22 juil. 2010

TAMARA DREWE

Terrible agonie que celle de certains cinéastes n’ayant pas su se rendre compte qu’il était temps pour eux de raccrocher avant de devenir sénile. On a tellement aimé Stephen Frears que le voir dépérir ainsi depuis quelques films est tout bonnement insupportable, et ce Tamara Drewe résonne comme le pire chant du cygne qui soit. Adapté d’une bande dessinée, le film est une comédie de mœurs se voulant aussi noire que légère mais qui crée rapidement une véritable perplexité dans les rangs. Comme si Frears s’était rêvé en clone de Woody Allen avant de prendre conscience, mais un peu tard, de la relative vacuité de son script.
Pourtant, tout commence plutôt sympathiquement, avec notamment cette excellente idée de situer l’action dans une résidence d’écrivains retirée en campagne. Les egos se chevauchent, les personnages se toisent, et débarque au milieu de cet océan de médiocrité Tamara Drewe, ange en mini-short et apparition d’autant plus divine que ladite Tamara était auparavant un sympathique petit boudin au tarin démesuré. Un chien dans un jeu de quilles ? Pas vraiment, le film se transformant rapidement en une œuvre chorale qui sépare ses protagonistes pour mieux en montrer – sans le vouloir – la vacuité. Rythmé par les saisons, Tamara Drewe ne fait que mettre aux prises des personnages bigrement antipathiques dont la destinée nous indiffère totalement et dont les traits d’esprit nous passent totalement à côté. Consternation.
Même pas mis en scène – il y a bien quelques très beaux plans çà et là, mais ça ne fait pas tout –, le film se base en fait sur un et un seul quiproquo, qu’il répète plusieurs fois en espérant que le spectateur idiot n’y voie que du feu. Au centre de l’intrigue, deux gamines esseulées en pleine crise d’adolescence, qui interceptent une boîte mail leur permettant de semer la zizanie dans tout un village. On s’amuse environ deux minutes de leur mauvais esprit et de leur médiocrité crasse, avant d’être pris par une irrépressible envie de leur coller deux taloches et de fuir à jamais l’arrêt de bus sous lequel elles fument des clopes et dévorent des magazines people. Quelques brèves saillies d’humour très noir viendront à peine rehausser le niveau plus que faiblard de cette très mauvaise comédie ne bénéficiant que de l’abattage et du charme d’une Gemma Arterton pas si présente à l’image – et c’est bien dommage.




Tamara Drewe de Stephen Frears. 1h49. Sortie : 14/07/2010.

10 commentaires sur “TAMARA DREWE”

Pascale a dit…

La cerise sur le gâteau c'est cette actrice Gemma truc et son oeil humide qui met le feu aux caleçons on se demande comment !!!

La merveilleuse idée du départ est hélas complètement abandonnée au bout de quelques minutes... et TON Steph essaie de rester dans le coup en essayant de faire djeun. Raté.

Next.

Pascale a dit…

La cerise sur le gâteau c'est cette actrice Gemma truc et son oeil humide qui met le feu aux caleçons on se demande comment !!!

La merveilleuse idée du départ est hélas complètement abandonnée au bout de quelques minutes... et TON Steph essaie de rester dans le coup en essayant de faire djeun. Raté.

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slybono a dit…

Ah, merci, je me sentais carrément seul dans cette avalanche d'avis positifs ! Sénile, débilitant, répétitif, entre Altman et Allen, sans leur mordant. Presque rien à sauver, si ce n'est le short de Tamara et l'attaque finale...

Anonyme a dit…

Ah oui, on est bien au royaume des pisse froid sur ce blog !

Ce film n'est pas le film du siècle, mais c'est divertissant, et certainement pas mauvais.
Donc, je conseille, 14/20 pour moi.

Et 2/20 à la critique.

Marcozeblog a dit…

Houla! tu es dur. Mais effectivement, il n'est pas parfait. j'ai juste bien aimé. Cordialement

Cely a dit…

Étonnamment, à te lire, je suis assez d'accord avec toi : manque d'épaisseur de l'histoire et personnages pas assez exploités.
Pourtant, j'ai vraiment beaucoup aimé le film. J'ai trouvé ça frais et (si-si) drôle, et même plutôt bien rythmé par la succession des saisons, et ce malgré les répétitions et lenteurs.
Je devais être d'humeur légère. Comme quoi finalement, tout est question de point de vue...

Jean-François a dit…

effectivement le réalisateur surprend, mais le film n'est pas si mal, même si la fin n'est plus la même que dans la BD : dommage !!

Anonyme a dit…

vous connaissez le second degré?
et bien essayer vous verrez, il suffit juste de vous laisser aller , et vous prendrez plaisir au chose simple de la vie comme cette belle comédie .
les acteurs sont justes, la campagne anglaise mis en valeur et la véritable héroïne de ce film c'est l'adolescente Jody (la talentueuse Jessica Barden): un peu de fraîcheur , essayez vous vous sentirez plus léger!

Anonyme a dit…

Anonyme... j'ai essayé le second degré, mais quand y en pas, y en a pas. Ce film est consternant. Mal joué, on devine le scénario dès les premières minutes, on ne s'amuse pas du tout, les répliques ne font pas mouche. Berk, berk, berk.

Robin a dit…

Je suis tout à fait d'accord avec toi. Loin d'être le chef d'oeuvre annoncé bêtement par beaucoup, ce film est un navet, un affreux ratage pour un metteur en scène qui a quand même un certain talent. On n'est jamais passionné par un scénario aussi plat que mal écrit, la mise en scène est "minimaliste". Aucun personnage ne retient notre attention plus de 5 minutes ni ne déclenche l'empathie. On a juste envie de les massacrer à coup de hache.
Les acteurs sont pour beaucoup très faibles, à part l'actrice principal.
Tu as tout dit dans ta critique.
2/10

 
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