2 août 2010

LA BLONDE AUX SEINS NUS

Effectuant son retour après une longue escapade américaine, Manuel Pradal retrouve Vahina Giocante, l'héroïne de Marie baie des anges, pour une Blonde aux seins nus dont le titre aguicheur en décevra plus d'un : si la poitrine de Vahina n'est pas tout à fait cachée pendant le film, le titre fait avant tout allusion à un tableau de Manet dérobé par les deux héros masculins. Un vol qui laisse d'ailleurs rêveur et paraît si facile qu'il donnerait presque envie à l'amateur d'art de faire de même et de venir à Orsay avec son cutter afin d'y découper lui-même telle ou telle toile qui pourra ensuite être réencadrée et accrochée dans le salon. Le film ne tarde pas à claudiquer du fait de son absence totale de crédibilité, notamment dans l'exécution de cette scène-clé et de quelques autres.
L'argument policier n'étant pas le fort du scénario écrit par Pradal, reste à se concentrer sur ce qui fait office de poumon pour le film. À savoir cette intéressante relation en triangle qui unit un jeune branque, son petit frère d'une dizaine d'années et leur invitée inattendue, une jeune et belle gardienne au musée d'Orsay qu'ils détiennent sur leur péniche afin d'éviter qu'elle ne les dénonce à la police. Plus qu'une méfiance façon John Dahl, c'est surtout un désir épais qui va s'installer entre eux, le gamin éprouvant apparemment quelques chatouillements dans le bas-ventre et quelques palpitations cardiaques lorsqu'il est en présence d'une demoiselle davantage attirée par son grand frère. La plupart du temps seuls en scènes, les personnages se tournent autour et se percutent au gré d'un ballet pas aussi singulier qu'on l'aurait espéré, mais qui fonctionne assez efficacement néanmoins.
L'autre problème du film de Pradal est un peu à l'image du reste de sa filmographie : sujet fort ou pas, il tend à se perdre dans un désir mal contrôlé de plonger dans la noirceur et finit par provoquer l'ennui en créant une sensation de platitude austère. Et malgré les bonnes prestations de Vahina Giocante, Nicolas Duvauchelle - toujours très sous-estimé - et Steve Le Roi, La blonde aux seins nus peine à se montrer suffisamment intéressant. Dommage que l'arrière-plan et fluvial et la superbe péniche qui sert de décor principal n'aient pas été davantage exploités pour ce road movie en demi-teinte qui confirme l'impossibilité pour l'ex-espoir Manuel Pradal de se montrer à hauteur des espérances placées en lui il y a déjà 15 ans.




La blonde aux seins nus de Manuel Pradal. 1h40. Sortie : 21/07/2010.

1 commentaire sur “LA BLONDE AUX SEINS NUS”

Dom a dit…

Ah, merci de restaurer la vérité sur ce titre pour attrape-nigot/obsédé en manque/moi.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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