11 juil. 2010

Paris Cinéma 2010 - LA RIVIÈRE TUMEN

On passe forcément pour un sans coeur lorsqu'on reste indifférent au sort de pauvres gens. Il faut pourtant garder l'esprit clair : Zhang Lu est un réalisateur ennuyeux et sa Rivière Tumen n'échappe pas à la règle, larmoyant condensé de clichés qui tente de se donner une dimension politique qu'il n'a pas. Le principe en est simple : la fameuse rivière Tumen est une frontière naturelle entre la Chine et la Corée du Nord, et donc un lieu de passage pour clandestins, exilés, marchandises absentes d'un côté ou de l'autre. Le cinéaste dépeint ainsi le quotidien d'une poignée de personnages habitant ou passant non loin de là, et réunis par une seule et même constante : ils sont pauvres, seuls et malheureux. Aucune nuance chez ce monsieur, pour qui l'herbe est toujours moins verte ailleurs.
Pendant une heure et demie, on suivra donc les allées et venues de pauvres hères pensant trouver mieux de l'autre côté de cette rivière glacée mais réalisant bien vite que la misère est partout. D'autant que les Chinois sont bien peu accueillants avec des Coréens qu'ils accusent de venir leur retirer le pain rassis de la bouche. Le film est totalement amorphe, ce qui s'explique peut-être par cette information intéressante : autour de la rivière Tumen, comme les adultes sont partis travailler plus loin, il n'y a quasiment que des vieillards désespérés et des enfants parfaitement désoeuvrés, dont le seule maigre objectif est d'organiser un match de foot. On ne comprend pas bien cela leur prend autant de temps, mais c'est un fait : ce match tant rêvé ne surviendra qu'en fin de film.
Il n'y a pas grand chose de plus agaçant que ces films faussement dignes qui usent et abusent de leur prétendue force documentaire pour faire dans le mélo le plus total en plongeant quelques protagonistes dans la crasse et en leur maintenant la tête sous l'eau de façon purement gratuite. La rivière Tumen est un vaste catalogues de stéréotypes de ce genre, Zhang Lu poussant même jusqu'à utiliser ce bon vieux personnage de la jeune-fille-muette-depuis-un-traumatisme et à le tordre comme une éponge à des fins uniquement lacrymales. Mieux vaut passer pour un sans coeur que se faire avoir par une machinerie aussi pachydermique.




La rivière Tumen (Dooman river) de Zhang Lu. 1h29. Sortie : 25/08/2010. Paris Cinéma 205è: 5ème film en compétition.

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"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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