21 juin 2010

Paris Porn Film Fest - Compte-rendu #4 - Buck Angel & Nostalgia

Célébrer la fête des pères en famille avant d'aller finir son week-end dans les fauteuils moyennement confortables du Paris Porn Film Fest : voilà un dimanche peu commun et un grand écart abvsolu, voire un peu improbable. Et quelle belle façon de terminer ces quatre jours de festival...

En première partie de soirée, nous étions une demi-douzaine de spectateurs - auxquels il convient d'ajouter quelques types n'effectuant que de bien louches passages-éclairs, dont un monsieur un peu inquiétant avec un gant en latex - pour découvrir le délicieusement titré Ultimate fucking club, dernière réalisation de Buck Angel. Qui donc est Buck Angel ? Commençons par une photographie :


Buck Angel

Impressionnant, ce physique de catcheur, hein ? Sauf que Buck Angel est né femme en 1972, qu'il a entrepris il y a des années des démarches pour devenir un homme, et qu'il a aujourd'hui l'apparence d'un mâle... mais l'entrejambe d'une femme. En bonus d'Ultimate fucking club, il explique d'ailleurs pourquoi il n'est pas allé au bout de sa démarche : figurez-vous que l'opération consistant à pourvoir une ancienne femme d'un pénis fonctionnel et naturel est encore loin d'être fiable, et que ce cher Buck n'a pas souhaité prendre le risque de pisser des lames de rasoir toute sa vie et d'être à moitié impuissant. Donc, comme la photographie ci-dessus ne le montre pas, Buck Angel est un homme avec un vagin. Et se fait donc copieusement honorer par des hommes visiblement ravis de se taper ce qui ressemble à une anomalie de la nature.

Il faut voir et entendre Buck Angel pousser de longs râles bien rauques, pris sous les coups de boutoir de quelques malabars plutôt bien pourvus. Le premier de la liste, et le mieux membré d'ailleurs, s'appelle Rob. C'est un signe. Difficile de dire qui pourra être réellement excité par cette porno star tout droit venue de la quatrième dimension, mais l'humour dont fait preuve le monsieur et l'étrangeté de l'ensemble font passer ces quasi deux heures de projection comme une lettre à la poste.

Pour clore le festival, rien de tel qu'un petit film lesbien avec Nostalgia, de l'américaine Courtney Trouble, qui revisite de façon assez drôle quelques clichés du porno hétérosexuel. À noter notamment une relecture franchement amusante du Deep throat qui rendit Linda Lovelace célèbre, avec Madison Young dans le rôle de l'ingénue découvrant que sa gorge est non seulement profonde mais aussi extrêmement érogène. En dépit d'un faux côté vintage un peu raté et de quelques scènes étonnemment molles, Nostalgia rend un bel hommage aux classiques des années 70 et met en avant un certain nombre de femmes plus belles que vulgaires, dont plusieurs actrices dont les rondeurs rappellent celles des actrices du Tournée de Mathieu Amalric.


Nostalgia

Jolie façon de clôturer ce festival original et militant, qui aurait besoin de davantage d'exposition et de soutien de la part des organismes d'état (CNC, Cinémathèque...) pour s'inscrire dans un cadre plus professionnel et faire ainsi comprendre à un nombre croissant de cinéphiles que le porno a véritablement de quoi être partie intégrante du septième art. La faible affluence au Brady montre que le chemin à parcourir pour faire accepter cette idée est encore terriblement long. Vivement l'année prochaine pour de nouvelles festivités et un bilan qu'on espère encore plus positif.


À suivre : mon compte Twitter.

Laissez le premier commentaire sur “Paris Porn Film Fest - Compte-rendu #4 - Buck Angel & Nostalgia”

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz