6 août 2010

EXPENDABLES - UNITÉ SPÉCIALE

Quel fan d'action n'a pas mouillé son slip en apprenant que Sylvester Stallone allait engager la fine fleur du cinéma d'action du dernier quart de siècle pour tenter d'obtenir le blockbuster le plus bourrin et jouissif du début de siècle ? Malgré quelques défections qui seront peut-être comblées dans sa suite déjà en préparation, Expendables - Unité spéciale dispose en effet de quelques noms absolument incontournables qui ont notamment fait la joie des gérants de vidéo-clubs. Pourtant, le dernier Stallone n'est en rien le manifeste nostalgique d'une armée de mutants défigurés et mélancoliques ; c'est avant tout l'histoire d'une filiation, d'un passage de témoin entre deux générations. Car si Sly s'est évidemment octroyé le rôle principal de son film, il n'est cette fois pas le seul à mener la barque : à ses côtés trône un certain Jason Statham dont le temps à l'écran est presque aussi important, et que Stallone n'hésite pas à mettre en valeur dès qu'il le peut. Avec sa belle gueule, son torse d'acier et sa classe naturelle, l'acteur britannique a en effet de quoi succéder au maître tout en apportant une bonne dose de finesse et de flegme à sa personnalité de mercenaire solitaire.
Contrairement à ce que l'affiche - mensongère à plus d'un titre - pourrait laisser supposer, Expendables n'est même pas un film de groupe : s'il débute bien par une scène où nos barbouzes exécutant une mission tous ensemble, il ne tarde pas à se focaliser sur une poignées de trajectoires individuelles et à transformer les autres protagonistes en purs seconds rôles principalement exploités à des fins humoristiques. C'est ainsi que le duo/duel Jet Li - Dolph Lundgren est bien vite relégué à l'arrière-plan, tandis que le méchant incarné par l'insubmersible Eric Roberts semble bien plus présent. La grande et bonne nouvelle du film, c'est que si John Rambo et Rocky Balboa apparaissaient comme les chants du cygne terriblement premier degré d'un vieux héros fatigué, celui-ci ressemble à l'oeuvre certes dispersée d'un jeune cinéaste chien fou. Le film part dans tous les sens et s'attache avant tout à exploiter un scénario simpliste à des pures fins de divertissement. Stallone a enfin compris qu'il n'avait pas les armes pour être un réalisateur sérieux, et qu'un peu d'auto-dérision et beaucoup de poudre consituent pour lui la recette idéale.
De fait, l'humour est omniprésent dans Expendables - Unité spéciale, et cet humour à la Stallone - c'est-à-dire moyennement finaud - semble ici plutôt digeste en raison de la décontraction avec laquelle évoluent les personnages. Alors qu'on aurait pu s'attendre à un gigantesque concours de biceps entre les membres du casting, c'est une franche camaraderie qui s'installe et fait ressembler l'ensemble à un film de potes beaucoup plus explosif que la moyenne. Stallone s'amuse à tout faire péter et à livrer la copie la plus bruyante qui soit, quitte à masquer presque totalement le score de toute façon quelconque de Brian Tyler. Fait-il n'importe quoi pour autant ? Oui et non : illisible par endroits, le film propose quelques scènes d'action savoureusement exécutées et permettant à chaque acteur de se mettre en valeur au moins une fois même s'il est ensuite sacrifié. Paradoxalement, Stallone semble parfois plus mûr que dans ses deux longs-métrages précédents : il n'y a qu'à observer sa façon de traiter l'histoire qu'entretient son personnage avec un joli contact de sexe féminin qui doit à peine dépasser la vingtaine... Sans violons, sans discours prémâché - il y a assez peu de dialogues sérieux dans le film -, Expendables - Unité spéciale montre des hommes vieux et conscients de l'être, qui semblent enfin prêts à tirer un trait sur les filles trop jeunes et à prendre leur retraite pour laisser la place à des types légèrement plus frais. Cet Expendables inconséquent mais loin d'être déplaisant pourrait constituer pour eux un ultime baroud d'honneur avant une quille définitive.




Expendables - Unité spéciale de Sylvester Stallone. 1h45. Sortie : 18/08/2010.

À lire : Expendables au Grand Rex : récit d'une avant-première

4 commentaires sur “EXPENDABLES - UNITÉ SPÉCIALE”

Pascale a dit…

à des purs fins ???


Quand tu parles de la belle gueule, de la classe NATURELLE de Jason Statham, c'est pour me faire rigoler dis moi ?

Et t'es sérieux quand tu dis que des types de 60 ans ne se tapent plus des minettes de 25 ???

Rob Gordon a dit…

Statham a la classe. Tu n'as pas vu Braquage à l'anglaise ou quoi ? J'ai pas dit qu'il n'avait fait que des bons films ou qu'il jouait toujours bien, mais le mec porte bien le costume et il a une belle barbe de 3 jours.

Pascale a dit…

J'avais bien compris.
Oui j'ai vu Le Braquage et j'ai toujours trouvé que le costume lui allait aussi bien qu'à toi le ti-shirt repassé !
Il ressemble à un clown qu'on aurait déguisé en homme. Et chaque fois que je le vois se pointer en costard, me vient comme un fourire discret !
Statham, en plus d'être mauvais acteur n'a aucune classe.
C'est le Gerard Butler/Sam Worthington power !
Quant à la barbe de trois jours, effectivement chez certains ça fait classe voire sexy... chez lui, ça fait "juste" crade.

Caroline a dit…

Ca a l'air génial !!
Et puis Bruce Willis et Scharzy, c'est trop bon !!!

 
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