7 juil. 2010

PETITS MEURTRES À L'ANGLAISE

Jonathan Lynn n'est pas exactement un bon. L'amusant Mon cousin Vinny date quand même de 1992, et la suite de sa filmographie - de Sgt. Bilko à Mon voisin le tueur - a tout de même de quoi faire peur. À ce titre, Petits meurtres à l'anglaise - mais arrêtez donc avec ces titres à la mords-moi le noeud - constituerait presque une bonne surprise, surtout dans sa première partie : voilà un film avec un certain rythme, une dose de style, et quelques atouts de choix, parmi lesquels un casting pas loin d'être quatre étoiles. De quoi donner un film globalement divertissant à défaut d'être constamment hilarant.
On ne s'en rend pas compte tout de suite, mais Petits meurtres à l'anglaise est un véritable film de personnages. Sans eux, il ne serait rien, ou presque. Tout commence avec ce Victor Maynard tiré à quatre épingles, qui semble redonner du sens au mot "flegmatique". Monsieur apprend le français, boit du thé, et bute des gens avec la plus grande des délicatesses. Même s'il est contraint par le rôle à rester imperturbable, on sent poindre l'extrême jubilation avec laquelle l'excellent Bill Nighy s'en acquitte. La façon dont il se présente face caméra, puis son glissement contraint et forcé vers la marginalité,sont un délice de tous les instants. Tous les autres personnages sont aussi réussis, d'autant qu'ils ont été attribués à des acteurs à la hauteur : la charmante Emily Blunt est un parfait poil à gratter, le drolatique Rupert Grint prouve qu'il y a une vie en dehors de Ron Weasley, Rupert Everett est un meilleur méchant que dans Inspecteur Gadget, et Martin Freeman étincelle en deuxième meilleur tueur de Grande-Bretagne, forcément aigri par ce statut. Gravitent autour d'eux une poignée de troisièmes rôles tout aussi jubilatoires, hommes de main sans jugeote et vieille mère légèrement psychopathe.
Tous prennent et donnent du plaisir, c'est un fait, notamment dans une première partie échevelée où s'écaille la carapace de Maynard tandis qu'apparaissent un à un les différents protagonistes. Le problème de ce genre d'oeuvre à vocation rocambolesque, c'est que l'excès d'hystérie et le côté répétitif de l'action finissent par mettre tout le monde sur les rotules, la scénariste comme les spectateurs. Les situations peinent à être conclues, la drôlerie ne se renouvelle plus, et l'on passe autant de temps à lorgner sa montre qu'à observer la laborieuse retombée d'un soufflé pourtant sympathique. Heureusement que l'épilogue vient redonner un peu de piquant à l'ensemble et lui permettre de conclure sur une note relativement positive, même s'il y a fort à parier que le film aurait été bien plus réussi sans un tâcheron à la barre.




etits meurtres à l'anglaise (Wild target) de Jonathan Lynn. 1h38. Sortie : 07/07/2010.

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