25 juil. 2010

LES PETITS RUISSEAUX

On devrait permettre plus souvent aux auteurs de bande dessinée de mettre eux-mêmes en scène l'adaptation de leur oeuvre. Il y avait le recommandable Nouveau Jean-Claude de Didier Tronchet, le réussi Persépolis de Marjane Satrapi (et Vincent Parronaud)... S'ajoute désormais à la liste le premier film de Pascal Rabaté, Les petits ruisseaux, qui fait preuve de qualites cinématographiques certaines et fonctionne plutôt bien dans une veine comico-touchante. Si bien des romanciers se sont cassés les dents en tentant de porter leurs écrits sur grand écran, il semblerait que les bédéistes soient bien plus doués, sans doute parce que cet art complexe requiert une maîtrise conjointe de l'image et du texte.
De fait, Les petits ruisseaux surprend agréablement par le sens du plan dont fait preuve son réalisateur. Rabaté est rarement en panne d'idées stimulantes, et propose des cadrages parfois singuliers mais jamais gratuits qui stimulent l'oeil et donnent du sel à l'action. Belle manière de rendre réceptif un spectateur pas forcément surexcité à l'idée de découvrir de quoi est faite la vie sexuelle des seniors. Le film creuse pourtant son sillon, rendant ces petits vieux aussi touchants qu'amusants. L'antipathique Daniel Prévost trouve un joli rôle à contre-emploi, ce vieux pêcheur en mal d'amour étant quasiment dénué de tout mauvais esprit. Les petits ruisseaux fait du bien parce qu'il creuse avant tout, sans angélisme néanmoins, le côté positif des situations.
Allez savoir comment Rabaté parvient à nous faire gober des séquences comme celle où le héros atterrit chez de gentils baba cools et s'attire les faveurs d'une gentille demoiselle à dreadlocks. Le film prend parfois des allures de rêverie mais n'oublie pas le réalisme pour autant, ne prenant aucun détour lorsqu'il décrit les difficiles rapports de séduction entre les personnes âgées. Comment se recaser après une vie à aimer la même personne et des années de solitude ? Comment réapprendre à être deux ? On regrettera que Rabaté élude la question sexuelle, qu'il traite avec tendresse et ellipses là où un peu plus de frontalité n'aurait sans doute pas fait de mal. Le petit côté Jean Becker, avec les potes au bistrot du coin, n'est pas non plus l'aspect le plus réussi de ce film pour le moins sympathique et loin d'être désagréable à regarder.




Les petits ruisseaux de Pascal Rabaté. 1h34. Sortie : 23/06/2010.

1 commentaire sur “LES PETITS RUISSEAUX”

Pascale a dit…

Alors là je m'insurge, Daniel Prévost est TOUT sauf antipathique. C'est une crème d'homme que cet homme là !

C'est un peu comme si on disait que Rob Gordon a toujours raison. C'est bête.

Mais dis donc, mon cochon, t'aurais voulu voir les septuagénaires faire crac crac... Quand je pense que c'est moi qu'on traite de gérontophilistique !

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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