27 août 2010

PIRANHA 3D

Ses deux remakes précédents, La colline a des yeux et Mirrors, bien que de qualité inégale, n'en faisaient pas franchement un cinéaste rigolard. Pourtant, Alexandre Aja prouve avec son cinquième long qu'il sait aussi manier le second degré et s'épanouir dans le divertissement le plus potache qui soit. Sa sortie début septembre apparaît comme étrangement décalée : Piranha 3D est un film d'été, un pur et dur, de ceux qu'on verrait bien dans un drive-in, un gobelet de soda king size sur les genoux et la main sur la cuisse de sa - ou de son, pas de chichis entre nous - partenaire. Aja nourrit un seul objectif et s'y emploie à merveille : procurer un maximum de divertissement à son spectateur et lui donner envie de replonger dans les séries Z des années 70.
Pour cela, le frenchie a recours à un cocktail détonant et absolument imparable lorsqu'il est servi dans les bonnes quantités : gonzesses topless, monstres en toc, effets gore too much et personnages crétins. Et quoi de mieux pour cela que de permettre aux piranhas de faire leur apparition lorsdu fameux spring break, gigantesque fête étudiante qui tourne rapidement à la beuverie et à l'orgie, le tout au bord de la mer ou même dans l'eau. Ces poissons cannibales et anthropophages seraient-ils républicains ? Ils épargnent les militants religieux qui exhortent les vilains pêcheurs à aller prier au lieu de sombrer dans le stupre. En revanche, ils croquent sans vergogne tout ce qui ressemble à une fille à poil. Il y a donc de quoi faire, car leurs maillots de bain sont curieusement pauvres en tissu... Aja se délecte à filmer ces poitrines opulentes façon MTV puis à infliger à ses playmates des châtiments qu'il semble trouver méritées.
Mais ne condamnons pas trop vite les tendances politiques de ces prédateurs assez peu effrayants car moyennement convaincants sur le plan visuel. Les effets spéciaux de Piranha 3D sont souvent foireux, les membres arrachés sont assez peu crédibles, mais c'est justement là que réside le charme délicieux d'un film qui préfère la coolitude à l'effroi et met ainsi toutes les chances de son côté. Un Jerry O'Connell survolté, une Elisabeth Shue sexy malgré elle en MILF à poigne, et les légendaires Richard Dreyfuss et Christopher Lloyd en guest stars parachèvent le succès séducteur de ce film sans message aucun, débile et fier de l'être, qui annonce une suite encore plus jouissive et énorme. Dans quelques mois, restera-t-il beaucoup de souvenirs de ce pur divertissement ? Non, sans doute, hormis peut-être un pénis flottant ; mais le plaisir immédiat que fournit le film est largement suffisant.



Piranha 3D d'Alexandre Aja. 1h30. Sortie : 01/09/2010.

1 commentaire sur “PIRANHA 3D”

Fabien a dit…

Autre critique qui m'encourage une fois de plus à aller voir ce futur chef d'œuvre (?) !

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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