11 juin 2010

INFECTÉS

Comment réussir un film de genre avec absolument zéro moyen côté effets visuels ? C'est le joli défi que se sont lancés les frères Pastor avec cet Infectés d'une malice absolue, qui reprend à son compte quelques codes - un virus aussi contagieux que mortel, une planète dévastée et désertée... - pour en offrir une vision psychologique, où le point de vue et la suggestion sont plus forts que tout. Résultat : une heure et demie d'un suspense assez bien troussé autour d'une simple interrogation consistant à savoir qui est infecté, qui ne l'est pas et comment se sortir vivant de ce pétrin. Infectés ressemble à un huis clos en plein air, le nombre de personnages étant extrêmement réduit.
Le film suit en effet quatre jeunes adultes aux personnalités assez différentes, mais réunis par une même envie de survivre et d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Leur traversée des États-Unis finit par tourner court lorsque les jeunes gens croisent un père et sa jeune fille, qui leur demandent de l'aide mais leur inspirent une méfiance à la limite de la paranoïa. C'est là l'un des aspects les plus réussis du film des frères Pastor : montrer comment une peccadille peut soudain faire naître une peur panique et entraîner une série de réactions en chaînes qui auraient été parfaitement évitables avec davantage de sang-froid ou de recul. L'air de rien, c'est tout l'histoire américaine récente qui se retrouve mise en boîte à partir de ce principe.
Pour un peu, ce jeu d'échecs assez crispant ferait presque oublier qu'il est un film de genre : malgré l'omniprésence du virus, l'ambiance est plus proche de celle d'un film noir plein de spleen. Une mélancolie inspirée par ces décors foisonnants mais sans vie qui rappellent le récent Zombieland. Sauf qu'ici, la Terre n'est plus un excellent terrain de jeu, mais plutôt une gigantesque coquille vide pour le moins désespérante. S'il patine un peu beaucoup dans les dernières bobines à force de ne plus trop savoir comment régler les situations posées, Infectés signe néanmoins le triomphe de la débrouille et de la malice, montrant que le manque de moyens force la créativité des jeunes auteurs.




Infectés d'Alex & David Pastor. 1h24. Sortie : 26/05/2010.

4 commentaires sur “INFECTÉS”

kima a dit…

ça à l'air d'un bon film, meme si je suis branché films horreur :)

Pascale a dit…

Moi je trouve que c'est dans les dernières bobines qu'il trouve sa singularité !

Dom a dit…

Je suis aussi d'avis que les qualités du film vont decrescendo. Par contre, Chris Pine m'a un peu empêché de me plonger au coeur du métrage, je trouve que cet acteur ne fait passer absolument aucune émotion. Et puis le final, vu et revu tant de fois dans ce genre de films, m'a laissé un arrière goût de déception.

Armand a dit…

Je vous trouve bien gentils avec ce film qui a le seul mérite de montrer que des "ptit jeunes" sont capables de se jeter eux même dans un genre sur saturé où presque tout a déjà été abordé avec brio.
Fauché, oui sans doute, mais pas autant qu'un REC (qu'on aime ou pas), pourtant plus intelligemment fait.
Infectés aurait été intéressant s'il avait creusé la psychologie, si ses acteurs étaient plus prenants ou si le visuel marquait la rétine. Malgré de belles images -sans doute la seule chose vraiment digne d'intêret du film- les Pastor peinent à nous infecter avec leur métrage.

Un film de zombies de plus.

Une cure de "28 Jours plus tard" s'impose pour ce film qui aurait fait un excellent DTV mais qui joue sur la carte Chris Pine pour essayer d'amener des spectateurs en salle. On leur souhaite tout de même plus de succès que dans els salles américaines où le film est passé plus que complètement inaperçu.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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