13 août 2010

NIGHT AND DAY

Quand on n'est pas drôle, il ne faut surtout pas se forcer. C'est en substance la leçon que devraient retenir Tom Cruise et James Mangold après l'échec artistique et public de ce Night and day qui aurait dû concourir au titre de blockbuster le plus fun de l'été mais se traîne piteusement, comme sous l'effet d'une mauvaise grippe. Cruise a sans doute dû penser que sa prestation acclamée dans Tonnerre sous les tropiques constituait un solide indicateur du désir des spectateurs de le voir persister dans une veine qui lui était jusque là étrangère ou presque ; sauf que sans le génie comique de Ben Stiller, son potentiel d'acteur rigolo est quasiment réduit à néant. La prestation de l'acteur est parfaitement représentative du film tout entier : il gesticule dans tous les sens, multiplie les oeillades et enchaîne les rictus comme pour tenter de rappeler à chaque seconde à quel point il peut être marrant.
Night and day ressemble à ces grands cousins qu'on commence par bien aimer parce qu'ils font n'importe quoi et nous apprennent deux ou trois grossièretés, avant de se rendre rapidement compte que ce ne sont que des ados décérébrés qui n'ont rien à dire ni à offrir. Il n'est pas interdit de le trouver sympathique, mais on s'en lasse plus que rapidement tant les moyens déployés semblent exagérés en regard de la maigreur absolue du scénario. Comme dans un pastiche de film d'espionnage, les personnages bondissent d'un lieu à l'autre, passent d'une île déserte à Séville en passant par l'Autriche, ne s'arrêtent jamais une seconde, mais leur bougeote ne masque pas l'absence de concept fort ou de partis pris humoristiques suffisamment poussés. Ce n'est pas la poignée de répliques balancées nonchalamment par Cruise qui va rendre l'ensemble hilarant : souffrant du syndrome Isabelle Huppert dans Copacabana, l'acteur voudrait avoir l'air tellement moins coincé que d'habitude qu'il en devient crispant au lieu d'être drôle. Du coup, on bâille.
Quant à James Mangold, à force de vouloir jouer les réalisateurs polyvalents, il trouve ici ses limites en se révélant incapable d'insuffler du souffle ou de l'énergie à ce gymkhana géographique absolument vain. On pressent dès le générique un problème de dosage entre action, comédie et outrance, et cela ne fait que se confirmer pendant tout le film, à l'image de cette scène où l'agent joué par Cruise décime en ricanant la dizaine de bad guys et bad girls présents dans son avion. Burlesque macabre, comique visuel, humour de théâtre de boulevard : on ne sait pas sur quel pied danser et les zygomatiques s'en trouvent sacrément ménagés. De plus en plus disgracieuse, la pauvre Cameron Diaz n'arrange rien, et la mayonnaise ne prend jamais vraiment dans le duo vedette. Mais si tout cela vaut bien deux étoiles, c'est parce qu'on y voit apparaître Gal Gadot, actrice israélienne dont le rôle n'est absolument pas fondamental, certes, mais dont le divin visage peut d'ores et déjà être inscrit au hall of fame de 2010. On trouve les compensations qu'on peut.




Night and day (Knight and day) de James Mangold. 1h40. Sortie : 28/07/2010.

1 commentaire sur “NIGHT AND DAY”

Pascale a dit…

C'est vrai que le visage de Cameron devient de plus en plus étrange. Sa bouche s'allonge d'une oreille à l'autre, sa tête s'applatit et du coup, pour compenser, elle force sur les lentilles bleu des mers du sud.

J'ai pas vu la Gadot, c'est qui ?

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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