, c'est DEUX ACCENTS AIGUS, bordel !

"puis Nicks, père de famille toxico et veuf"... Nick n'est ni père de famille, ni toxico, ni veuf, c'est quoi c't'embrouille !!!

Faut dormir avant d'écrire mon gars. Qu'est-ce que ça va être dans quelques mois ???

Anonyme a dit…

Les qualités de scénario et de forme du film viennent du livre dont il est l'adaptation.
A lire...

 
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