24 juil. 2010

LLUVIA

La pluie, élément cinégénique par excellence, est à l'honneur dans le bien nommé Lluvia, joli premier film argentin dont le démarrage fait fortement penser au Vendredi soir de Claire Denis. Un embouteillage monstre, la nuit (et la pluie) qui tombe, une rencontre fortuite entre deux inconnus... Mais Maria Hernández ne choisira pas la même unité de temps, laissant à ses personnages plusieurs jours pour s'apprivoiser. Et éventuellement s'aimer.
Il y a quelque chose de légèrement prévisible dans la façon dont ces deux solitudes vont soudain s'imbriquer pour donner à l'écran un touchant couple d'oiseaux blessés ; pourtant, la petite musique de Lluvia touche immanquablement. Une réussite en mode mineur, due principalement au talent pur de ses deux interprètes, dont les regards sont en permanence embués de tristesse. Le film exprime avec tact la mélancolie désespérée qui étreint ceux qui réalisent trop tard qu'ils ont sans doute raté leur vie. Aussi plombés l'un que l'autre, les deux personnages principaux réussissent pourtant à ne jamais devenir plombants. La mise en scène feutrée s'y emploie, utilisant à merveille ces interminables averses comme les éléments singuliers d'un décor renouvelé en permanence.
On peine pourtant à s'attacher plus que de raison à ces compagnons d'infortune, probablement parce que le film insiste un peu trop sur le fait qu'ils ne font que passer. Il devient rapidement clair que cette brève rencontre ne donnera rien de durable, et les personnages restent au final des étrangers auxquels on peine légèrement à s'attacher. Et pour cause : leur background personnel, qu'il soit amoureux ou familial, manque sacrément d'épaisseur. Le moment est beau mais il l'aurait été encore davantage si ces gens ordinaires l'avaient été un peu moins.



Lluvia de Paula Hernández. 1h50. Sortie : 21/07/2010.

2 commentaires sur “LLUVIA”

Pascale a dit…

Quand tu dis qu'ils sont plombés, tu veux dire qu'ils ont une MST ? Z'ont bien fait de rien faire sans préservatif alors !

Et puis fais gaffe bordel, c'est l'été je sais mais y'a des cahiers de vacances ça peut aider :

"On peine pourtant à s'attacher"...
pis deux ligne plus loin :
"on peine légèrement à s'attacher".

Alors, pourtant, légèrement ???
T'attaches pas, ça fait souffrir.

Pascale a dit…

Cahier de vacances.
Premier excercice.


J'ai oublié un S, sauras-tu retrouver où ?

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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