23 août 2010

BE BAD !

Quand le réalisateur de Chuck & Buck et de The good girl rencontre Michael Cera, il est légitime de s'attendre à quelques étincelles. Spécialiste des rôles d'ados cultivés, décalés et puceaux sur les bords, l'acteur américain âgé de 22 ans ne semblait jusque là pas désireux de donner à sa carrière une inflexion différente, mais a sans doute trouvé dans le scénario de Be bad ! une source de motivation pour avancer enfin. Au départ, le Nick Twisp qu'il interprète est le parfait sosie des personnages qui ont fait son succès ; mais l'objectif final de Miguel Arteta est de faire exploser la carapace et d'en montrer une autre facette. Alors, comme son héros réalise qu'il est trop gentil pour pouvoir s'attirer les faveurs de celle qu'il aime, le voilà qui se crée un double maléfique afin de se pousser à se comporter comme une crapule lorsque nécessaire.
Hélas, cet ami imaginaire nommé François Dillinger est extrêmement sous-exploité et Be bad ! se retrouve assez rapidement dans l'impasse pour plusieurs raisons. D'abord, Arteta semble ne jamais parvenir à définir le ton qu'il souhaiterait donner à son film : ses envies de comédie noire foutraque et existentielle ne prennent jamais réellement le pas sur le gentil petit roman d'éducation indé US. Ensuite, le scénario manque cruellement de rythme et peine autant à mettre en place sa situation qu'à la développer. Concrètement, on commence par avoir hâte de voir Cera se démultiplier, puis on trépigne d'impatience avant d'être immédiatement et définitivement déçu par l'exploitation qui est faite de cette idée pourtant loin d'être inintéressante. Faire brûler des véhicules et exploser un bâtiment ne suffit pas vraiment à combler nos envies de vitriol.
L'atmosphère n'est pas désagréable, le casting bigrement sympa - de Steve Buscemi à Zach Galifianakis -, mais rien n'y fait : Be bad ! n'avance pas et semble devoir une partie de son immobilisme à Cera lui-même. Incapable de rendre son double convaincant, il se contente de la panoplie simpliste et ridicule censée le rendre plus adulte et plus rentre-dedans : une petite moustache et des clopes qu'il fume avec une confondante absence de virilité. Paradoxalement, ce que le film réussit le mieux est peut-être ce qu'il propose de moins inédit, à savoir l'obsession masculine de la perte de virginité. Quelques scènes plutôt bien vues voient Nick tergiverser, hésiter, se diriger vers un romantisme doucereux là où son double opterait davantage pour une stratégie offensive et sans langue de bois. Difficile de ne pas s'identifier à cet ado-là, même s'il est incarné par un acteur qui commence à se faire trop vieux pour ces conneries et risque d'éprouver quelques difficultés à trouver d'autres types de rôles.



Be bad ! (Youth in revolt) de Miguel Arteta. 1h30. Sortie : 01/09/2010.

4 commentaires sur “BE BAD !”

Pascale a dit…

Désolée, j'ai des aprioristiques incontrôlables alors s'il y a 10 fautes tant pis. J'arrive pas à lire...
Mais rien qu'à voir la tête de vainqueur du guss là en photo j'ai envie de lui dévisser direct et de lui coller dans sa nus sans plier les genoux.
Désolée -encore- c'est pas chrétien ni catholique mais là non vraiment je peux pas.
Et ya Ray Liotta, le gars qui épaissit à mesure que sa carrière se bizarroïse.

Bon allez, tcho baltringue.

Rob Gordon a dit…

T'es pénible, j'ai dû me relire moi-même. Résultat, j'ai trouvé une faute. Je ne te dis pas merci.
J'attendais pas mal de ce film mais c'est raté.

Merci pour l'article :-)

Pascale a dit…

Pénible peut-être...
mais comme tu sais même pas te relire, j'ai quand même lu et j'ai trouvé ceci :
"incapable rendre son double"...

C'est comment fumer virilement ???

Je te signale que je n'ai pas encore lu Sexy dance et les Lois de l'attraction, donc, ça doit être truffé !

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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