9 août 2010

INSOUPÇONNABLE

Sérieusement, il faudrait dire aux réalisateurs français et autres - mais surtout aux français - d'arrêter de faire des films bâtis inconditionnellement et uniquement autour d'une révélation finale foireuse. Adaptation d'un roman de Tanguy Viel, Insoupçonnable est de ces films qui vous ennuient pendant une heure vingt et pensant rattraper le coup en vous offrant une tonne de révélations de dernière minute. Déjà quand la conclusion est réussie, c'est assez agaçant car présomptueux de la part du scénariste ; mais quand elle est aussi indigeste que celle du film de Gabriel Le Bomin, c'est franchement impossible à supporter. Si cette conclusion est assez difficile à prévoir, c'est tout simplement parce qu'elle tombe du ciel, sans réelle accroche avec le reste de l'intrigue. Le genre de pitch qui ne donne pas du tout envie de voir le film une deuxième fois pour mieux en apprécier la perversité.
Ainsi donc, Insoupçonnable semble bien parti pour terminer sur le podium des films les plus ennuyeux de l'année tant il ressemble à un exercice de radotage suivi d'un moment de grand-guignol même pas jouissif. La construction même du film est à mettre en cause : tout débute par le mariage de Lise et Henri, dont on nous explique au bout de dix minutes qu'il n'est que le point de départ d'un coup foireux monté par la jeune femme avec Sam, qu'elle fait passer pour son frère. Jusqu'ici, tout va bien - si on ne prend pas en compte le jeu à côte de la plaque de Laura Smet et la platitude baveuse de la mise en scène. Mais voilà : Le Bomin gâche ensuite un temps précieux, celui qui est habituellement réservé à la montée en puissance de l'imbroglio criminel, en nous offrant un très très long retour en arrière nous expliquant sans plus value... que Sam et Lise ne sont pas frère et soeur et que le mariage à venir n'a pas grand rapport avec l'amour. Redondance, quand tu nous tiens.
On croit ensuite entrer dans le vif du sujet lorsque l'action revient dans le temps présent et que le plan des deux jeunes amants commence à se mettre en place. Celui-ci est malheureusement loin d'être machiavélique, ses rares reliefs étant simplement destinés à en masquer la parfaite vacuité. Écran de fumée que le plus béotien des spectateurs n'aura aucun problème à remarquer. En fait, Insoupçonnable lorgne plus souvent qu'à son tour vers un style plus chabrolien tu meurs, sans le côté acerbe et acide que savait jadis manier le père Claude. Ces personnages n'ont rien d'intéressant, leurs interactions non plus, et l'on attend en bâillant que ces gens antipathiques veuillent bien se mettre des coups sur la tronche ou des balles dans le corps. Même sur ce plan, le film déçoit, trop occupé à tenter de se faire passer pour un polar cérébral. La dernière scène, d'une connerie achevée, se charge de nous rappeler à quel point ce n'est pas le cas.




Insoupçonnable de Gabriel Le Bomin. 1h35. Sortie : 04/08/2010.

6 commentaires sur “INSOUPÇONNABLE”

Pascale a dit…

Ben si au moins le dernier moment grand guignol permet de voir la Smet se faire écarteler, massacrer, trucider... ça peut valoir le coup. Mais le réalisateur a t'il sacrifié son...
hum,
hum,
actrice ?
Je la supporte pas cette fille.
Chez les mecs y'a le Gerard Butler/Sam Worthington/Jason Statham power...
chez les filles y'a :
Laura Smet/Gemme Arterton Et j'en oublie !

Rob Gordon a dit…

Habituellement elle m'intéresse. Mais là...
Remarque, ça te plairait peut-être de la voir jouer un personnage aussi crétin. Tu risquerais de penser que ça lui va bien.

Non mais sans déconner le cinéma français...

Merci pour les critiques.

Johan.

Caroline a dit…

J'aurais pu vous dire que c'était nul rien qu'en regardant l'affiche...

Pascale a dit…

Pourquoi elle a déjà eu un rôle qui ne le soit pas ?

Ph a dit…

Les corps impatients ?

 
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