10 août 2010

CHATROOM

Quand Hideo Nakata, 49 ans, se met en tête de mettre en scène l'adaptation d'une pièce les rouages et les ravages de la toile écrite par un type de 43 balais - également auteur de Hunger -, ça donne Chatroom, dont le défaut majeur - et pas des moindres - réside justement dans l'âge de ses créateurs. Comment, à moins d'être absolument à la pointe ou d'avoir mené une enquête très poussée, peut-on se montrer judicieux à propos du Net quand on n'a pas grandi avec ? Comment s'identifier à des jeunes dont on ne comprend visiblement pas la fascination malsaine pour les chats, forums en temps réel où l'anonymat entraîne le mensonge qui fait monter l'adrénaline ? La réponse est claire et nette : de Gilles Marchand en Hideo Nakata, plusieurs réalisateurs pourtant respectables se sont cassé les dents sur le sujet en raison d'un criant manque de vécu.
Pourtant, Chatroom commence plutôt bien, séduisant d'emblée par la singularité de sa direction artistique et le soin apporté aux lumières. Le long couloir que l'on aperçoit sur l'affiche est extrêmement cinégénique, et les différentes pièces auxquelles il mène sont plus intrigantes les unes que les autres. C'est principalement dans l'une d'elles que se déroule l'action du film, puisqu'un adolescent du nom de William décide d'y ouvrir un espace de discussion où il convie qui veut bien le rejoindre. Matérialiser l'échange en ligne en organisant un face-à-face virtuel entre les personnages au lieu de les laisser devant leur clavier a beau être une idée stimulante, le film ne tarde malheureusement pas à tourner en rond en n'ayant pas grand chose à dire... et pas davantage à raconter.
Il faudra en effet une heure et demie à Nakata pour venir à bout d'une "banale" histoire d'ado tentant d'en pousser un autre au suicide, sous le regard effaré de leurs compagnons éphémères. Non seulement ce genre d'intrigue aurait très bien pu se passer d'Internet - pour la démonstration édifiante sur les dangers du web, on repassera -, mais elle aurait senti le réchauffé même dans un film beaucoup plus classique. Personnages sacrifiés et psychologie de comptoir - le jeune black décrit comme un potentiel futur pédophile est une pure aberration scénaristique - sont les principales caractéristiques de ce petit drame qui tourne furieusement en rond, pas aidé par cette endive d'Aaron Johnson à qui il faut définitivement cesser de confier des rôles d'envergure. Dans Ring, sa préquelle et ses suites, Hideo Nakata a montré qu'il s'y connaissait à merveille en cassettes vidéo ; il aurait mieux fait de se cantonner à ce genre de médias au lieu d'aller s'aventurer dans d'autres qu'il ne maîtrise visiblement pas. La réussite plastique de Chatroom est loin de suffire à masquer les dégâts.




Chatroom de Hideo Nakata. 1h27. Sortie : 11/08/2010.

1 commentaire sur “CHATROOM”

Pascale a dit…

Donc t'as vu un film interdit à ceux qui sont nés avant les 70 et moi interdit à ceux qui sont nés après.

Aaron truc c'est bien le KickAss !!! Il va y avoir l'effet Gemma Atchoumtom... pas de talent et tout le monde se l'arrache. Sauf que le Aaron est moche, n'a pas une bouche de poisson et sans doute pas de mycose !

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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