10 août 2010

L'HEURE DU CRIME

Certains ressorts scénaristiques devraient être enterrés le plus profondément possible afin de ne plus jamais réapparaître à la surface de la Terre. Aussi doué soit Giuseppe Capotondi, et aussi sincère soit-il, il est assez difficile d'adhérer à son Heure du crime tant son rebondissement principal tend à montrer que tout repose sur du vent. Le virage pris par l'intrigue après plus d'une heure de métrage réduit quasiment à néant les beaux efforts déployés par le réalisateur italien pour monter en épingle ce polar inquiet qui fait naître une certaine angoisse en exhibant un potentiel spectre. Celui de Guido, gardien de villa décédé dans l'exercice de ses fonctions alors qu'il venait de rencontrer Sonia, femme de ménage solitaire et franchement traumatisée par la mort de cet homme si magnétique.
Après une mise en place sobre mais racée, L'heure du crime nous plonge dans le cauchemar éveillé de Sonia, soupçonnée par la police d'être mêlée à la mort de celui qu'elle aurait pu aimer et hantée par d'étranges sensations, parmi lesquelles des visions forcément anxiogènes de cet homme. La montée en puissance est longue mais intrigante, mêlée à cette histoire peut-être pas si anecdotique de la doppia ora, titre original du film, désignant les heures doubles (23h23, 05h05...) que la légende dit propices aux voeux. Jusque là, tout va bien, mais l'amorce de résolution proposée à la fin de la première heure est décidément bien indigeste et trop pratique pour être honnête.
Pour autant, difficile de remettre en cause la sincérité de Giuseppe Capotondi, pour qui cet amour brisé est forcément affaire de psychanalyse. Le fameux twist n'est sans doute pas à mettre sur le compte d'une roublardise de débutant prétentieux, et c'est ce qui incite à une certaine indulgence vis-à-vis d'un film qui ne s'en remettra pourtant pas. La splendide prestation du couple composé de Kseniya Rappoport et Filippo Timi, empreint d'une mélancolie franchement touchante, suffit à rendre la fin du chemin relativement plaisante à défaut de fasciner sur le plan polardeux. On retiendra les patronymes du metteur en scène et des interprètes, en espérant les voir à l'avenir dans des productions taillées à la mesure de leur talent.




L'heure du crime (La doppia ora) de Giuseppe Capotondi. 1h35. Sortie : 04/08/2010.

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