28 août 2010

RUDO ET CURSI

Dans la famille Cuarón, je demande le frère : Carlos est le frère d'Alfonso et a notamment scénarisé le Y tu mama tambien qui l'a fait connaître. Mais si le talent du réalisateur du meilleur Harry Potter et des Fils de l'homme n'est plus à prouver, rien ne permettait jusque là d'évaluer le potentiel réel de son frangin. Il est toujours aussi difficile de trancher même après avoir vu Rudo et Cursi, qui fait avant tout parler de lui par l'envergure de son trio de producteurs - cités deux fois chacun sur l'affiche, c'est dire - et l'évident contre-emploi de son duo de comédiens vachement hype à l'échelle mexicaine. D'un sujet potentiellement alléchant - deux frangins rednecks deviennent footballeurs professionnels et se tirent la bourre de façon pas franchement saine -, Cuarón tire un film vaguement satirique, gentiment divertissant mais manquant d'acidité et de style.
Par endroits, le film est quasiment jubilatoire par sa façon de décrire la prétendue montée en puissance de ces nouveaux riches n'ayant visiblement pas compris qu'une fortune soudaine est propice à l'apparition de nouveaux amis et de jolies pépées. Rudo et Cursi sont des minables et le resteront, indépendamment de l'état de leur portefeuille. Et quand le second, incarné par un Gael Garcia Bernal assez déchaîné, décide de profiter de sa notoriété naissante pour accomplir son autre rêve et devenir un chanteur évidemment ringard, c'est la joie. Mais voilà : Carlos Cuarón n'est pas Alex de la Iglesia, qui aurait pu faire de Rudo et Cursi une sorte de Mort de rire version foot, c'est-à-dire un film explosif, décapant, faisant atteindre à ce duel fratricide et beauf de délicieux sommets de grand guignol. Las : après un crescendo relativement rapide, le film ne cesse de se dégonfler comme un soufflé, se terminant de façon assez prévisible.
Le manque de souffle de l'intrigue pousse Cuarón, seul scénariste à bord, à boucler son scénario avec un vrai-faux suspense qui accapare à lui seul une vingtaine de minutes de métrage. En passe d'être mis au placard par un club qui ne lui fait plus confiance, l'attaquant Cursi est sommé de marquer un but au prochain match... qu'il disputera contre son frère Rudo, excellent gardien de but de son état, qu'une dette de jeu contraint à prendre un but afin de remporter un pari truqué. Tout pourrait bien se passer pour les deux hommes s'ils n'étaient pas aussi crétins, et tout pourrait bien se passer pour le film si le déroulement de l'affaire n'était pas aussi lourdement exécuté. La seule véritable scène de football de l'ensemble - ce qui n'est franchement pas un problème - clôt de façon laborieuse cette fable néanmoins assez sympathique sur les ravages du succès, les pièges de l'argent facile et les sirènes de la célébrité. Pour le remake français, proposons Benzema et Ribéry, la récente actualité de ces queutards sans cervelle collant à merveille aux thèmes développés ici.



Rudo et Cursi (Rudo y Cursi) de Carlos Cuarón. 1h43. Sortie : 01/09/2010.

1 commentaire sur “RUDO ET CURSI”

Niko a dit…

Est-ce que c'est aussi bien que les collègues?

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz