25 juin 2010

TOY STORY 3

Cela faisait pas loin de dix ans que les nombreux fans attendaient avec impatience le grand retour de Woody le cow-boy, Buzz l’Éclair et leurs sympathiques congénères. Sous la plume de Michael Arndt, auteur de Little miss sunshine, voici enfin Toy story 3, qui effectue le même saut temporel que ses spectateurs en bondissant d’une dizaine d’années dans le futur. Le jeune Andy a tellement grandi qu’il s’apprête à entrer à l’université, délaissant ses fameux joujoux pour d’autres activités beaucoup plus sérieuses. Les héros du film, eux, n’ont pas changé d’un iota : forcément, ce sont des jouets. Et c’est d’abord là que le bât blesse. Il peut être délicieux de retrouver des personnages qu’on a beaucoup aimés, à condition que ceux-ci aient un tant soit peu évolué, prenant de la bouteille ou étant assaillis par les doutes. Là, rien : ils sont exactement les mêmes, en un peu plus tristounes, ce qui fait ressembler Toy story 3 à une sorte de version longue et geignarde des deux épisodes précédents.
Ne crachons pas dans la soupe : ces figurines sont toujours aussi rigolotes, et le télescopage de leurs personnalités crée quelques étincelles toujours intéressantes. Mais c’est à peu près tout : le script déploie une intrigue plutôt prévisible qui voit la bande à Woody rejetée par Andy – mais involontairement, sinon c’est trop mauvais esprit – et contrainte d’aller servir de chair à canon aux mains de marmots aussi petits qu’impitoyables. S’ensuit une guerre des jouets qui ne fera pas rougir le Barry Levinson de Toys, au moins aussi inventif sur cette affaire-là. Car s’il faut saluer l’idée de faire d’un nounours à la fraise un vilain mafieux flanqué d’une armée de bras droits presque aussi méchants que lui, l’affaire ne va finalement pas plus loin qu’un vague conflit dont le principal point d’ancrage est la réinitialisation de Buzz, transformé par les bad guys en une sorte de maton aussi efficace que sans cœur. Une idée pas neuve, certes transcendée par quelques anomalies de fonctionnement mises au service d’une machinerie comique plutôt bien huilée.
Comme une partie de la production Pixar, Toy story 3 a donc tout pour être un divertissement assez solide mais n’a pas vocation à devenir un chef d’œuvre du cinéma d’animation. D’autant que les trois derniers quarts d’heure se résument à une succession de morceaux de bravoure évidemment impeccables – le film est plastiquement irréprochable, sauf comme toujours dans sa représentation des humains – mais qui s’accumulent sans réelle passion. Il pourrait y en avoir dix minutes de plus ou de moins que personne ne s’en rendrait compte, la mécanique scénaristique de l’ensemble manquant clairement d’ampleur. On ne fait pas un long-métrage aussi attendu avec un scénario de moyen… Résultat, l’ennui est là, auquel succède bientôt le pathos. Car ces jouets, qui souffrent d’être dépossédés de leur propriétaire de toujours, termineront leur quête d’identité sur un mode sentimentaliste assez malvenu. Un brin de nostalgie et de mélancolie aurait suffi, à l’image de ce qu’offrait la très bonne scène d’ouverture. Toy story 3 ne manquera pas de cartonner, de faire vendre des jouets, de nettoyer les canaux lacrymaux de certains grands gamins, mais ça ne l’empêche pas d’être une sacrée déception par son manque d’ampleur et de maturité.




Toy story 3 de Lee Unkrich. 1h40. Sortie : 14/07/2010.
Autre critique sur le blog de Nicolinux.

5 commentaires sur “TOY STORY 3”

Benjamin F a dit…

Ah j'ai eu peur, pendant un instant j'ai cru qu'il y allait encore avoir un consensus mondial sur un Pixar... ouf.

Nicolinux a dit…

Tu as raison Benjamin, heureusement qu'il n'y a pas que des avis positifs...

Bon cela dit je ne suis pas d'accord avec Rob, sans que je puisse dire pourquoi au juste. Je suis d'accord finalement, l'histoire est très simple, ça finit avec un happy-end plein de bons sentiments que j'aurais du détester... mais voilà j'ai fonctionné au point d'être ému par cette fin. Pixar réussit tous les ans pour moi, et crois bien que j'en suis le premier désolé. ;-)

Merci pour le lien en tout cas. Je cherchais un avis négatif, alors j'ai trouvé...

SlimGus a dit…

Je suis d'accord avec toi sur la plupart des critiques que tu fait au film: des persos qui n'ont pas évolués d'un poils, une modélisation irréprochable (sauf les humains en plastiques).

Pour le reste je te trouve très dur avec le film, prenons le pour ce qu'il est: un divertissement pour petit et grand enfant; et non un chef d'oeuvre en devenir ! Du simple divertissement qui, de ce fait, s'en sort très bien je trouve.

Là où tu semble être passé totalement à coté du film c'est dans les relations entre les personnages, la force de Pixar (à mon avis). Cette cohésion de groupe, cette complémentarité entre les personnages qui, bien sur était présente depuis le tout premier épisode mais qui, ici, me semble très bien rendu.

Finalement, en lisant ta critique on ressent très vite que tu n'as que très peu rie pendant le film, encore un des atouts majeurs de Pixar ! Ne pas le ressentir ou le mentionner est une preuve que, vraiment tu n'as pas aimé le film. Comment passer à coté de ces multiples scènes comiques (ex: les aventures de Ken et Barbie) !

Pour ma part je lui ai donné un 14/20 pour son manque d'innovation réel; 10 ans d'attente pour voir une suite calquée sur les derniers épisodes... dommage, les fans en attendez plus !

Sweety a dit…

Je suis d'accord avec une très grande partie de cette critique.

Le film est très divertissant, avec un humour très inventif et à plusieurs niveaux, mais c'est tout.

"Un brin de nostalgie et de mélancolie aurait suffi, à l’image de ce qu’offrait la très bonne scène d’ouverture."

C'est exactement ce que je pensais, il y a tout un mélodrame tout au long du film, à la limite de la niaiserie.
J'avais les boules sur la séquence d'ouverture, mais la scène finale m'a juste fait sourire. Le pathos, c'est pas toujours du tout bon.

Lié à ça des petites longueurs sur le côté « nous sommes les jouets d'Andy, ne nous séparons pas », font pour moi que ce Toy Story 3 est juste une très bonne comédie.

Niveau animation, c'est du tout bon. Les humains sont pas très réalistes effectivement mais le gros bémol reste la 3D encore inutile (pour changer), à part faire du relief et ternir l'image.

En tout cas, c'est une suite et conclusion réussie pour Pixar, pas comme une certaine autre firme et son ogre vert, qui a tout de même pondu une belle surprise cette année, répondant aux initiales HTTYD, qui sera, à coup sûr, le grand concurrent de ce énième Pixar en février 2011.

Sinon SlimGus, j'ai pourtant compris à deux reprises que l'humour était bon dans sa critique :
"ces figurines sont toujours aussi rigolotes, et le télescopage de leurs personnalités crée quelques étincelles toujours intéressantes."
"mises au service d’une machinerie comique plutôt bien huilée."


Toy Story 3 va faire un carton en France, c'est certain, mais de là à crier au chef d'œuvre... non, je ne pense pas.

PaKa a dit…

Hey m'sieur Gordon, après vous être fait détrôné par un blog sur Twilight, méfiez-vous maintenant d'Angle[s] de Vue et de son nouveau chroniqueur agé de 4 ans seulement :

http://www.anglesdevue.com/2010/07/20/toy-story-3-de-lee-unkrich/

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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