1 août 2010

MILLÉNIUM 2 - LA FILLE QUI RÊVAIT D'UN BIDON D'ESSENCE ET D'UNE ALLUMETTE

On prend les mêmes et on recommence ? Pas tout à fait : réalisateur du premier Millénium, Niels Arden Oplev a laissé la place à Daniel Alfredson pour réaliser les deux autres volets de la trilogie. À l'époque du premier film, des doutes avaient été émis quant aux capacités de son metteur en scène, efficace mais bien loin d'être génial. Rétrospectivement, on regrette un peu qu'Oplev ne se soit pas chargé des l'intégralité de la saga, ou en tout cas que son successeur ait été aussi mal choisi. S'il tente çà et là quelques effets de caméra, Alfredson livre une copie assez plate qui ne met jamais en valeur l'univers de Stieg Larsson mais a tendance au contraire à tout aseptiser. Visuellement, Millénium 2 ressemble à un téléfilm allemand, et l'on comprend mieux pourquoi les sorties cinéma de cet épisode et du suivant ont été plus discrètes que celle du premier : les producteurs semblent avoir misé davantage sur le succès de la mini-série déjà diffusée sur Canal+ et ailleurs que sur un nouveau carton ciné. C'est leur choix.
Heureusement que les fans du premier film, en particulier ceux qui n'ont pas lu Larsson et continuent à découvrir l'intrigue sur le tas, sont particulièrement ravis de retrouver Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist, toujours aussi bien campés par deux interprètes d'exception. Rien que pour eux, on est prêt à tolérer les quelques longueurs de l'ensemble, le scénario peinant à condenser sans temps mort le pavé du romancier suédois. Se crée un léger déséquilibre, pas désagréable car assez bien géré par le script : Salander semble prendre de plus en plus de place car elle est à la fois enquêtrice et protagoniste de l'action, tandis que Blomkvist est quant à lui légèrement en retrait, trop occupé à jouer les investigateurs politiques et à défendre les principes qui sont les siens. Sexy, féroce, imprévisible, le personnage féminin semble si plein de ressources et de côtés obscurs qu'on prend un plaisir fou à le suivre jusqu'au bout.
La situation familiale de Lisbeth est au coeur même de La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette - Katherine Pancol n'a pas le monopole des titres interminables. C'est la grande force de ce deuxième épisode, qui abandonne encore un peu plus le thriller financier pour devenir un film de plus en plus personnel et introspectif, dont les personnages sont plus importants et fascinants que les rouages. Le travail assez médiocre d'Alfredson n'y changera rien : on reste accroché à ce Millénium 2 parfois mou comme un Derrick mais toujours sauvé par la noirceur intrinsèque de ceux qui l'animent.




Millénium 2 - La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette (Flickan som lekte med elden) de Daniel Alfredson. 2h09. Sortie : 30/06/2010.

3 commentaires sur “MILLÉNIUM 2 - LA FILLE QUI RÊVAIT D'UN BIDON D'ESSENCE ET D'UNE ALLUMETTE”

Pascale a dit…

Sexy le Blom truc ? T'as demandé l'avis d'au moins une fille pour dire cette ânerie ?

Moi j'avais pas lu mais je préfère les 2 et 3 au cinéma que le 1. Et je trouve d'ailleurs que c'est davantage le 1 qui faisait téléfilm allemand.

Noomi : je l'aime d'amour !

tonton phil a dit…

Je trouves le 2 supérieur au 1er.

citation : "En Allemagne ils n'ont pas de pétrole mais ils ont Derrick."

Ph a dit…

A la première lecture de l'article j'avais compris comme Pascale: que Blomkvist était sexy. Mais Rob parle de Lisbeth.
Blomkvist peut être sexy par son intégrité. Figuerola dans le roman cèdera à son charme également !
Le premier volet était parfait et le second est très réussit. C'est clair que l'on est à fond derrière Salander.

 
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