28 juil. 2010

L'ÂGE DE RAISON

Après s'être fait les griffes sur l'archi-niais Jeux d'enfants, toujours candidat pour la palme de la fin la plus stupide du monde, Yann Samuell était parti tenter sa chance aux States avec un remake de My sassy girl synonyme de retour immédiat en France pour cause de nullité cosmique et de bide intersidéral. Franchement, messieurs les Ricains, vous n'auriez pas pu lui offrir une green card à vie et un boulot décent ? Car Samuell semble tout à fait déterminé à poursuivre ses méfaits en France, comme en témoigne cet Âge de raison aussi plat et sirupeux que son affiche le laisse supposer. Un film qui installe définitivement le réalisateur comme un Marc Lévy du septième art.
Les deux hommes posent sur le monde un même regard stupidement émerveillé, et partagent les mêmes interrogations... à tel point que les sujets de leurs dernières oeuvres en date sont pour le moins similaires. Sur le thème "Que sont devenus nos rêves d'enfants ? Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j'erre ?", l'écrivaillon orchestre une rencontre métaphysique (hum) entre un homme et l'enfant qu'il était, tandis que le filmeur voit une working girl recevoir les lettres couvertes de gommettes qu'elle s'était écrites à l'âge de 7 ans. Sans avoir lu le bouquin, on peut imaginer deux résultats relativement semblables à base de concentré de guimauve bien consensuelle. Ne parlons même pas de l'inanité totale de l'évolution psychologique de l'héroïne, carnassière capitaliste qui ne tardera pas à fondre et à regretter sa vie passée à amasser des profits : le principal défaut de L'âge de raison n'est sans doute pas sa faiblesse d'écriture, mais sa propension à croire qu'un emballage pop sucré suffit à faire gober n'importe quoi au spectateur, et à utiliser le monde de l'enfance comme une justification pour raconter n'importe quoi.
Samuell retrouve en fait le même dispositif que dans Jeux d'enfants : sur un ton à la Francis Lalanne, il multiplie les historiettes et les effets visuels pour se rendre attachant et nous faire comprendre que nous, les vilains adultes, serions vachement plus heureux si nous avions suivi nos projets d'enfance. C'est vrai, quoi : un monde plein de pilotes de course et de princesses, ça serait tellement passionnant. Non seulement le film nous fait la leçon avec une absence totale de finesse, mais on sent poindre à plus d'une reprise le mépris d'un réalisateur qui dit aux comptables et aux femmes de ménage que tous mènent une vie de con alors que lui, l'Artiste, a su rester droit dans ses bottes. Il y a véritablement des claques qui se perdent. Sophie Marceau, elle, est plutôt à l'aise dans ce rôle si consternant d'une femme d'affaires qui finira par aller creuser des puits en Afrique, rongée par une culpabilité qui sclérose de plus en plus notre pauvre cinéma.




L'âge de raison de Yann Samuell. 1h37. Sortie : 28/07/2010.

12 commentaires sur “L'ÂGE DE RAISON”

Julien a dit…

Tout simplement merci d'avoir posé des mots sur un ressenti que j'avais du mal à exprimer. J'ai pu voir ce film il y a un mois en ayant gagné des places pour une avant-première et j'en suis sorti atterré et un peu perplexe devant la prétention du film à nous faire croire qu'il réinvente la comédie romantique tout en nous donnant une leçon de vie, dans un "emballage pop sucré" comme tu le dis bien. Bref, seule Sophie Marceau et son anglais de mari s'en sortent tant bien que mal je trouve.

FredMJG a dit…

Gné ?
Son rêve d'enfant c'était de creuser des puits en Afrique ? moi je m'imaginais en astronaute débarquant sur Mars vile perfide colonisatrice que je suis...

Pascale a dit…

Moi je rêvais (et je rêve encore, la toupie tourne et je reste une gosse !) d'être serial killeuse !

Un jour my dream will come true.

T'es chié quand même, tu dis que Samuell mérite des baffes perdues parce qu'il dit que les femmes de ménage ont une vie de con (l'a ptête pas complètement tort non plus) mais tu pardonnes à Youn Michaël de traiter en plein dans son film tous ses spectateurs du même nom.

T'as vu au fait, t'as plein de commentaires et tu réponds jamais ?

Jiem a dit…

J'aurais pas dit mieux (en étant moins méchant quand même mais bon... c'est un peu ta spécialité ^^).
Cela dit, s'il y a un acteur à sauver (avec Marceau qui sauve, elle, les meubles) c'est Marton Csokas qu'on pourra voir très bientôt dans l'excellent "Arbre" de Julie Bertuccelli.

Anonyme a dit…

Du grand Thomas Messias ! Une critique très plaisante à lire. Vivement qu'on se débarrasse de Sophie Marceau !

Un film de plus qui relève de l'inutile.

Décidemment, la carrière de Sophie Marceau est désespérante de nullité !

Dom a dit…

T'as bien du courage Mr. Gordon car la bande-annonce est suffisamment longue et insupportable alors le métrage entier, ça doit demander un mental solide...!

@Pascale, eh bien il n'est jamais trop tard pour commencer mais euh épargne tes camarades cinéphiles s'il te plait !

Moi étant gosse je n'avais jamais de rêves pour le futur ; mes rêves étaient à base de Star Wars et autres ewoks !

Pascale a dit…

Dom : tu rigoles, je commencerai par eux. Et par cet insupportable Gordon qui snobe toujours ses lecteurs et commentateurs !
Excusez-moi j'ai pas le temps de parler chiffons avec vous j'ai ma Sophie qui m'attend.

Rob Gordon a dit…

Je n'ai toujours pas Internet, j'écris mes critiques sur mon iPhone, ça me prend des plombes. Dès que ça marche je réponds à mes chers commentateurs.

Pascale a dit…

C'est vrai ????????????????????????
Ce sont les menaces qui te font peur ?

Je demande à voir pour le croire.

brussias a dit…

C'est qui Thomas MESSIAS?

Le roi du calembour a dit…

Sûrement le cousin espagnol de Lionel Messi.

------------------>> je sors!

PS: bravo pour ce super blog!

 
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