11 juil. 2010

Paris Cinéma 2010 - MUNDANE HISTORY

Après avoir vu un film, il est parfois amusant d'en relire le résumé officiel. Voici celui de Mundane history, film réalisé par la thaïlandaise Anocha Suwichakornpong : « Un jeune homme de famille aisée, paralysé jusqu’à la taille, prend à son service un nouvel infirmier. Leur relation, distante, est encore rafraîchie par la tutelle d’un père autoritaire. Mais peu à peu, le cynisme du garçon laisse place à une curiosité du monde, dans une méditation hallucinée qui réinterroge la place de chacun dans l’univers ». On proposerait bien quelques corrections afin de rétablir la vérité. Cela pourrait donner : « Un jeune homme de famille aisée, paralysé jusqu’à la taille, prend à son service un nouvel infirmier. Leur relation, distante, ne produit rien de rien. De temps en temps on nous parle du cosmos ou on nous en montre des images, sans aucune justification ».
Voilà un film qui se voudrait à la fois éminemment dramatique et puissamment conceptuel mais n'est rien qu'une lénifiante coquille vide donnant envie de revoir L'homme de chevet, qui présentait au moins l'intérêt d'installer une relation, certes critiquable, entre une paralytique et son aide-soignant. Tout ici n'est que bas mépris, faux malaise et silences trop lourds de sens, jusqu'à ce que la réalisatrice tente en vain de nous embarquer dans une réflexion métaphysique partant du big bang pour n'arriver nulle part. On se contente de vivre pour la énième fois la description du pénible quotidien des paralytiques et du sort difficile de ceux qui tentent de les aider mais récoltent davantage de drape souillés d'urine que de reconnaissance. Le traitement proposé est impersonnel, sans pudeur ni esprit documentaire, comme n'importe quel vague téléfilm sur le sujet.
Ce qui consterne avec Mundane history, c'est que le film contient une poignée de scènes qui, placées hors contexte, auraient légitimement pu devenir bouleversantes. Ainsi, Suwichakornpong nous embraque pour une virée dans le cosmos à base d'images visuellement fortes mais dont le sens nous échappe complètement ici ; de même, elle clôt son film par une - vraie - césarienne filmée en plan serré, et dont on ne rate absolument rien, de l'incision au nettoyage du nouveau-né. Une fois encore, cette séquence à l'indéniable portée émotionnelle n'apporte absolument rien au film et vient le terminer comme un énième cheveu sur une soupe à laquelle il est difficile de s'attacher une seule seconde.




Mundane history d'Anocha Suwichakornpong. 1h22. Sortie : non fixée. Paris Cinéma 2010 : 3ème film en compétition.

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