24 juil. 2010

CONTES DE L'ÂGE D'OR (2ÈME PARTIE)

En décembre dernier sortait la première fournée des Contes de l’âge d’or, série de courts-métrages dans lesquels des cinéastes roumains s’amusaient à dépeindre le quotidien de leur pays au temps de Ceaucescu. Sous la houlette de Cristian Mungiu, palmé pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, ce deuxième volet consiste en un triptyque se révélant moins inégal que la première partie mais moins riche en morceaux de choix. L’homogénéité de l’ensemble est à la fois une force et une qualité : on retiendra tout autant les trois segments proposés, aucun ne se révélant véritablement marquant.
Une fois encore, et c’est bien logique, ces Contes de l’âge d’or (2ème partie) tournent majoritairement autour des problèmes financiers et alimentaires de leurs héros, pauvres roumains contraints de repousser les limites du système D pour tenter de s’en sortir ou en tout cas de sortir la tête de l’eau. Dans le premier film, La légende de la fille au dindon, une jeune campagnarde – qui apprend à son dindon chéri à distinguer les carrés des cercles – se rend à Bucarest au chevet de sa mère malade et apprend par la même occasion les passe-droits et les pots de vin, dans une quête pathétique orchestrée par Mungiu lui-même. L’absurdité est de mise et le constat édifiant : seul l’argent permet d’avancer dans cette société pourrie par la corruption.
Il est toujours question de volatiles dans La légende du livreur de poules, dans lequel un chauffeur routier usé se retrouve bloqué dans un restaurant de campagne et organise une vente clandestine d’œufs provenant des poules qu’il devait convoyer à bon port. Là aussi, commerces d’arrière-cour et petites manigances semblent être les seules issues pour qui souhaite vivre un minimum au-dessus de ses moyens. Sur un ton relativement enjoué, le film impose sa petite mécanique sur un rythme implacable et plutôt entraînant.
Le film se conclut sur ce qui semble être le segment le plus long du lot, La légende du vendeur d’air. Derrière ce drôle de titre se dissimule l’histoire de deux jeunes gens se faisant passer pour des chercheurs venant prélever de l’air dans les appartements d’honnêtes citoyens roumains afin de procéder à quelques études sur la pollution urbaine. Pur stratagème destiné à se faire offrir quelques bouteilles vides consignées qui leur permettront d’aligner les lei, lentement mais sûrement. Franchement bien vu, ce dernier tiers exploite malicieusement son postulat ainsi que la potentielle histoire d’amour pouvant éventuellement lier ses deux héros.
D’une façon générale, Contes de l’âge d’or (2ème partie) a l’excellente idée d’éviter toute hystérie kusturicienne pour rester droit dans ses bottes et montrer que cet âge loin d’être doré a certes transcendé l’inventivité des citoyens roumains, mais qu’il les a principalement menés à leur perte. On a bien compris le message, mais si Mungiu et les siens ont envie de venir nous le rappeler tous les 6 mois avec de délicieux films de ce genre, grand bien leur fasse.


Contes de l'âge d'or (2ème partie) (Amintiri Din Epoca De Aur) de Cristian Mungiu, Ioana Uricaru, Hanno Höffer, Rãzvan Mãrculescu, Constantin Popescu. 1h28. Sortie : 14/07/2010.

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