11 juil. 2010

Paris Cinéma 2010 - LE BRAQUEUR - LA DERNIÈRE COURSE

Dans la cour de la prison, Johannes Rettenberger court en rond. Il s'entraîne sans relâche en vue de sa sortie, espérant ainsi briller lors des marathons auxquels il compte participer dès sa sortie. Pour autant, cet entraînement acharné reflète-t-il une volonté de se racheter une conduite ? Non : dès sa sortie ou presque, cet ex-braqueur remet le couvert, bien décidé à mener de front deux activités apparemment opposées. Rettenberger n'est satisfait par rien, ni par ses performances étonnantes, ni par la réussite de ses braquages en solitaire, menés avec froideur et efficacité. Cet homme-là vit comme il court, sans autre objectif que d'accomplir correctement la tâche qu'il s'est fixée en attendant la suivante. L'argent s'entasse, les coupes aussi, et pourtant notre héros ne semble pas près de trouver sa place dans la société, ou un minimum de repos.
Inspiré d'une histoire vraie, le deuxième long de Benjamin Heisenberg vaut bien mieux que Schläfer, son premier film, passé par Cannes en 2005 et parfaitement résumé par son titre - en allemand, "schlafen" signifie "dormir". Le cinéaste allemand propose un traitement aussi glaçant que son héros de cette destinée simple et étonnante à la fois. Il y est parfaitement aidé par l'acteur Andreas Lust, déjà vu dans Revanche et tout bonnement ébouriffant dans un rôle qui exigeait tempérance et robustesse. Le personnage inquiète, fascine et finit par toucher, tant sa solitude s'accompagne du désarroi typique de ceux qui ne savent quoi faire de leur vie. Même en amour, Johannes fait les mauvais choix, incapable de donner une direction correcte à sa vie personnelle.
La mise en scène sait se mettre au diapason du sujet, et fait preuve d'une efficacité jamais putassière lorsqu'il s'agit de mettre en lumière les exploits sportifs ou illégaux du héros. Elle ne parvient cependant pas à faire oublier la légère linéarité d'un sujet finalement moins fort que prévu, qui se repose un peu sur le côté "histoire vraie" et perd en consistance ce qu'il gagne en réalisme. En résulte une oeuvre intéressante mais légèrement bâtarde, quelque part entre heist film et drame social, qui ne nous émeut pas plus que de raison. Heisenberg a fait des progrès mais a encore du travail pour se hisser à la hauteur de certains de ses congénères allemands.




Le braqueur (Der Räuber) de Benjamin Heisenberg. 1h36. Sortie : non fixée. Paris Cinéma 2010 : 6ème film en compétition.

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"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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