6 juil. 2010

Paris Cinéma 2010 - ALAMAR

C'est l'histoire d'une scientifique et d'un pêcheur mexicain qui s'aiment follement pendant quelques années, avant qu'elle ne décide d'aller vivre à Rome avec leur jeune fils Natan. Un peu documentaire - mais pas tout à fait -, Alamar décrit les retrouvailles de Jorge et de ce gamin de 5 ans qui le connaît si mal mais ne tardera pas à le découvrir, lui et son mode de vie peu ordinaire. Le film de Pedro Gonzalez-Rubio se déroule au large de la barrière de corail de Chincorro, dont on comprend que l'UNESCO veuille en faire un site protégé : le lieu et ses couleurs ont de quoi couper le souffle au plus citadin d'entre nous.
Il faut dire que le traitement proposé par le réalisateur mexicain est loin du didactisme pesant des Nicolas Hulot de pacotille (pléonasme ?). D'un absolu naturalisme, Alamar filme avec simplicité et naturel la façon dont les deux êtres vont s'apprivoiser et partager un temps cette fabuleuse expérience. Dans cette vie-là, le dénuement pousse les gens à se rapprocher et à s'aimer sincèrement, sans jamais feindre le moindre sentiment - il n'y a de toute façon pas moyen de se cacher. Voilà un film d'une simplicité absolue et d'une beauté enivrante, qui met en lumière les bienfaits d'un tel retour à la nature sans pour autant prôner un quelconque message lourdement écologique. Si thèse il y a dans Alamar, alors celle-ci est bien cachée. C'est un film-parenthèse, une bouffée d'oxygène offerte au jeune Natan et au spectateur, qui semble découvrir la vie en même temps que lui et regrette de ne pas pouvoir profiter des goûts, des odeurs, des textures.
Au centre du film, deux "acteurs" tout bonnement prodigieux : Natan et son père Jorge. Des guillemets parce que, dans la vraie vie, Jorge et Natan sont réellement père et fils et que leur histoire est réelle. C'est là qu'est le supplément de magie d'Alamar : il parvient à brouiller totalement les genres et à réussir un brillant flou artistique entre fiction et réalité. On pourrait longtemps croire à une fiction pure, jusqu'à ce que Natan se mette à dessiner la caméra, l'un des objets qu'il retiendra de son voyage. Sous ses allures de somptueux et modeste dépliant touristique, le film de Pedro Gonzalez-Rubio contient une splendide réflexion sur le cinéma, les traces qu'il laisse et les choses qu'il change. On en sort ému, conquis, transi par cet univers et par ces deux hommes dont on a brièvement partagé la fragile intimité.




Alamar de Pedro Gonzalez-Rubio. 1h15. Sortie : 01/12/2010. Paris Cinéma 2010 : 2ème film en compétition.

1 commentaire sur “Paris Cinéma 2010 - ALAMAR”

Pascale a dit…

Tu parles comme moi à présent ?
C'est un film envoûtant oui !

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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